Des solutions pour augmenter la vitesse des autobus

Sur un parcours typique, un autobus passe environ... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Sur un parcours typique, un autobus passe environ 50 % du temps à rouler, 25 % immobilisé aux feux de circulation et 25 % aux arrêts pour faire monter et descendre les passagers, selon le président de Transport 2000, François Pepin.

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Bruno Bisson
La Presse

Les autobus de la Société de transport de Montréal (STM) avancent à une vitesse moyenne d'environ 18 km/h, en service actif. Aux heures de pointe du matin et du soir, c'est un peu moins. Et sur les 31 circuits les plus achalandés de la STM, un peu moins encore : 14,5 km/h.

Cette situation n'est pas propre à Montréal. Les usagers des services d'autobus urbains, partout au Québec, sont habitués à cette lenteur, aux arrêts multiples, à la circulation par « à-coups » : on accélère sur 200 mètres, on décélère en vue de l'arrêt, on s'immobilise pour faire monter les passagers, on attend le prochain feu vert, et on repart pour 200 mètres.

Sur le plan des temps de parcours et du confort, ces déplacements quotidiens en bus ne peuvent pas rivaliser avec l'automobile privée et constituent un frein à l'adoption de nouvelles habitudes de transport.

L'organisme de défense des transports collectifs Transport 2000 Québec présentera aujourd'hui, lors d'un symposium, des solutions qui pourraient améliorer de 10 % la vitesse commerciale moyenne des autobus urbains d'ici cinq ans, selon son président François Pepin.

Q: Pourquoi les autobus sont-ils si lents ?

Sur un parcours typique, un autobus passe environ 50 % du temps à rouler, 25 % immobilisé aux feux de circulation et 25 % aux arrêts pour faire monter et descendre ses passagers. En créant des voies réservées, les sociétés de transport peuvent déjà intervenir sur le premier volet, quand l'autobus est en mouvement. Les solutions que nous proposons sont simples et peuvent influencer les trois composantes du temps de trajet. Elles peuvent aussi être mises en place à court terme. Dans certains cas, elles permettraient même aux sociétés de réaliser des économies sur les coûts d'exploitation.

Q: Quelles sont ces solutions ?

La première est de créer des circuits express circulant en parallèle avec des autobus locaux sur les lignes les plus achalandées durant les heures de pointe. Cela peut se faire sans coûts additionnels, parce qu'on n'ajoute pas d'autobus. La moitié des autobus affectés à une ligne sont des express qui s'arrêtent à un nombre limité d'intersections, pour gagner du temps d'embarquement-débarquement. L'autre moitié des autobus assure le service ordinaire. 

Q: Comment réduire les délais d'embarquement ?

Présentement, on monte dans l'autobus par la porte avant pour que le titre de transport soit vérifié par une borne de validation, à côté du chauffeur. Cela crée une file à l'entrée du bus, et quand il y a beaucoup de passagers à un arrêt, ça peut prendre beaucoup de temps. La solution proposée est de permettre l'embarquement par toutes les portes de l'autobus. Une fois à bord, les passagers pourraient valider leur titre de transport sur des bornes de petite taille, à l'intérieur du bus, semblables à celles dans les gares de trains de banlieue. Un contrôle aléatoire dans les véhicules serait mis en place pour s'assurer que les gens ont bien des titres valables.

Q: Et les feux de circulation ?

La plupart des sociétés de transport ont déjà commencé à implanter une gestion des feux de circulation avec détection des autobus. Ça permet par exemple à un bus qui fait monter des passagers à un arrêt, de prolonger un feu vert prioritaire afin de repartir sans délai dès que l'embarquement est terminé. Étant donné le nombre de feux de circulation à Montréal, par exemple, et la longueur de certaines phases de feu qui peuvent durer jusqu'à 60 secondes, quelques dizaines de secondes gagnées à chaque intersection peuvent représenter des gains de temps appréciables.

Q: En avez-vous parlé aux sociétés de transport ?

Oui. Dès le départ, en 2013, cette réflexion a été amorcée en collaboration avec l'Association du transport urbain du Québec, qui regroupe les neuf plus grandes sociétés de transport. On a rencontré des gens des sociétés de transport de Montréal (STM), de Longueuil (RTL) et de Laval (STL) pour leur soumettre nos propositions, et on a été agréablement surpris de leurs réactions. Je sais que certaines sociétés travaillent déjà à l'interne pour évaluer comment on peut les mettre en place. Les trois sociétés seront présentes au symposium. On devrait en savoir plus sur ce qu'elles ont fait, jusqu'à maintenant, et ce qu'elles comptent faire dans l'avenir pour réduire les temps de circulation des autobus.

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