Emprisonnement de Charkaoui en 2003: Coderre estime avoir «fait son travail»

Le maire de Montréal, Denis Coderre.... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le maire de Montréal, Denis Coderre.

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Le maire de Montréal Denis Coderre estime toujours avoir «fait son travail» il y a 12 ans, en jetant en prison le cheikh Adil Charkaoui, dont deux élèves sont soupçonnés d'avoir quitté le Canada pour rejoindre des groupes djihadistes en Syrie.

Denis Coderre, qui était à l'époque ministre de l'Immigration, est une des rares personnes à avoir eu accès au dossier confidentiel du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) sur M. Charkaoui, en 2003.

Le SCRS disait alors avoir «des motifs raisonnables de croire qu'il était membre d'une organisation terroriste, s'était livré et continuerait de se livrer au terrorisme et constituait un danger».

Sur la base de la preuve amassée, le ministre Coderre avait signé un certificat de sécurité, une procédure judiciaire exceptionnelle et controversée, qui a d'abord conduit Adil Charkaoui en prison, puis l'a forcé à porter un bracelet électronique de surveillance jusqu'en 2009.

Croit-il toujours que le danger justifiait de priver un homme de sa liberté sans l'accuser formellement d'un crime?

«Moi, j'ai signé. Je l'ai signé et ç'a été validé par les cours. Alors j'ai fait mon travail. Je n'ai pas d'autre commentaire là-dessus», a-t-il martelé hier, lorsqu'il a été interrogé à l'occasion d'une conférence sur la lutte contre le radicalisme violent.

Prévenir la radicalisation

Le maire et son chef de police avaient convoqué les médias pour annoncer la création d'un «centre de prévention à la radicalisation menant à la violence».

L'annonce a été faite en présence de la ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil, ainsi que de plusieurs partenaires du réseau de l'éducation, des groupes communautaires et du centre jeunesse de Montréal.

«Ce n'est pas une recrudescence du phénomène qui nous amène là», a prévenu le maire.

«Le but dans tout ça, c'est d'empêcher la violence», dit-il.

Le projet est embryonnaire mais déjà, un numéro de téléphone est réservé aux signalements et questionnements du public à ce sujet, soit le 514 280-2002. Ce sont des policiers qui répondront aux appels pour l'instant.

Contre-discours

Le chef de police Marc Parent a souligné que les «récents événements» démontrent l'importance pour les policiers de travailler en partenariat avec les milieux communautaires et scolaires pour faire de la prévention. Il souligne qu'un centre pourrait parfois «déconstruire des idéologies violentes par des contre-discours».

La Presse a révélé il y a deux semaines que les autorités soupçonnent un groupe de six jeunes Québécois d'avoir quitté le pays dans l'espoir de se rendre en Syrie. Selon nos informations, deux d'entre eux ont fréquenté des activités animées par Adil Charkaoui, qui dit faire de la «dé-radicalisation» auprès des jeunes. Deux cégeps ont cessé de louer des locaux à M. Charkaoui dans la foulée de cette affaire.

Questionné à ce sujet, le maire s'est fait avare de commentaires. «Je ne commenterai pas sur les opérations. Il y a des enquêtes, il y a un travail qui se fait et je n'ai pas l'intention de parler d'Adil Charkaoui aujourd'hui», dit-il.

26
millions
Somme réclamée en dommages par Adil Charkaoui au gouvernement pour emprisonnement injustifié. Les autorités ont retiré la preuve contre lui pour éviter d'avoir à la rendre publique, mais ne l'ont jamais désavouée.

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