Un restaurateur dit être la cible de féministes radicales

Le 29 décembre, un premier pavé a été lancé... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Le 29 décembre, un premier pavé a été lancé dans la vitrine du Café Bistro Bobby McGee.

Photo Bernard Brault, La Presse

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Un petit café du quartier Hochelaga-Maisonneuve a été vandalisé deux soirs de suite cette semaine et le compte Facebook de l'établissement a été piraté. Son propriétaire, Patrick Pilon, est persuadé d'être la cible de féministes radicales.

Le 29 décembre, un premier pavé a été lancé dans la vitrine du Café Bistro Bobby McGee. Le lendemain M. Pilon a relaté les événements sur Facebook en se demandant s'il n'était pas victime des «anarchistes» qui ont déjà vandalisé des restaurants pour dénoncer l'embourgeoisement du secteur.

La nuit du 30 décembre, sa vitrine a de nouveau été fracassée. Et cette fois, le symbole de Vénus, souvent utilisé par les féministes, a été peint en mauve sur la grille devant la porte.

Patrick Pilon a immédiatement fait le lien avec un incident survenu il y a environ un mois dans le café. «Je suis victime de dénigrement et de diffamation depuis ce temps», a-t-il expliqué à La Presse hier matin.

Le propriétaire a déclaré à plusieurs reprises qu'il était «à boutte!» «Ça va être quoi, la prochaine étape, un incendie criminel?» s'est-il insurgé.

« Joke de mauvais goût»

Il y a un mois, une altercation avec une cliente a entraîné une crise parmi les employés. Six d'entre eux ont fini par claquer la porte. «Le 27 novembre, j'ai fait une joke de mauvais goût. J'ai dit que j'aimerais bien baiser une nonne. C'était stupide de ma part et je m'en suis excusé», a expliqué le propriétaire, qui a lancé sa phrase controversée alors qu'une religieuse venait de quitter l'établissement.

Parmi les clients, une femme qui s'est décrite, au dire de M. Pilon, comme une étudiante de l'UQAM a entendu les propos et les a dénoncés dans le café puis sur les réseaux sociaux en appelant au boycottage du commerce. La Presse a tenté en vain de la joindre.

C'est à partir de ce moment que les choses ont dégénéré. Patrick Pilon a répondu agressivement sur Facebook à la déferlante de commentaires de plusieurs personnes. «J'aurais dû me taire et m'en remettre aux avocats. Mais je suis en colère, et si on me traite de misogyne, je vais t'envoyer chier parce que ce n'est pas vrai», a-t-il déclaré.

Certains employés se sont rencontrés pour rédiger une lettre d'appui à la militante, intitulée «Le feu aux poudres», qui dénonçait les propos tenus après le départ de la religieuse. «Ce qui s'est passé [...] est selon nous une aberration, et nous la condamnons de toutes nos forces, nous la rejetons en bloc: cela nous répugne complètement», pouvait-on lire.

L'incident a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et entraîné la vague de départs, selon deux anciennes employées à qui La Presse a parlé, mais qui ont souhaité garder l'anonymat. Elles maintiennent que M. Pilon tient souvent des propos déplacés et qu'il a tendance à piquer des crises de colère.

Le principal intéressé reconnaît qu'il a un caractère bouillant et qu'il s'exprime souvent sans filtre. «Je n'ai pas d'autocensure et j'ai toujours été spontané. Je suis un livre ouvert», dit-il. Il admet aussi que la consommation d'alcool a pu parfois infléchir son comportement.

Appel au calme

Le propriétaire a reçu cette semaine l'appui d'un groupe de 10 employés du café qui ont décidé de le défendre en lançant un appel au calme dans une lettre.

«Son comportement [de Patrick] s'est redressé, mais la campagne persiste [...] C'était déjà assez malsain comme c'est là, ça ne fait que s'exacerber et il faut que ça cesse!», peut-on lire dans la missive.

Le Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé hier avoir ouvert une enquête sur les actes de vandalisme. «Aucune piste n'est écartée pour l'instant», a indiqué le porte-parole Simon Delorme.

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