Le maire de Laval nie avoir reçu des services sexuels et reste en poste

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(Laval) Le maire intérimaire de Laval, Alexandre Duplessis, refuse de démissionner après avoir été impliqué dans un scandale avec une escorte. Lors d'un bref point de presse ce matin, il a assuré ne jamais avoir reçu de services sexuels, mais confirme avoir porté plainte contre une tentative d'extorsion.

«Je n'ai jamais rien reçu à caractère sexuel», a martelé le maire Duplessis. Mais questionné pour savoir s'il avait bel et bien appelé une agence d'escorte pour avoir les services d'une femme, il s'est borné à répéter : «Je n'ai jamais rien reçu à caractère sexuel.»

Le porte-parole de M. Duplessis a par ailleurs confirmé peu avant midi que les élus municipaux ont été convoqués pour un caucus spécial à 16 h aujourd'hui. Il n'a pas précisé le sujet de la rencontre.

En entrevue avec Claude Poirier, sur les ondes de LCN, la propriétaire de l'agence d'escorte a affirmé que les policiers ont en main 110 messages téléphoniques (textos) confirmant que le maire a sollicité les services de son entreprise.

La propriétaire, dont l'identité n'a pas été dévoilée, a affirmé que le maire a envoyé un message à 17h43, le 14 juin, pour demander «de la jolie compagnie». Il aurait exigé des photos de l'escorte et, satisfait, aurait expliqué  le chemin pour se rendre à son chalet, près de Sainte-Agathe. Dans ses messages, l'homme de 42 ans aurait précisé qu'il comptait porter des sous-vêtements féminins et boire du vin blanc.

La femme et sa chauffeuse auraient toutefois eu des difficultés à trouver l'endroit, tournant en rond pendant 2 heures. Le maire leur aurait alors donné rendez-vous à l'église du petit village de Lantier, d'où il aurait conduit l'escorte à sa propriété.

La propriétaire dit être bien au fait de l'histoire puisqu'elle a dû se rendre dans les Laurentides durant la soirée pour aller chercher son employée, la première chauffeuse ayant éprouvé des problèmes de voiture. L'escorte lui aurait alors relaté la soirée avec Alexandre Duplessis. Les deux auraient passé une heure à essayer des robes. «Il voulait passer une soirée entre copines», a expliqué la propriétaire à Claude Poirier.

Sur le chemin du retour, la propriétaire dit avoir envoyé un message au maire pour obtenir un dédommagement quand son employée a affirmé ne pas avoir été payée. Elle dit avoir abandonné après avoir appris que la police se mêlait du dossier.

Plainte à la police

Dans le point de presse de trois minutes, Alexandre Duplessis a confirmé avoir porté plainte contre deux femmes, mais a dit ignorer qui elles étaient. «Je ne connais pas les noms de ces personnes.»

Le maire intérimaire assure que le fait que cette histoire sorte alors qu'il est au coeur de l'actualité depuis deux mois est un simple «concours de circonstances».

«Il y a quelques semaines, j'ai reçu un message plus insidieux qui me visait personnellement sur des allégations et j'ai contacté immédiatement les services policiers. Ça fait partie du travail d'une personne publique. Il y a eu enquête et arrestation. Je n'ai jamais rien reçu à caractère sexuel. Des gens ont tenté de faire de l'extorsion envers moi», a-t-il déclaré.  

Questionné pour savoir s'il avait fait preuve d'un manque de jugement en faisant appel à une agence d'escorte, celui-ci a rétorqué être «une personne publique, je suis interpellé dans plein de situations. Ça fait partie du travail d'une personne publique d'être à l'écoute des gens.» 

Selon nos informations, l'incident se serait déroulé le 14 juin alors que la commission Charbonneau était à étayer le stratagème de prête-noms à Laval et qu'un témoin venait de remettre 720 000$ collectés grâce au système du 2%.

Les deux femmes ont été arrêtées, mais les policiers doivent déterminer si elles tentaient d'extorquer le maire ou simplement d'obtenir paiement après avoir été remerciées avant de porter des accusations. 

Sur la sellette depuis des mois, Alexandre Duplessis n'en est pas à son premier scandale. Un ancien dirigeant du parti de l'ex-maire Gilles Vaillancourt a affirmé devant la commission Charbonneau qu'Alexandre Duplessis avait servi de prête-nom pour le financement illégal de la formation. Cinq conseillers municipaux ont confirmé la pratique à l'enquête publique.

Duplessis conteste également une amende que lui a remise un policier disant l'avoir surpris avec un détecteur de radar dans son véhicule, un appareil interdit d'utilisation.

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Déclaration d'Alexandre Duplessis: 

«Les derniers mois ont été, pour moi et mes collègues de Laval, très médiatisés. J'ai reçu dans les dernières semaines des messages haineux, des messages insidieux, certaines menaces. Je ne suis pas le seul, d'autres élus ont reçu ce type de messages.

Il y a quelques semaines, j'ai reçu un message plus insidieux qui me visait personnellement sur des allégations et j'ai contacté immédiatement les services policiers. Ça fait partie du travail d'une personne publique. Il y a eu enquête et arrestation. Je n'ai jamais rien reçu à caractère sexuel. Des gens ont tenté de faire de l'extorsion envers moi. 

L'enquête est toujours en cours à la Sûreté du Québec.

Je ne commenterai pas tout ce qui a été dit dans les médias hier. Bien sûr, je continuerai ma tâche de maire au service des citoyens, je ne démissionnerai pas sur la seule menace d'extorsion.»

-Avec Vincent Larouche

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