Parcomètres répulsifs dans le Plateau-Mont-Royal

Étude à l'appui, la Société de développement de... (Photo Ivanoh Demers, archives La Presse)

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Étude à l'appui, la Société de développement de l'avenue du Mont-Royal (SDAMR) a évalué que la hausse du prix des parcomètres a provoqué une baisse de fréquentation de 17% entre 2010 et 2012.

Photo Ivanoh Demers, archives La Presse

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Aux prises avec une chute brutale de leurs ventes, des commerçants de l'avenue du Mont-Royal critiquent les politiques de l'administration Ferrandez, qui auraient eu un effet «désastreux».

Faux, réplique le maire Luc Ferrandez, qui conteste la validité des chiffres. Il estime en outre que le bilan de santé de cette artère commerciale est loin d'être catastrophique.

Étude à l'appui, la Société de développement de l'avenue du Mont-Royal (SDAMR) a évalué que la hausse du prix des parcomètres a provoqué une baisse de fréquentation de 17% entre 2010 et 2012. Pendant la même période, le chiffre d'affaires des commerçants a baissé de 11%, tandis qu'il augmentait de 2,8% ailleurs au Québec. Enfin, le taux d'innoccupation des locaux a presque doublé, passant de 4,9% à 8,6%, selon les données de la Ville.

Les constats sur les parcomètres ont été compilés par une firme indépendante, le Groupe Altus, à partir des données fournies par Stationnement de Montréal. «Si on avait 17% de baisse d'achalandage dans n'importe quel centre commercial en banlieue, ça serait catastrophique», a commenté en point de presse hier Jean-François Grenier, directeur principal de Groupe Altus.

Une image malmenée

Après deux décennies de prospérité, qui ont vu les chiffres d'affaires augmenter jusqu'à 20% par année, on estime que le déclin a commencé en 2011. Dans les documents explicatifs remis en conférence de presse, on reconnaît que le ralentissement économique global a pu être une des causes.

Mais voilà, l'avenue du Mont-Royal semble avoir été plus durement frappée que les autres artères commerciales, estime Bertrand Hubert, porte-parole de la Société de développement de l'avenue du Mont-Royal. Il met directement en cause les politiques du maire Ferrandez implantées depuis 2010, au premier chef la hausse des tarifs des parcomètres, qui sont passés de 2$ à 3$. Les problèmes d'accessibilité, notamment causés par les changements de sens de la circulation, auraient en outre donné une image négative du Plateau.

Quelques chiffres

53% à 39%
La proportion de clientèle provenant de l'extérieur de l'arrondissement était de 53% en 2009. Elle a chuté à 39% en 2012.
4,9% à 8,6%
Le taux d'inoccupation des locaux commerciaux a presque doublé entre 2009 et 2012.

«Les écarts sont trop importants pour être anodins, dit M. Hubert. On parle aux clients, on est aux premières loges, on voit bien ce qui les embête.»

Son organisme profite de la campagne électorale pour demander aux candidats à la mairie de redresser la barre sur le Plateau. On exige notamment de «rétablir l'accessibilité» en remettant l'avenue Christophe-Colomb en direction sud, et en redorant l'image du Plateau, «malmenée depuis quatre ans».

Pas de déclin

En entrevue à La Presse, le maire Luc Ferrandez a d'abord déploré cette nouvelle sortie de la SDAMR. «Il y a plein de beaux commerces qui viennent d'ouvrir, ils ne sont pas contents devant ce genre de conférence de presse. Ce n'est pas ça qui améliore l'image du Plateau.»

Sur les statistiques utilisées pour calculer la baisse d'achalandage, il apporte une nuance importante: beaucoup de parcomètres sont considérés comme inutilisés parce que des terrasses empiètent sur les stationnements. «Et il y a eu aussi des travaux qui peuvent expliquer qu'il y ait moins d'utilisation des parcomètres», estime-t-il.

Sur l'état de santé de l'avenue du Mont-Royal, il se montre nuancé. Est-elle en déclin?

«Non. Le commerce de première nécessité, ça boume. Les restaurants vont très bien, les bars aussi. Il y a des commerces de destination qui vont bien, d'autres qui vont moins bien.» Il reconnaît que de nombreux locaux, surtout aux niveaux supérieurs des édifices, sont inoccupés. «C'est lié au coût terrible du loyer», estime-t-il.

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