Budget de Montréal: les commerçants se disent trop taxés

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Depuis les fusions, les commerçants montréalais ont vu leurs taxes augmenter plus rapidement que l'inflation. Au total, leurs hausses se chiffrent à 29,4%, alors que les prix à la consommation ont grimpé de 28,5% durant cette période.

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John Lambert désespère chaque année au moment d'ouvrir son compte de taxes. Propriétaire d'un local commercial au coeur de Montréal, il est convaincu que la facture élevée envoyée aux commerçants montréalais explique la multiplication des locaux vides dans les artères commerciales de la métropole.

Hier, la Ville de Montréal a annoncé une hausse de 2,1% des taxes non résidentielles, soit celles qui s'appliquent aux bâtiments commerciaux. Mais dans l'arrondissement de Ville-Marie, où se trouve le local de John Lambert, l'augmentation sera plus salée, à 3%. Cela se traduira par une hausse de 346$ pour ce propriétaire, qui devra payer 13 747$ de taxes en 2015. «Quand j'ai acheté, en 2007, mes taxes étaient dans les 7000$. L'augmentation a été énorme», indique-t-il.

«C'est pas étonnant qu'il y ait autant de locaux vides. Avec les taxes, les parcomètres à 3$ de l'heure et le manque de places de stationnement, on se demande pourquoi les gens préfèrent aller magasiner au DIX30», s'indigne John Lambert.

«On a les taxes les plus élevées au Canada. Les taxes sont extrêmement élevées sans les services qui vont avec», se désole Glenn Castanheira, directeur général de la Société de développement commerciale du boulevard Saint-Laurent.

Depuis les fusions, les commerçants montréalais ont vu leurs taxes augmenter plus rapidement que l'inflation. Au total, leurs hausses se chiffrent à 29,4%, alors que les prix à la consommation ont grimpé de 28,5% durant cette période.

Lors des budgets, l'accent est souvent mis sur l'augmentation des taxes résidentielles, mais des données obtenues par La Presse démontrent que la partie la plus importante des taxes de la métropole provient en réalité des commerçants. En effet, près de 60% des taxes proviennent des immeubles dits «non résidentiels», dont le taux d'imposition est quatre fois plus élevé que pour les résidences.

Signes encourageants

Malgré les hausses, Glenn Castanheira sort rassuré du budget 2015 de Montréal. «C'est rassurant de voir un contrôle des dépenses. Et l'annonce d'un plan pour le développement commercial, ça fait très longtemps qu'on attend ça. Montréal en a gravement besoin, aujourd'hui plus que jamais.»

L'année 2014 a été difficile pour les commerçants. La Ville de Montréal a observé depuis un an une forte augmentation du taux d'inoccupation des espaces de bureaux. À 12,2% cet automne, il a atteint son pire niveau en 10 ans. Le centre de l'île a été particulièrement touché, le taux d'inoccupation étant passé de 8,6% à 14,8% depuis un an, selon Montréal en statistiques.

Les locataires écoperont aussi

Le Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ) est loin de se réjouir du budget Coderre.

En tête de la liste des préoccupations: le fait que la facture des hausses de taxes soit ultimement refilée aux 515 000 ménages locataires de Montréal. «On s'attendait à un budget austère, mais encore une fois, ce seront les personnes à faibles revenus qui seront sur la première ligne des coupures», a déclaré Martin Thériault, du RCLALQ. À Montréal, 61% des résidants sont locataires, selon les statistiques de 2011. «On est un peu choqués dans la mesure où entre 2000 et 2013, les loyers ont augmenté de 41% à Montréal. En ajoutant à cela toutes les mesures d'austérité récemment annoncées et les hausses de tarifs, ça fait beaucoup», a déclaré Martin Thériault.

Au Québec, les propriétaires ont le droit de refiler la totalité des hausses d'impôt foncier à leurs locataires. Martin Thériault appelle ces derniers à être vigilants et à connaître leurs droits. «Les locataires doivent être attentifs à ce que les propriétaires ne haussent pas les prix en additionnant l'inflation et les hausses de taxes», ajoute-t-il.

- Daphné Cameron

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