Centre-ville: des commerçants inquiets et exaspérés

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Au lendemain du meurtre sans raison apparente d'une sexagénaire dans le centre-ville de Montréal, des commerçants se disent inquiets et exaspérés par la violence et la consommation de drogue qui ravagent leur quartier.

Une femme d'origine asiatique de 67 ans aurait été victime d'une attaque sordide lundi vers 0 h 20, alors qu'elle marchait sur le boulevard Saint-Laurent, près de la rue Sainte-Catherine, selon le SPVM.

Peu avant le drame, un homme âgé de 38 ans aurait été expulsé du bar de danseuses Kingdom Gentlemen's Club en raison de son agressivité. Le suspect s'en serait alors pris sans raison à la sexagénaire qui passait par là, lui assénant des coups de poing et de pied. Le suspect l'aurait frappée au haut du corps et à la tête, après qu'elle fut tombée au sol. Une personne venue lui porter secours a pu mettre fin à l'agression, mais la victime a succombé à ses blessures quelques heures plus tard, vers 4h, après avoir été transportée à l'hôpital.

Des témoins ont alerté des policiers qui se trouvaient tout près des lieux. Ces derniers ont ainsi pu arrêter le suspect qui serait connu du milieu policier, notamment pour une affaire de conduite avec facultés affaiblies.

Albert Auclair, le propriétaire du Bar Midway situé à quelques mètres des lieux de l'agression, a eu vent du drame lundi matin, alors qu'il s'apprêtait à quitter son établissement. «J'ai vu plusieurs voitures de police arriver sur les lieux», explique-t-il. «Je suis allé voir ce qui se passait, et j'ai discuté avec le portier du Café Cléopâtre qui avait refusé l'accès à un homme agressif un peu plus tôt en soirée», ajoute-t-il. Au Café Cléopâtre, on confirme qu'on a empêché de faire entrer un homme agressif peu de temps avant que survienne cet incident. Impossible toutefois pour l'heure de confirmer s'il s'agissait ou non du suspect en question.

Selon des témoins, le suspect était très agressif et aurait pu être sous l'effet de drogue. Le SPVM n'était toutefois pas en mesure de confirmer si l'homme avait consommé ou non de la drogue ou de l'alcool au moment du drame. Cela dit, un constat s'impose: comme plusieurs de ses voisins, Albert Auclair déplore le problème de consommation de drogue dans le quartier. «Il y a souvent des bagarres, il y en a eu une autre tout près, il y a quelques jours à peine», soutient-il. Selon lui, ces conflits sont principalement liés à la vente et à la consommation de stupéfiants, notamment de crack. «Le fameux problème de crack, on en a jusque-là", dénonce-t-il. Ce même constat a été fait par différents employés de restaurants et de salles de spectacles du quartier qui s'inquiètent de la violence découlant notamment du trafic de drogue dans les environs.

Procédure «suivie à la lettre»

Au bar Kingdom Gentlemen's Club, d'où l'homme a été expulsé peu avant le drame, les employés refusent de formuler tout commentaire tant et aussi longtemps qu'une enquête est en cours. Ces derniers assurent toutefois que «la procédure a été respectée à la lettre» et s'adresseront aux médias «dès que l'enquête sera terminée».

Quant à savoir si les portiers ont une responsabilité lorsqu'ils procèdent à l'expulsion d'un individu agressif, par exemple s'ils doivent automatiquement faire appel aux services policiers, Daniel Lacoursière, porte-parole du SPVM, affirme qu'il est très difficile pour le personnel d'un bar d'évaluer avec précision le potentiel de risque qui suivra l'expulsion d'un client. «Chaque intervention est tellement différente, on ne peut pas demander aux portiers de prévoir les réactions des individus lorsqu'ils se retrouveront à l'extérieur de leur établissement», affirme-t-il.

Appel au public

Le SPVM poursuit son enquête et compte visionner l'ensemble des images qui auraient pu être captées par des caméras de surveillance au moment du drame.

Le SPVM lance également un appel au public, de même qu'à d'autres victimes qui auraient pu être agressées par le suspect. «On fait un appel aux gens, aux personnes qui ont vu ou filmé des choses, de même qu'à d'autres victimes qui auraient pu être frappées par ce même individu», explique le porte-parole du SPVM. Toute personne détenant des informations concernant ces événements peuvent se rendre à leur poste de quartier ou encore téléphoner à Info-Crime, au 514 393-1133.

Le suspect dans cette affaire devrait comparaitre mardi au palais de Justice de Montréal. Au moment d'écrire ces lignes, le SPVM n'était toutefois pas en mesure de confirmer la nature exacte des accusations auxquelles ce dernier pourrait faire face. Il s'agit du 16e homicide à survenir sur le territoire du SPVM depuis le début de l'année.

Selon les dernières statistiques disponibles, on observerait une baisse générale de la criminalité à Montréal. En 2012, les Montréalais ont rapporté à la police 5 % moins de crimes en tout genre comparativement à l'année précédente. Il y a eu au total 35 homicides à Montréal en 2012, soit un nombre identique à celui enregistré en 2011. Le nombre d'homicides commis en 2012 est toutefois inférieur aux moyennes consignées à Montréal depuis 10 ans, qui s'élève à 38. On estime par ailleurs qu'en 2012, plus de la moitié des meurtres survenus à Montréal étaient liés au crime organisé. Enfin, le SPVM confirme que les meurtres gratuits, comme celui qui est survenu dans la nuit de dimanche à hier, demeurent rares sur le territoire montréalais. " C'est certain qu'un événement horrible comme celui-là frappe l'imaginaire, souligne-t-on au SPVM. Mais dès qu'un crime comme celui-là arrive, c'est toujours un de trop. »

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