Télécommunications à la Ville de Montréal: 8 millions de frais imprévus

La Ville n'a pas dépassé la somme allouée... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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La Ville n'a pas dépassé la somme allouée de 50 millions, mais elle doit maintenant retourner en appel d'offres.

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L'un des contrats accordés à la firme Telus pour lesquels le vérificateur général de Montréal avait trouvé en 2009 des «indices d'irrégularités» si graves que le dossier avait été confié à la Sureté du Québec a engendré au moins 8 millions de frais imprévus. Six ans plus tard, la Ville de Montréal justifie ces frais en affirmant qu'elle a «sous-estimé les besoins» pour aménager son système de transmissions de données.

Devant les élus de l'administration Coderre aujourd'hui, le Service des technologies de l'information a fait le point sur le contrat de 50 millions de «transmissions de données», accordé en 2007. À l'époque, Telus avait proposé une soumission de 47 millions, tandis que son compétiteur Bell avait soumissionné à 83 millions.Le contrat prévoyait notamment l'accès à l'internet dans les bâtiments de la Ville, la gestion des serveurs de télécommunication et de sécurité, les circuits de données alimentant les 326 principaux bâtiments municipaux et l'entretien et l'évolution de l'anneau de fibre optique de la Ville.

«Déjà en 2007, il fallait prévoir les besoins en téléphonie pour les 10 prochaines années, ce qui n'était pas nécessairement évident», a expliqué le directeur du Service des technologies de l'information, Sylvain Perras, dans sa présentation aux élus et dans laquelle il n'a fait aucune mention de l'enquête policière ou du rapport du vérificateur général.

«Ce qui est surréaliste aujourd'hui, c'est que tant les fonctionnaires que les élus de l'administration Coderre agissent comme si rien de ça ne s'était produit, c'est comme un éléphant dans la pièce», a déclaré Alex Norris, conseiller de Ville pour Projet Montréal. «À l'époque, on nous faisait miroiter des économies d'échelle, mais l'argent est épuisé deux ans trop tôt. Ça me semble un fiasco, mais personne ne veut l'avouer. On dirait que l'administration Coderre fait exprès de ne pas le mentionner.»

M. Perras a donné quatre causes pour expliquer que les 50 millions réservés par la Ville pour compléter le projet seraient épuisés dès l'automne 2016, plutôt qu'en 2018 comme prévu.

Dans le contrat initial, il était prévu d'utiliser 9610 prises réseau. À l'heure actuelle, la Ville en compte 17 000. M. Perras a aussi expliqué que les fonctionnaires n'avaient pas prévu l'utilisation répandue du wi-fi dans les bâtiments publics puisqu'en 2007, il s'agissait d'une technologie plutôt marginale. Les équipements qui avaient été proposés par Telus ne répondaient par ailleurs pas aux normes du SPVM. Finalement, la Ville a dû mettre en place de la fibre optique additionnelle.

Le vérificateur général Jacques Bergeron n'a pas répondu à notre demande d'entrevue, mais il a mentionné qu'une section dans son rapport qui sera déposé le 15 juin traitera à nouveau de ce contrat.

«Telus exécute selon les exigences de la Ville de Montréal et les modalités du contrat. Les dépassements budgétaires sont dus à la révision des besoins de la ville qui étaient difficile à prévoir en 2007. Ces dépassements ne sont pas dus à une hausse de prix de nos services au contrat. Par rapport à l'enquête, TELUS n'a jamais été contacté par les autorités», a pour sa part indiqué la porte-parole de l'entreprise, Luiza Staniec.

La Ville n'a pas dépassé la somme allouée de 50 millions, mais elle doit maintenant retourner en appel d'offres.

Le modèle de fournisseur unique est désormais remis en question. «Peu de fournisseurs peuvent offrir tous ces services, ce qui limite le nombre de joueurs et l'ouverture du marché. Il y a aussi une difficulté d'aller vers une livraison de services agiles alors que celui-ci n'offre pas une réelle couverture de tous les services et doit utiliser des sous-traitants», peut-on lire dans un document de la Ville présenté aux élus ce matin.

L'attachée de presse du comité exécutif, Andrée-Anne Toussaint, a pour sa part refusé de transmettre nos demandes d'entrevues au président du comité exécutif, Pierre Desrochers, ainsi qu'à Harout Chitilian, responsable du dossier technologie à la Ville. Elle nous a renvoyé au service des communications de la Ville de Montréal qui n'avait pas donné suite à nos questions en début de soirée.

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