Mort d'une piétonne: des intersections à repenser

Huguette Bélanger est morte écrasée par un poids... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Huguette Bélanger est morte écrasée par un poids lourd alors qu'elle traversait la rue Chateaubriand, le printemps dernier. Le chauffeur ne l'avait pas aperçue en raison de l'angle mort devant le capot de son véhicule.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

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Montréal doit rendre ses intersections plus sécuritaires en pensant surtout aux piétons les plus vulnérables. C'est la conclusion du coroner Jean Brochu qui a enquêté sur le décès d'Huguette Bergeron, une femme de 77 ans coincée pendant 45 minutes sous les roues d'un camion à l'intersection des rues Chateaubriand et Bélanger au printemps dernier.

La septuagénaire traversait la rue avec une amie au moment du drame. «Le camion a heurté les piétonnes à très basse vitesse et elles ont roulé sous le véhicule», peut-on lire dans le rapport du coroner rendu public hier.

Lorsque les deux femmes ont traversé la rue, la lumière était verte, mais elle est devenue rouge lorsqu'elles se sont retrouvées devant le camion.

«Dans le cas présent, il n'y avait pas de feu pour piétons à l'intersection, de sorte que les deux dames n'avaient probablement aucune idée du temps à leur disposition pour traverser», explique le coroner.

À l'arrivée des secours, les deux femmes étaient toujours conscientes. Huguette Bergeron est rapidement décédée d'un arrêt cardio-respiratoire provoqué par ses nombreuses factures.

Plusieurs facteurs en cause

L'enquête policière a établi que l'état du camion, du chauffeur et de la chaussée n'était pas à blâmer dans l'accident. «Si le conducteur du camion avait été attentif aux mouvements des piétons dans l'intersection, il aurait aperçu les deux dames alors qu'elles approchaient de l'avant de son camion et qu'elles disparaissent de sa vision cachées par l'imposant capot du camion», note-t-il cependant.

Le reconstutionniste de la scène de l'accident a calculé que la distance minimale entre le devant du camion et d'un piéton mesurant 1,61 mètre comme la victime doit être de 1,84 mètre pour que le chauffeur puisse apercevoir sa tête.

«Il faut responsabiliser à la fois la population à la réalité des angles morts et sensibiliser les camionneurs à bien vérifier la présence des piétons aux intersections, en plus de vérifier les feux de circulation et la présence des autres véhicules», recommande-t-il.

Les recommandations du coroner

DES REFUGES POUR PIÉTONS

Le coroner suggère aux arrondissements plusieurs aménagements qui pourraient améliorer la sécurité des piétons. Il recommande notamment l'aménagement de terre-pleins au centre de la rue pour permettre une traversée en deux temps.

DES FEUX PLUS LONGS

Lorsque Huguette Bergeron et son amie ont traversé la rue, il n'y avait pas de feu pour piétons. Une telle signalisation permet de savoir le temps dont on dispose pour traverser la rue. «S'il n'est pas possible d'aménager un refuge piéton au milieu de l'intersection, il faut s'assurer que le feu de circulation est suffisamment long pour permettre à une personne à mobilité réduite de franchir l'intersection», écrit le coroner dans son rapport.

DES SAILLIES DE TROTTOIR

Lorsqu'elles sont aménagées aux intersections, les saillies de trottoir permettent d'accroître la visibilité et de reculer les véhicules du carré de l'intersection, note le coroner Jean Brochu. Ce dernier propose aussi que la ligne d'arrêt soit suffisamment éloignée du passage piéton pour permettre aux camionneurs d'effectuer un contact visuel avec les piétons.

***

La Ville reste muette

Le responsable des transports à la Ville de Montréal, Aref Salem, a refusé de nous accorder une entrevue sur le sujet. Au cabinet du maire, on nous réfère au Plan triennal d'immobilisation 2015-2017 qui prévoit une somme de 35,5 millions, notamment pour financer un programme de réaménagement géométrique des artères. Ultimement, les sommes inscrites au PTI ne sont pas nécessairement dépensées.

Difficile cohabitation

94 %
Proportion des répondants qui considèrent les angles morts des véhicules lourds comme une source importante d'accidents.
41 %
Des chauffeurs affirment que traverser sans regarder est le comportement des piétons qui les irrite le plus.

Avec la collaboration de William Leclerc. Source: sondage réalisé cet hiver par la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ)

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