Régimes de retraite: un déficit de 1,9 milliard

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L'allongement de l'espérance de vie exerce une forte pression sur les régimes de retraite à la Ville de Montréal, comme à Québec et dans d'autres grandes villes.

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L'embellie des dernières années sur les marchés financiers n'a pas réussi à juguler la crise des déficits dans les régimes de retraite de Montréal, prévient l'administration Coderre.

La métropole a présenté hier le bilan de santé de ses régimes de retraite, un exercice imposé par l'adoption du projet de loi 3. La bonne nouvelle: ils se portent mieux qu'au lendemain de la dernière crise économique. Leurs déficits ont légèrement diminué pour s'établir à 1,858 milliard de dollars, au 31 décembre 2013. Leur taux de capitalisation - soit l'argent disponible pour payer les prestations aux retraités actuels et futurs - a quant à lui augmenté, passant de 82,9% en 2010-2011 à 87,4%.

«C'est insuffisant»

La mauvaise nouvelle: c'est insuffisant, affirme la Ville de Montréal. «Malgré cinq années de rendements largement supérieurs aux prévisions, soit 10% par année, on a encore un déficit de 1,9 milliard. C'est encore d'actualité», a indiqué le directeur général de Montréal, Alain Marcoux.

Les bons rendements ont en quelque sorte été annulés par les besoins croissants auxquels font face les régimes de retraite. Alors que les caisses de retraite disposaient de 9,3 milliards en 2010-2011, ce montant a augmenté à 10,9 milliards au 31 décembre 2013. Or la somme des prestations à verser aux retraités - actuels et futurs - a aussi fortement augmenté durant cette période, passant de 11,2 à 12,7 milliards.

«Tout le monde souhaite que les rendements sur les marchés baissent les déficits, mais vous avez quand même un déficit actuariel qui n'a pratiquement pas changé. Ça montre que le problème est structurel», dit Denis Coderre, maire de Montréal.

Espérance de vie

L'allongement de l'espérance de vie exerce une forte pression sur les régimes, dit Montréal. À la constitution des régimes de retraite, on prévoyait que les employés bénéficieraient de leur rente pendant environ 20 ans, mais ceux-ci peuvent vivre plus de 30 ans après leur départ à la retraite.

«On a tardé au Canada à tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie», a reconnu Alain Marcoux. Le problème n'est pas propre à Montréal, a-t-il souligné. Son ancien employeur, la Ville de Québec, utilisait encore jusqu'à récemment les tables de mortalité de 1964. À l'époque, les hommes avaient une espérance de vie de 68 ans, alors qu'elle est de 80 ans aujourd'hui.

Réserve de 520 millions

La situation est moins grave que le dit Montréal, rétorque la Coalition syndicale pour une libre négociation. Le regroupement déplore que la métropole ne tienne pas compte d'une réserve de 520 millions qu'elle est tenue de mettre de côté pour réduire son déficit. «Une marge, c'est un surplus, pas un déficit», s'est indigné son porte-parole, Marc Ranger. Même si les négociations imposées par l'adoption du projet de loi 3 débutent sous peu, la Coalition prévient qu'elle compte annoncer d'ici la fin du mois de janvier les recours qui seront entrepris.

L'opposition à l'hôtel de ville a quant à elle dénoncé le manque de transparence de l'administration Coderre, jugeant inacceptable qu'elle lui ait soumis le bilan des régimes de retraite tout juste avant d'en débattre. «Je peux vous donner le bottin de téléphone et vous dire que tout est là, mais si vous n'avez pas le temps de le lire, ce n'est pas plus utile. C'est assez ordinaire. Personne n'a été capable d'analyser ça en profondeur», a déploré le conseiller Guillaume Lavoie, de Projet Montréal.

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