La Ville s'attaque à la rémunération de ses fonctionnaires et policiers

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La Ville de Montréal demande des concessions de l'ordre de 10,5% de la rémunération globale à ses cols blancs et ses policiers.

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Augmentation des heures travaillées, réduction des congés de maladie, partage du coût des assurances: la Ville de Montréal demande des concessions importantes à ses employés alors qu'elle espère réduire leur rémunération globale de 10,5%.

La Ville de Montréal a rendu publics en fin de journée hier ses objectifs dans le cadre du prochain cycle de négociations avec six de ses syndicats, dont les cols blancs et les policiers. Ces propositions ont rapidement fait bondir les syndicats joints par La Presse.

«C'est dégueulasse. Je n'ai jamais vu ça en 25 ans à la Ville de Montréal. Je suis dégoûté de regarder ce qui se passe», a dit Alain Fugère, président du Syndicat des fonctionnaires municipaux

Dans ses offres, la métropole se dit prête à augmenter le salaire de base de ses employés de 2 à 2,5%. En contrepartie, elle réclame des concessions majeures au chapitre des avantages sociaux et des conditions de travail.

Ce sont ces concessions qui viendront dans les faits réduire de 10,5% la rémunération globale, qui comprend tant le salaire de base que les avantages sociaux. La métropole souligne que sa masse salariale se chiffre désormais à 2,4 milliards, soit tout près de la moitié de son budget.

Pour les négociations, Montréal prend comme point de départ l'étude de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) de 2014 ayant évalué que les employés municipaux touchaient une rémunération supérieure de 38,6% à celle des fonctionnaires provinciaux. Au terme de cette ronde, l'administration montréalaise entend réduire cet écart à 24,1% avec les employés du gouvernement.

Cette cible a été fixée afin que les employés municipaux reçoivent la même rémunération que les syndiqués du secteur privé. La métropole dit ainsi vouloir s'assurer que la rémunération soit «juste et équitable par rapport aux autres travailleurs».

«La Ville de Montréal souhaite établir un juste équilibre entre les conditions de travail qu'elle offre à ses employés et celles qui sont disponibles sur le marché pour l'ensemble des travailleurs, tout en demeurant compétitive quant à sa capacité d'attraction et de rétention du personnel», dit la métropole dans le document rendu public.

Concessions demandées

Pour réduire la rémunération globale, Montréal a ciblé quatre mesures. L'une entre elles touche les économies qui devraient découler du résultat des négociations entreprises dans la foulée de l'adoption du projet de loi 15 sur le partage du coût des régimes de retraite.

Au-delà de cet élément qui a déjà suscité d'importantes frictions avec les syndicats, Montréal dit vouloir «accroître le nombre d'heures réellement travaillées». La Ville indique que les employés municipaux travaillent en moyenne 35,1 heures par semaine, selon l'ISQ. Dans le privé, c'est plutôt 37,4 heures par semaine. «Pour augmenter la performance de la Ville, il faudrait augmenter le nombre d'heures travaillées», résume la position de la métropole.

La Ville dit aussi être grandement «pénalisée» par les banques de temps accumulé. Celles-ci se chiffraient à 220 millions au 31 décembre 2013. Montréal propose de payer maintenant ces banques pour les vider.

Pour augmenter les heures travaillées, la métropole cherche aussi à réduire son taux de congés maladie qui s'élève à 6,9% présentement. Pour y arriver, Montréal entend payer les absences de courte durée non plus à 100%, mais à seulement 80%.

Tout comme dans le cas des régimes de retraite, Montréal entend aussi partager à parts égales le coût des assurances collectives. Prenant l'exemple des cols blancs, Montréal dit payer 73% du coût des assurances, contre 27% pour ces employés. Un partage à parts égales permettrait à la Ville d'économiser cinq millions par an pour ce seul corps d'emploi. À l'inverse, les cols blancs verraient la facture pour leurs assurances pratiquement doubler du jour au lendemain.

Les syndicats dénoncent

La publication des objectifs de la Ville dans la prochaine ronde de négociations a fait bondir les syndicats, qui ont dénoncé une tentative de négocier sur la place publique. «Ça n'inspire pas un climat de confiance à la table de négociations. À la lecture de ça, je prédis qu'ils vont manquer d'arbitres à l'automne parce que tout le monde va aller en arbitrage», dénonce Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers de Montréal.

Ces offres ne passent carrément pas auprès du Syndicat des fonctionnaires municipaux, qui a déjà porté plainte pour négociation de mauvaise foi, estimant les propositions inacceptables. Les cols blancs digèrent particulièrement mal la demande visant à «permettre à la Ville de recourir à la sous-traitance selon ses besoins».

«Ils veulent nous écraser pour faire de la sous-traitance à outrance, ce qui va profiter aux amis du parti», ajoute le chef syndical Alain Fugère. Celui-ci estime que Montréal ferait une grave erreur en ne tirant pas les leçons de la commission Charbonneau qui ont démontré selon lui les effets pervers du recours au privé pour assurer les services municipaux.

Offres salariales de Montréal

2012 : 2%

2013 : 2%

2014 : 2%

2015 : 2%

2016 : 2,5%

2017 : 2,5%

En négociation

  • Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal (cols blancs)
  • Fraternité des policiers et policières de Montréal
  • Syndicat des professionnelles et professionnels municipaux de Montréal
  • Syndicat des architectes de la Ville de Montréal
  • Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal
  • Association des contremaîtres municipaux de Montréal

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