Uber souhaite se faire encadrer

L'industrie du taxi traditionnel juge nécessaire un encadrement... (Photo Patrice Laroche, archives Le Soleil)

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L'industrie du taxi traditionnel juge nécessaire un encadrement gouvernemental, alors que le service Uber souhaite que la réglementation fasse une place à sa nouvelle technologie.

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Bruno Bisson
La Presse

La prochaine bataille entre l'industrie du taxi traditionnel et la plateforme de «covoiturage commercial» Uber se déroulera sur le plan de la réglementation gouvernementale, s'il faut en croire des représentants de ces secteurs concurrents qui se sont livrés, hier, à un chaud débat devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Au lendemain de perquisitions effectuées jeudi par Revenu Québec dans les bureaux de cette entreprise dans le cadre d'une enquête sur de possibles infractions aux lois fiscales, le directeur général d'Uber au Québec, Jean-Nicolas Guillemette, a estimé qu'«il va falloir modifier la réglementation actuelle, afin de permettre aux gens de continuer d'avoir accès à plus de services, pour choisir le mode de transport qui leur convient le mieux».

M. Guillemette a affirmé que depuis novembre 2013, Uber a permis de créer à Montréal l'équivalent de 500 emplois à temps plein.

Cette affirmation a été balayée par le représentant de l'industrie du taxi, Abdelghani Dades, qui affirme qu'Uber «ne fait que proposer un revenu d'appoint à 25 000 personnes», sans qu'aucun emploi réel soit créé.

«En revanche, accuse-t-il, il y a une destruction d'emplois réels qui touche 25 000 familles au Québec», dont le gagne-pain serait menacé, selon lui, par une déréglementation du taxi.

M. Dades, qui siège au conseil de l'entreprise Taxi Hochelaga-Beaubien, a plaidé en faveur d'un allègement réglementaire tout en insistant sur la nécessité d'un encadrement gouvernemental.

«Peut-être qu'il y a trop de règlements, dit-il, mais c'est le prix à payer pour garantir la sécurité des personnes transportées, la qualité et un juste prix des services rendus, et un accès équitable à la mobilité, quels que soient les besoins du client.» Il a ensuite ajouté que cela garantirait «la contribution fiscale de l'industrie à l'économie et à la société», une pique évidente à l'endroit d'Uber.

Comme Airbnb

Uber est établi à Montréal depuis novembre 2013. Son service Uber Taxi, assuré par environ 500 chauffeurs qui possèdent un permis de taxi en règle, ne fonctionne pas comme une entreprise ordinaire de taxi, mais il est peu contesté. UberX, en revanche, qui permet à des particuliers de faire du taxi en les mettant en contact directement avec les clients par le biais d'un téléphone intelligent, est considéré comme illégal, au Québec, et pas moins d'une soixantaine de véhicules utilisés pour ce service ont déjà été saisis. UberX, qui offrirait des tarifs jusqu'à 45% moins élevés qu'un taxi traditionnel, est toutefois très populaire.

Pour le directeur d'Uber au Québec, «lorsqu'une innovation arrive, la réglementation doit être modifiée» pour encadrer ce nouveau type de service. Il a rappelé l'exemple récent des services de location de chambres ou d'appartements offerts par des particuliers sur des sites comme Airbnb, que l'industrie hôtelière accuse aussi de concurrence déloyale.

«On a passé les deux dernières années au Québec à dire que Airbnb, c'est illégal, a dit M. Guillemette. Et il y a deux semaines, la ministre au Tourisme a annoncé qu'on va créer une nouvelle réglementation pour l'encadrer.»

Uber, assure-t-il, ne demanderait pas mieux que d'être encadré. «La Ville de Boston, ajoute M. Guillemette, a créé une nouvelle réglementation pour encadrer Uber.»

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