Des chauffeurs d'autobus réclament une loi contre les cyclistes

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Le Service de police de la Ville de Montréal a confirmé à La Presse qu'il se montre indulgent envers les cyclistes qui utilisent les voies réservées aux autobus en raison d'une certaine «confusion» autour de la loi.

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Exaspérés par la présence de cyclistes dans les voies réservées, des chauffeurs d'autobus de Montréal dénoncent dans une pétition « l'inaction » des policiers et réclament une loi qui interdirait clairement aux vélos de rouler, pendant les heures de pointe, dans les voies réservées aux autobus.

La chauffeuse Jency Mercier, qui travaille à la Société de transport de Montréal (STM), est à l'origine de cette pétition. Une première version, qui compte 122 noms, a été déposée à l'Assemblée nationale en juin dernier, mais une deuxième version a circulé tout l'été et compte «plusieurs centaines» de signatures, selon Mme Mercier. Celle-ci s'inquiète autant pour la sécurité des cyclistes que pour les passagers des autobus.

«Tout le monde fait n'importe quoi dans les voies réservées, explique-t-elle. [...] Et c'est un irritant que les policiers ne fassent rien.»

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a effectivement confirmé à La Presse qu'il se montre indulgent envers les cyclistes qui circulent dans les voies réservées aux autobus en raison d'une certaine «confusion».

«Il n'est pas permis pour les cyclistes de circuler dans la voie réservée à Montréal, explique Nathalie Valois, responsable de la sécurité à vélo au SPVM. Mais en même temps, le Code de la sécurité routière oblige les cyclistes à rouler à l'extrême droite de la chaussée. Alors, parfois, ça adonne que c'est la voie réservée.»

Le SPVM ne donne donc pas systématiquement de contravention de 42 $ pour non-respect de la signalisation. Mais la seule solution pour éviter de commettre une infraction est de rouler dans une autre rue, indique Mme Valois. Ainsi, le cycliste qui s'aventure dans une voie réservée n'est pas assuré de pouvoir bénéficier de la clémence d'un policier.

«Il nous arrive parfois, à la demande de la STM, de faire des opérations dans certains secteurs... Tout dépend du contexte et de la réceptivité du cycliste. Si on lui demande de changer de rue et il refuse, il risque d'avoir une contravention, explique Mme Valois. Mais on ne veut pas d'une application rigoureuse [du règlement].»

Chauffeurs inquiets

Les chauffeurs d'autobus espèrent que le ministre des Transports Robert Poëti répondra à leur préoccupation, d'autant que la STM compte augmenter significativement son réseau de voies réservées.

Déjà, un projet-pilote de voie réservée aux bus, taxis et vélos dans la rue Viau a été mis en place le 11 août dernier. Selon Mme Mercier, plusieurs chauffeurs craignent que ce projet n'ouvre la porte à une autorisation complète dans toutes les voies réservées.

La porte-parole de la STM, Isabelle Tremblay, a réitéré à La Presse que la société continuera de miser sur la cohabitation entre les bus, les vélos et les taxis, ainsi que sur la sensibilisation. Elle est d'avis que la pétition de Mme Mercier n'est qu'une action ciblée qui ne représente pas l'avis de l'ensemble des chauffeurs.

Le Syndicat des chauffeurs d'autobus de la STM n'a pas rappelé La Presse. Par contre, le Conseil provincial du secteur du transport terrestre au Québec (CPSTT), qui regroupe notamment des chauffeurs d'autobus de Montréal, Longueuil, Laval, Trois-Rivières, Sherbrooke et Saguenay, confirme que les chauffeurs sont très préoccupés et craignent même que la refonte prochaine du Code de la sécurité routière autorise les vélos dans les voies réservées aux autobus.

«Si les cyclistes sont acceptés sur les voies réservées, le mot d'ordre du syndicat sera que les autobus ne roulent plus sur les voies réservées, affirme Richard Ouimet, président du CPSTT. Ce n'est pas vrai que les cyclistes vont rouler dans les voies réservées. Ça n'a aucun bon sens, c'est dangereux.»

De son côté, le ministre des Transports Robert Poëti affirme qu'il est prématuré, à cette étape-ci, de s'avancer quant aux modifications qui seront apportées au Code de la sécurité routière. Le groupe de travail chargé de faire des recommandations au ministre s'est réuni pour la première fois en juillet et fera ses suggestions pour améliorer la sécurité des cyclistes à l'automne.

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