Les évincés des lofts Moreau expulsés de leur campement

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Ces lofts sont situés dans un grand bâtiment industriel au 2019, rue Moreau.

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Malgré leur vive opposition, des manifestants contre l'embourgeoisement d'Hochelaga- Maisonneuve ont été évincés de leur campement hier matin. Il s'agit de résidants - ou de leurs sympathisants - des lofts d'artistes Moreau, dans la rue du même nom, qui ont été sommés par les autorités municipales de quitter l'immeuble jugé dangereux pour ses occupants en raison de sa vétusté. Aussi, certains n'avaient pas le droit d'y demeurer en vertu du zonage commercial du site. Quatre mots pour comprendre.

> Éviction

Début juin, les résidants des lofts situés au 2019, rue Moreau ont reçu un avis de l'arrondissement sommant ceux qui ne détenaient pas de certificat d'occupation commerciale de quitter l'immeuble avant le 3 septembre. Puisque les lofts sont zonés commerciaux, il est interdit d'en occuper plus du tiers à des fins résidentielles, ce qui était pourtant le cas de plusieurs. Aussi, la vétusté du grand bâtiment, un ascenseur inopérant, des sorties de secours bloquées et des problèmes de fuite d'eau font que l'ancienne usine porte «atteinte à la santé ou à la sécurité des résidants ou du public», selon l'arrondissement.

> Revendications

Une résistance s'est organisée et depuis le week-end dernier, un groupe de résidants et leurs sympathisants campaient sur le terrain adjacent aux lofts et qui appartient au même propriétaire, Vito Papasodaro. Les manifestants affirment qu'il a laissé dépérir les lofts depuis près de 10 ans et qu'il bénéficiera de l'éviction de leurs occupants. Ils accusent également l'administration municipale d'avoir laissé le propriétaire, un contributeur des deux principaux partis politiques municipaux, agir à sa guise. Ils réclament en outre la transformation des lofts en coopérative pour artistes et en logements sociaux, ainsi que la construction de nombreux logements sociaux dans Hochelaga-Maisonneuve.

> Propriétaire

Vito Papasodaro possède plusieurs immeubles à Montréal. Le plus important étant l'ancienne usine Grover, rue Parthenais, qui était autrefois, comme les lofts Moreau, des résidences d'artistes à prix modiques. L'usine a été rénovée à grands frais et a conservé sa vocation résidentielle, moyennant une nette augmentation des loyers. Il possède aussi deux grands immeubles à logements dans Montréal-Nord, en bon état mais avec une piscine laissée à l'abandon dans laquelle pousse la végétation et s'accumulent les déchets. Il a aussi mis en vente une ancienne résidence pour personnes âgées désaffectée du boulevard Henri-Bourassa pour 2,8 millions alors qu'elle est évaluée à un peu moins de 2 millions.

> Restructuration

Vito Papasodaro nie avoir laissé dépérir les lofts et voulu tirer avantage de l'éviction. Mais il admet qu'il souhaite voir partir certains locataires. «C'est à la Ville de faire appliquer ses règlements, je n'ai rien à voir là-dedans. Il y a des changements à venir. Je vais structurer la bâtisse, changer les fenêtres, réparer la brique, nettoyer les murs, et choisir un peu mieux les locataires. Il y en a qui sont spéciaux. Je veux une qualité de locataires. Ces gens ne pourront plus faire comme dans leurs habitudes et écrire sur les murs. Il va y avoir un gardien de sécurité. Au fur et à mesure ils vont partir», a-t-il affirmé à La Presse il y a quelques semaines.

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