Manifestation anti-islam annulée à Montréal

Une contre-manifestation prévue par des groupes de gauche... (Photo Graham Hughes, PC)

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Une contre-manifestation prévue par des groupes de gauche qui dénoncent la montée de l'islamophobie au Québec a attiré bon nombre de gens.

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La manifestation du groupe PEGIDA-Québec, organisée hier dans le Petit Maghreb, à Montréal, a finalement été annulée. Intercepté par des policiers dès leur arrivée, le petit nombre de militants contre «l'islamisation du Québec» a rebroussé chemin, et appelé en soirée à une nouvelle manifestation, samedi prochain.

«PEGIDA Québec a dû annuler sa marche pacifique. Sur le conseil des policiers, trop de fous d'Allah étaient sur place», a écrit le groupe né en Allemagne, et dont l'acronyme signifie «patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident». Ce n'est que partie remise, a poursuivi PEGIDA, qui organisera un nouveau rassemblement samedi «pendant l'heure de la prière». 

Au coin de la rue Bélair et du boulevard Pie-IX, où la manifestation devait avoir lieu, quelques centaines d'opposants au discours de PEGIDA se sont rassemblés en après-midi. 

Entre les nombreux drapeaux anarchistes et marxistes-léninistes, une membre du groupe Femmes militantes musulmanes et féministes, Marlène Figueroa, a qualifié de «provocatrice» la décision de tenir une manifestation anti-islam au coeur d'un quartier qui regroupe quelques mosquées et des commerces appartenant à des Montréalais d'origine algérienne, marocaine et tunisienne. «Je ne comprends pas qu'on les laisse s'exprimer et se présenter ici en se disant islamophobes», a-t-elle déclaré. 

À une courte distance du lieu de rassemblement, des dizaines d'hommes ceinturaient le Centre communautaire islamique de l'Est de Montréal, dont le président est Adil Charkaoui. «On en profite pour donner de l'information sur l'islam», a déclaré l'un d'eux, en tendant des dépliants sur la présence de Dieu et le système moral de l'islam, notamment. 

À l'écart, des dizaines de policiers surveillaient le Centre, qui n'avait pourtant pas fait l'objet de menaces directes. « La tolérance a triomphé sur l'intolérance », s'est félicité Adil Charkaoui, quelques minutes après être sorti pour crier que la manifestation avait été annulée. «PÉGIDA au Québec, il n'y en a pas!», a-t-il lancé. 

Selon M. Charkaoui, seulement trois manifestants de PEGIDA-Québec se sont présentés à la manifestation. Au Service de police de la Ville de Montréal, on a confirmé que le nombre de protestataires anti-islam «se comptait sur les doigts d'une main». 

«J'ai parlé avec au moins six personnes qui soutenaient PEGIDA», a tout de même avancé un sympathisant du mouvement avec qui La Presse s'est entretenue. Le jeune homme a dit s'être rendu sur place non pas pour « dénoncer les musulmans », mais plutôt pour signaler «l'inertie de la population et surtout de nos gouvernements face à une invasion migratoire».

Le partisan de PEGIDA-Québec a également affirmé considérer la majorité des musulmans comme des concitoyens. «J'ai même offert ma place dans le métro à une jeune mère musulmane, seulement quelques minutes après la manifestation. Je n'ai pas le choix de me mêler avec les personnes d'ethnies différentes, donc j'accepte de le faire», a-t-il déclaré. «Cependant, je suis convaincu que, lorsque les musulmans deviennent une majorité, ou assez populaires pour prendre un peu de pouvoir, ils deviennent une névrose pour la société qu'ils envahissent», a-t-il poursuivi, avant de confirmer qu'il sera à la prochaine manifestation de PEGIDA, «malgré l'échec» encaissé par l'organisation hier, selon lui. 

Les deux manifestations se sont rencontrées

La deuxième «manifestation populaire contre l'austérité et l'économie du pétrole» a attiré quelques centaines de personnes, dont plusieurs étudiants en grève, hier. Partie du parc Émilie-Gamelin, au centre-ville, la marche s'est rendue jusque dans le quartier Saint-Michel, pour finalement rencontrer la manifestation contre PEGIDA. Les deux rassemblements se sont joints et se sont terminés dans le calme, quelques heures après avoir commencé.

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