L'inspecteur général de Montréal annule un appel d'offres dirigé

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Denis Gallant

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L'inspecteur général de Montréal annule un appel d'offres dirigé dans l'arrondissement de Verdun, estimant que le processus favorisait deux fournisseurs.

Verdun a décidé l'été dernier d'acheter une nouvelle souffleuse à neige. Le Bureau de l'inspecteur général dit avoir reçu le 4 août une plainte selon laquelle le processus était dirigé.

Après enquête, l'inspecteur général conclut que l'appel d'offres « limitait le marché à deux fournisseurs » et « n'a pas favorisé un marché concurrentiel ». Dans son rapport, Denis Gallant en vient à recommander d'annuler le contrat, ce qui a été fait.

Le cahier des charges imposait en effet deux modèles de souffleuse à neige, ce qui disqualifiait certains fournisseurs. L'appel d'offres avait d'ailleurs été intitulé « fourniture d'une souffleuse à neige de marque Larue ou RPM Tech ». Seuls deux fournisseurs ont ainsi pu soumettre une offre, légèrement en deçà de 137 000$. Les propositions de deux autres fournisseurs n'ont pu être examinées, indique le rapport.

Le maire de Verdun, Jean-François Parenteau, affirme qu'il s'agit d'une simple erreur, un employé ayant « copié-collé un vieux modèle d'appel d'offres de 2009. C'est sûr qu'entre 2009 et 2014, on ne travaille pas de la même façon. On ne peut pas nommer des produits spécifiques ».

Durant les vacances

L'inspecteur général a également déploré dans son rapport que l'appel d'offres ait été lancé en période estivale, soit en pleines vacances de la construction. Les deux entreprises écartées du processus parce qu'elles ne vendent pas les modèles de souffleuse imposés ont tenté de faire modifier le cahier des charges pour que leurs produits soient admissibles, mais personne n'a pu leur répondre.

Le rapport de l'inspecteur général sur Verdun est particulièrement dur envers le personnel responsable des achats. Dans ses recommandations, Denis Gallant réclame que « le devis technique soit préparé par des personnes ayant les compétences nécessaires ». Il constate que ces « irrégularités témoignent d'un manque de rigueur et de connaissances dans la préparation du devis technique ».

Jean-François Parenteau dit accepter ces critiques. « C'est correct d'être dur: ce sont des deniers publics et on a le devoir d'être transparents. Si on n'est pas à l'aise avec ça, on devrait faire autre chose. »

Fait à souligner, au terme du nouvel appel d'offres effectué par Verdun, les deux seules propositions reçues ont offert des souffleuses de marque Larue et RPM Tech, soit les deux modèles prévus au premier appel d'offres. « Ce qui me rassure avec tout ça, c'est [...] la vigilance de l'inspecteur général, qui a vu que quelque chose accrochait », a indiqué M. Parenteau.

En limitant le nombre de modèles, Verdun disait vouloir « réduire et contrôler l'inventaire des pièces de remplacement, les besoins en formation des mécaniciens et des opérateurs ». Le rapport souligne que l'arrondissement possède aujourd'hui des souffleuses de quatre marques différentes (Sicard, Vohl, Blanchette et Larue).

Verdun n'est pas le seul à procéder de cette façon. Percé, en Gaspésie, a lancé un appel d'offres sur invitation pour la « fourniture d'un souffleur usagé de marque Larue », indique le système électronique des appels d'offres. Un contrat de 109 000$ a été octroyé le 9 octobre dernier.

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