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Les chefs de police craignent un autre printemps érable

Les chefs de police s'interrogent sur l'ampleur que... (Photo: Sarah Mongeau-Birkett, La Presse)

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Les chefs de police s'interrogent sur l'ampleur que prendra le mouvement de contestation du projet de loi 3, qui a donné lieu à une manifestation mouvementée à l'hôtel de ville de Montréal, le 18 août.

Photo: Sarah Mongeau-Birkett, La Presse

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Dans un mémoire resté secret, les chefs de police du Québec mettent en garde le gouvernement Couillard contre les risques d'une détérioration du climat social... et craignent un autre printemps érable.

Dans des commentaires écrits adressés directement au ministre Pierre Moreau ainsi qu'aux autres membres de la Commission de l'aménagement du territoire, que La Presse a obtenus, l'Association des directeurs de police du Québec (ADPQ) s'inquiète de la réaction de ses troupes policières, qui s'opposent au projet de loi 3 sur les régimes de retraite. Le regroupement demande au gouvernement d'agir et d'être plus flexible dans ses négociations pour «calmer le jeu».

«L'expérience du printemps érable de 2012 est encore fraîche à nos mémoires. Comme dirigeants policiers, nous avons pu compter sur la présence et le professionnalisme de nos troupes. Qu'en sera-t-il dans ce cas-ci? Jusqu'où les choses vont-elles aller?», se demande l'ADPQ.

«Si le passé est souvent garant de l'avenir, nous avons vu, il y a quelques décennies, des manifestations de fonctionnaires dégénérer gravement. Nous sommes inquiets de voir surgir une telle situation et espérons que les choses n'iront pas jusque-là», écrit l'Association.

L'ADPQ représente l'ensemble des dirigeants policiers du Québec, dont ceux des 29 corps de police municipaux, de la division Québec de la Gendarmerie royale du Canada, du Service de police de la Ville de Montréal et de la Sûreté du Québec.

Le regroupement ajoute dans ses commentaires que le projet de loi 3 semble interprété jusqu'à maintenant comme une invitation à la confrontation. «L'émotivité n'est pas encore à son comble et on peut s'attendre à des débordements sociaux d'importance.»

Les chefs de police se questionnent aussi sur l'ampleur que prendra le mouvement de contestation, dans la mesure où le gouvernement déciderait d'étendre les réformes des fonds de pension aux autres employés de la fonction publique. «Pour le moment, seul le monde municipal est concerné, mais tout observateur éclairé trouverait totalement inéquitable que les fonctionnaires «provinciaux» de toute nature ne voient pas, eux aussi, un projet de loi ayant des objectifs similaires. À quoi pouvons-nous alors nous attendre?», écrit l'organisation.

Selon les dirigeants des corps de police, le projet de loi 3 «enflamme l'émotivité, il insécurise, il menace, il remet en question les processus de négociations légitimes et attire la riposte».

Les dirigeants policiers affirment que le projet de loi 3 créera des problèmes d'ordre organisationnel - tout comme leurs collègues cadres pompiers, comme La Presse l'a rapporté la semaine dernière. Selon eux, le projet de loi créera des relations de travail tendues et il sera plus difficile de recruter des cadres. L'organisation indique que le projet de loi 3 pourrait pousser de bons candidats à ne pas soumettre leur candidature aux postes de cadre pour des raisons financières. L'APDQ s'attend à «un phénomène d'absentéisme inévitable».

L'association fait aussi part aux élus de la pression «énorme» exercée actuellement par les syndiqués sur leurs homologues cadres. Ces cadres anticipent même de «plus graves conséquences sur leur propre situation», sans les préciser.

Des commentaires secrets

Contrairement à la plupart des regroupements, l'ADPQ ne souhaitait pas rendre publique sa position sur le projet de loi 3. Le regroupement a décidé en conseil d'administration de pas diffuser publiquement ses commentaires, obtenus par La Presse. Toutefois, la page couverture du document de six pages indique que le document s'adresse à la Commission parlementaire du gouvernement du Québec, qui a l'habitude de rendre publics les documents qu'elle reçoit.

Questionné à ce sujet, un représentant de la Commission de l'aménagement du territoire nous a indiqué que le document en question a été envoyé à l'attention des membres de la Commission et qu'il n'était pas destiné à être rendu public.

Au cabinet du ministre Moreau, on refuse de confirmer l'existence même de ce document. L'attaché de presse du ministre des Affaires municipales nous a fait savoir que ce dernier ne commentait pas les documents reçus ou non par certaines organisations.

-Avec la collaboration de Serge Laplante




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