Nouveau pont Champlain: 7,5 millions pour des expropriés

Avec la rue May va disparaître une partie... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

Agrandir

Avec la rue May va disparaître une partie du «cadre bâti le plus ancien de Verdun», selon un rapport d'évaluation fait en 2005 par le Service de mise en valeur du territoire et du patrimoine de la Ville de Montréal.

Photo: Robert Skinner, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Bruno Bisson
La Presse

Le gouvernement fédéral a versé un total de près de 7,5 millions aux propriétaires d'une dizaine de maisons de la rue May et d'un immeuble de condos de la rue de Rushbrooke qui seront rasés dans le cadre du projet de construction du nouveau pont Champlain.

Selon des documents obtenus par La Presse grâce à la Loi sur l'accès à l'information, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) a réussi à conclure des ententes de gré à gré avec tous les propriétaires des immeubles résidentiels touchés par le projet, dans l'arrondissement de Verdun.

Neuf maisons unifamiliales et un triplex situés dans la rue May, de même que les quatre condos de l'immeuble situé à l'intersection des rues de Rushbrooke et May ont été achetés par le gouvernement fédéral depuis l'automne dernier. C'est «Sa Majesté, la reine du chef du Canada» qui apparaît aujourd'hui comme propriétaire officiel de ces résidences sur le rôle d'évaluation de la Ville de Montréal.

Les prix payés pour les 14 propriétés résidentielles totalisent 5 238 000 $. Chacun des propriétaires concernés a aussi touché une indemnité, versée à titre de «dédommagement», parce que «l'immeuble est requis pour la réalisation du corridor du nouveau pont sur le Saint-Laurent». Les indemnités versées s'élèvent à 2 236 213 $, pour des coûts d'acquisition totaux de 7 474 213 $.

Selon les actes de vente, tous les occupants devront avoir quitté les lieux le 2 juillet prochain. Il ne reste déjà presque plus personne dans la rue May et dans l'immeuble de condos de la rue de Rushbrooke. Plusieurs maisons, maintenant propriété du gouvernement, sont placardées. La semaine dernière, des locataires du seul triplex de la rue, rencontrés sur place, disent avoir reçu un avis final du nouveau propriétaire. «Nous avons jusqu'au 30 juin. Après ça, tout le monde doit être parti.»

Ces immeubles résidentiels seront rasés, vraisemblablement d'ici la fin de l'année, pour faire place à des voies de circulation. La rue May elle-même disparaîtra corps et biens sous la nouvelle emprise de l'autoroute 15, qui sera reconstruite et élargie d'une voie par direction entre le pont Champlain et la sortie d'autoroute vers la rue Atwater, d'ici 2020.

Une rue ancienne

Avec la rue May va disparaître une partie du «cadre bâti le plus ancien de Verdun», selon un rapport d'évaluation fait en 2005 par le Service de mise en valeur du territoire et du patrimoine de la Ville de Montréal. La plus «jeune» des maisons de la rue May date de 1923. Les façades d'inspiration victorienne, bien entretenues mais visiblement anciennes, tranchent de manière si franche avec les maisons plus modernes des rues voisines qu'on se croirait presque débarqué dans un décor de cinéma.

Impression renforcée par la présence d'un mur de béton blanc qui s'élève jusqu'à six mètres de hauteur, juste devant les maisons.

«La rue May bordait autrefois le déversoir de l'usine d'alimentation d'eau, assurant un milieu de vie agréable», indique le rapport d'évaluation du patrimoine de 2005. De leur balcon, les résidants pouvaient apercevoir leurs «voisins» de la rue Butler, dans le quartier de Pointe-Saint-Charles, de l'autre côté du déversoir.

Depuis le début des années 60, le passage de l'autoroute 15 a planté une structure de béton dans le décor qui bouche à peu près toute perspective sur les environs. En juin 2014, le gouvernement fédéral a annoncé que la reconstruction de l'autoroute 15, prévue dans le cadre du projet du nouveau pont Champlain, avalera ce qui reste de cette rue du «Vieux-Verdun».

Les derniers résidants joints la semaine dernière n'ont pas rappelé La Presse.

Les contrats de vente des 10 maisons de la rue May ont été conclus entre septembre et décembre 2014. L'acquisition des quatre condos de la rue de Rushbrooke a été finalisée en janvier 2015.

Les prix obtenus présentent des écarts variant de 10 % à plus de 60% par rapport à l'évaluation municipale. À titre de dédommagement, les ex-propriétaires ont aussi eu droit à des indemnités allant de 109 000 $ à 230 000 $.

- Avec la collaboration de William Leclerc

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer