Manifestation contre la charte des valeurs prévue samedi à Montréal

Le porte-parole du Collectif québécois contre l'islamophobie, Adil... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Le porte-parole du Collectif québécois contre l'islamophobie, Adil Charkaoui.

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Une première manifestation contre la charte des valeurs québécoises aura lieu samedi à Montréal. Le Collectif Québécois contre l'Islamophobie qui organise l'événement attend 20 000 personnes et espère se faire entendre en frappant, non pas de la casserole, mais bien du couscoussier.

Selon Adil Charkaoui, porte-parole du Collectif, cette première manifestation est le début d'une série d'actions qui seront déployées pour contrer l'adoption de la charte du gouvernement parti québécois.

«Les propositions de Bernard Drainville [ministre des Institutions démocratiques] sont une nouvelle forme de dictature laïque», a affirmé M. Charkaoui accompagné notamment de Salam El Menyawi et Hajar Jerroumi du Conseil musulman de Montréal.

Des Musulmans, mais aussi des membres de la communauté sikhe ainsi que des autochtones d'Idle no more Québec prendront part à la marche. MM. Charkaoui a aussi invité tous les Québécois «de souches» à se joindre au mouvement.

Le groupe partira du parc Émilie Gamelin et se dirigera ensuite vers la Place du Canada. Le trajet est symbolique puisque si la charte est adoptée, plusieurs personnes pourraient quitter le Québec pour une autre province canadienne, croit M. Charkaoui.

«Ce n'est pas une communauté, c'est tout le Québec qui va marcher et on ne va pas être avec des casseroles Mme Marois, on va venir avec des couscoussières!»

Adil Charkaoui
Président du Collectif contre l'Islamophobie

«Advenant le pire, si Mme Marois venait imposer une dictature laïque [...] on ne devrait pas exclure la possibilité d'aller ailleurs», a-t-il dit avant d'ajouter que des Maghrébins apprennent maintenant l'anglais dans cette perspective. «Mme Marois est en train d'angliciser les Maghrébins qui sont francophones de coeur».

Singh Mangiit de la communauté sikh tente à son tour de mobiliser les siens pour l'événement. «L'Inde aussi était une colonie de la Grande-Bretagne alors on peut comprendre le besoin de défendre sa langue et son identité... mais empêcher des personnes de pratiquer leur religion...c'est très grave», a-t-il souligné

Outre des manifestations, M. Charkaoui a évoqué des contestations devant les tribunaux. D'éventuelles élections seront aussi l'occasion pour certains de manifester leur désaccord par rapport aux idées péquistes. «Le Parti Québécois n'est plus un parti de gauche, mais un parti nationaliste de droite».

Les Juifs absents

Même si des membres de la communauté juive ont déjà critiqué le projet de charte, ils seront absents ce samedi en raison du sabbat et de la fête du Yom Kippour. «Quand on organise une activité un jour très important pour les juifs... c'est quasi impossible qu'on aille d'autant plus qu'on n'a pas reçu d'invitation», a affirmé à La Presse Luciano G. Del Negro, Vice-président du Centre consultatif des relations juives et israéliennes. M. Charkaoui dit avoir contacté le groupe Voix juives indépendantes et a assuré que l'événement ne visait pas à exclure la communauté juive. La mobilisation s'étant organisée rapidement, une simple méprise est à l'origine de cette situation, assure-t-il.

Les valeurs des autres

Des autochtones ont à leur tour dénoncé la charte des valeurs québécoises, hier. «Cérémonie, danses, chants, signes religieux et spirituels ont été interdits par ce même genre de politique colonialiste», a déclaré Melissa Mollen Dupuis, porte-parole d'Idle no more Québec. Le groupe se dit déçu que les valeurs de la charte ne fassent aucune mention de l'héritage autochtone. «Je ne peux pas penser que cette charte représente nos valeurs. Elle représente les valeurs de quelqu'un d'autre, mais pas des Premières nations. On ignore les premières nations, on a des valeurs qui sont à la base de la société québécoise comme l'entraide et d'accueil».

Qui est Adil Charkaoui ?

M. Charkaoui a été arrêté en avril 2003 en vertu d'un certificat de sécurité. Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) le soupçonnait d'être un agent dormant d'Al-Qaïda. Il avait été incarcéré 21 mois avant d'être remis en liberté. Il a été libéré de ces contraintes en 2009 à la suite de l'annulation de son certificat de sécurité par la Cour fédérale. Il réclame maintenant 26 millions au gouvernement pour tous les dommages subis.

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