Le Grand Montréal est-il prêt à payer pour jeter?

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Pour l'heure, seulement 150 000 des quelque 2 millions de résidences de la région montréalaise sont desservies par la collecte à trois voies, soit les déchets, le recyclage et les matières organiques.

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Tarifer les déchets, limiter le nombre de sacs-poubelles à mettre à la rue, réduire la fréquence de la collecte des ordures: la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) lance une vaste consultation pour revoir la gestion des matières résiduelles alors que la région cherche à mettre fin à l'enfouissement des déchets d'ici 10 ans.

La CMM entreprend ce soir à Longueuil une tournée afin de revoir le Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) qui s'applique aux 82 villes de la région de Montréal. Au coeur des enjeux, on cherche à planifier l'arrivée de la collecte des matières organiques d'ici quelques années.

Pour l'heure, seulement 150 000 des quelque 2 millions de résidences de la région montréalaise sont desservies par la collecte à trois voies, soit les déchets, le recyclage et les matières organiques. Elle devrait être étendue aux 3,8 millions d'habitants de la région d'ici quelques années avec l'aménagement prévu, d'ici 2022, de neuf usines de biométhanisation et centres de compostage dans la région, au coût de 520 millions de dollars.

Ajouter les matières organiques à la collecte des déchets et du recyclage fera gonfler la facture des municipalités de 55 millions en 2025, soit environ 30$ par résidence, évalue la CMM. Durant la consultation publique qui débute ce soir, diverses mesures «d'optimisation» seront ainsi mises de l'avant afin de réduire la note.

Mettre fin à l'enfouissement d'ici 2025

Les villes pourraient ainsi décider de réduire la fréquence des collectes des ordures. Certaines municipalités comme Saint-Lambert ont déjà pris ce virage, la collecte ne se faisant plus qu'aux deux semaines. On pourrait également limiter le nombre de sacs destinés à être mis à la rue ou réduire la taille des bacs, limitant ainsi la quantité de déchets à collecter. Autre piste de solution, la tarification des déchets pourrait aussi être envisagée, une pratique courante aux États-Unis et en Europe, mais pratiquement inexistante au Québec.

La collecte des matières organiques est incontournable pour atteindre l'objectif que la CMM s'est fixé en 2008 de mettre fin à l'enfouissement d'ici 2025. Pour l'heure, seulement 12% des matières organiques produites dans la région ne se rendent pas au dépotoir, principalement des résidus verts. L'objectif est maintenant d'en récupérer 60% d'ici 10 ans.

Un objectif réaliste, estime Massimo Lezzoni, directeur général de la CMM. «Une fois les infrastructures en place, la collecte des matières organiques va commencer rapidement.»

Et s'il a fallu plus de 10 ans pour que 60% des matières recyclables prennent bel et bien le chemin de la récupération, les gains avec l'organique seront plus rapides, estime Michel Allaire, coordonnateur environnement à la CMM. «On va profiter des leçons apprises avec le recyclage.»

Une fois le virage de la collecte des matières organiques bien pris, la CMM compte s'attaquer à la dernière étape pour mettre fin à l'enfouissement des déchets, soit comment disposer des «résidus ultimes». L'organisation se donne jusqu'en 2020 pour trouver la technologie qui permettra de faire la «valorisation énergétique» des déchets, comme l'incinération ou la gazéification.

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