Eau potable: Harel dénonce la «confusion»

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Une alerte donnée trois heures après les premiers indices de contamination, un réservoir supposément sous haute surveillance qui se vide, bref un scénario de «confusion» qui a mené à un avis d'ébullition d'une ampleur inégalée à Montréal.

C'est ainsi que la chef de Vision Montréal, Louise Harel, a présenté le fil des événements qui privent les Montréalais d'eau potable depuis plus de 24 h. En entrevue à La Presse, elle a déclaré que plusieurs services de la Ville, au premier chef la Sécurité civile et le Service de l'eau, «vont devoir s'expliquer».

Première révélation inquiétante : selon les informations communiquées à Mme Harel, qu'il n'a pas été possible de confirmer auprès de la Ville, le réservoir de l'usine Atwater se serait complètement vidé. Le niveau minimal a toujours été maintenu au tiers, précise la chef de Vision Montréal. C'est ainsi que les sédiments accumulés dans le réservoir principal depuis des décennies se sont mêlés à l'eau.

«Il y a pourtant une veille de 24 h sur 24 sur ce réservoir, la surveillance se fait sur écran. Ce qu'il est légitime de questionner, c'est : comment se fait-il que la veille a failli? C'est une question incontournable. Comme le réservoir a pu se vider sans qu'on se rende compte?»

Si la veille avait été faite de façon efficace, soutient-elle, il aurait été possible de fermer les connexions entre les deux usines principales de Montréal, Des Baillets et Atwater. C'est d'ailleurs ce qui a été fait hier en fin de matinée, mais seulement après que l'eau contaminée provenant de l'usine Atwater ait atteint une grande partie du réseau.

«Avec une veille attentive, il aurait été possible de s'apercevoir qu'il y avait un problème et de fermer l'interconnexion, souligne Mme Harel. On aurait pu s'assurer que l'eau de Des Baillets ne soit pas contaminée.»

Sécurité civile trop lente

Toujours selon les informations qui ont été transmises à la chef du plus important groupe de conseillers à l'hôtel de ville, les activités de pompage ont été interrompues à 6 h 30 hier matin à l'usine Atwater. Le premier avis d'ébullition concernant les deux arrondissements voisins du Sud-Ouest et de Verdun n'a pourtant été émis que trois heures plus tard. Il a fallu attendre une autre heure pour que l'avis soit étendu à une large partie de la métropole, essentiellement tout le secteur au sud de l'autoroute métropolitaine.

Dans ce dernier cas, c'est la lenteur de la Sécurité civile que dénonce Louise Harel. «Le département dispose d'un service d'alerte à la communauté, il n'a pas été utilisé. Il y a eu une confusion, ils vont avoir à s'expliquer là-dessus, c'est sûr. On se croise les doigts que rien de dramatique ne soit survenu. Il faut que la Sécurité civile vienne s'expliquer sur ses plans B, lorsqu'il y a un problème d'eau.»

La Ville refuse de spéculer

À la Ville, on refuse de spéculer sur les raisons qui ont causé cet incident à l'usine Atwater. «L'information que j'ai, c'est que le réservoir se serait vidé à un niveau trop bas, indique la porte-parole Valérie De Gagné. Il y a présentement une enquête pour comprendre comment c'est arrivé. On veut s'assurer que ça ne se reproduira plus jamais.»

L'usine Atwater est présentement «100 % fonctionnelle», précise-t-elle, et les Montréalais n'ont pas à craindre de manquer d'eau. La seule question en suspens, c'est l'importance de la présence de bactéries dans l'eau après cet épisode. On s'attend à ce que les résultats des tests soient connus en fin de soirée aujourd'hui.

Un point de presse de la Ville, donné par le responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Christian G. Dubois, a par ailleurs été annoncé en milieu d'après-midi.

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