L'accès restreint au cimetière Notre-Dame-des-Neiges suscite la grogne

Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges (photo) n'est pas le seul... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges (photo) n'est pas le seul à fermer tôt. Plusieurs cimetières, dont le Repos Saint-François d'Assise, dans l'est de Montréal, ferment leurs portes avant 17h. Mais le cimetière Notre-Dame-des-Neiges a un statut particulier puisqu'il fait partie intégrante du mont Royal, un arrondissement historique.

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Alain Tremblay est furieux. Le directeur de l'Écomusée de l'Au-Delà en veut aux dirigeants du cimetière Notre-Dame-des-Neiges qui restreignent, selon lui, l'accès à un des plus beaux sites de Montréal.

Depuis quelques années, le cimetière Notre-Dame-des-Neiges ferme ses grilles à 17h durant l'été alors que le soleil ne se couche pas avant 21h. Son voisin, le cimetière Mont-Royal, ferme trois heures plus tard. Ce qui fait dire à M. Tremblay - dont l'organisme a pour objectif de sensibiliser la population au patrimoine funéraire - que tous les Montréalais ne sont pas traités équitablement. «Les protestants ont un plus grand accès à leur cimetière que les catholiques», lance Alain Tremblay.

Un cadenas sur la porte

Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges n'est pas le seul à fermer tôt. Plusieurs cimetières, dont le Repos Saint-François d'Assise, dans l'est de Montréal, ferment leurs portes avant 17h. Mais Alain Tremblay estime que le cimetière Notre-Dame-des-Neiges a un statut particulier puisqu'il fait partie intégrante du mont Royal, un arrondissement historique. Il devrait donc être plus accessible au grand public.

Un point de vue que partage Nicole Valois, professeure agrégée à la faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal «Le cimetière Notre-Dame-des-Neige est typique des cimetières-jardins conçus au milieu du XIXe siècle, note la professeure. Ce sont des lieux voués à la promenade aménagés par des architectes-paysagers. Il y a sûrement moyen de respecter ce lieu sacré sans mettre un cadenas sur la porte.»

Nicole Valois se dit d'autant plus étonnée par ces heures d'ouverture restreintes qu'on aménage actuellement un chemin de ceinture de 10 kilomètres censé améliorer l'accessibilité à la montage pour les piétons et les cyclistes. Le trajet doit traverser le parc du Mont-Royal, le cimetière Notre-Dame-des-Neiges et l'Université de Montréal. «On n'a pas développé ce nouveau chemin pour que les gens se frappent le nez à une porte fermée», observe-t-elle.

Un lieu privé

Mais le directeur général du cimetière, Yoland Tremblay, ne l'entend pas ainsi. «Le cimetière est un lieu sacré, pas un parc, lance-t-il au téléphone. Notre but premier est de servir notre clientèle. Je vois des gens se promener à vélo, skier entre les pierres tombales l'hiver ou promener leur chien sans ramasser les besoins. C'est inacceptable.»

Le directeur rappelle que le cimetière est ouvert 63 heures par semaine, sept jours sur sept, et que le public a donc amplement le temps de venir s'y balader. Il ajoute qu'on ferme en outre l'accès au cimetière par le chemin Camillien-Houde les week-ends pour empêcher les visiteurs du parc voisin de venir se stationner, ce qui endommage la pelouse et trouble la sérénité des lieux.

Juste à côté, le cimetière Mont-Royal est pourtant exposé aux mêmes problèmes, ce qui ne l'empêche pas d'étirer ses heures d'ouverture en soirée et de laisser ses grilles ouvertes la fin de semaine. «Nous aussi nous priorisons notre clientèle, affirme Alexandre Gonçalves, gérant des opérations, mais nous tolérons les vélos et les voitures. Pour l'instant, c'est gérable. Si ça ne l'est plus, nous aviserions.»

Revoir le stationnement

L'accessibilité au cimetière Notre-Dame-des-Neiges soulève une question fondamentale, selon le directeur de l'Écomusée de l'Au-Delà: à qui appartient ce cimetière? Dans les faits, il est la propriété de la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal, un organisme à but non lucratif qui gère aussi la basilique Notre-Dame. «Or la Fabrique représente tous les paroissiens catholiques de Montréal, insiste Alain Tremblay. Ces paroissiens c'est vous et moi même si nous ne sommes pas des catholiques pratiquants, ce ne sont pas seulement les clients du cimetière. La Fabrique gère ce cimetière comme s'il s'agissait d'une entreprise privée.»

À la Ville de Montréal, on se dit prêt à analyser l'accès en transport en commun et le nombre de places de stationnement sur le mont Royal quitte à les augmenter, ce qui pourrait décourager les visiteurs de laisser leur voiture dans un des deux cimetières. Mais pour Réal Ménard, responsable des grands parcs au comité exécutif de la Ville, pas question d'aller dire au cimetière comment gérer ses heures d'ouverture. «On a plusieurs projets pour le mont Royal et on a toujours eu une collaboration extraordinaire et une grande ouverture de la part du directeur du cimetière», assure-t-il.

Cimetière Notre-Dame-des-Neiges

  • Inauguré en 1854
  • Superficie: 341 acres
  • Propriété de la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal, organisme à but non lucratif

Cimetière Mont-Royal

  • Fondé en 1852
  • Superficie: 165 acres
  • Organisme privé à but non lucratif administré par un comité de 21 directeurs

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