Une église d'Hochelaga-Maisonneuve pourrait renaître

L'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus pourrait être la première église... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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L'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus pourrait être la première église au Québec à redevenir un lieu de culte après avoir fermé ses portes.

Photo: Robert Skinner, La Presse

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Une église qui ferme? Banal. Une église qui rouvre après avoir été fermée? Plus rare.

C'est pourtant ce qui pourrait arriver à l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Selon ce que La Presse a appris, l'archevêché de Montréal songerait à restaurer le bâtiment, qui n'était plus en service depuis 2009, pour lui redonner sa fonction de lieu de culte. Construite entre 1903 et 1906, l'église est notamment reconnue pour son orgue Casavant, l'un des rares de cette envergure Montréal.

«On envisage sérieusement de rouvrir l'église. C'est effectivement notre intention, confirme Roger Dufresne, curé de la paroisse. Quand et comment cela se fera-t-il? Il n'y a rien de précis encore.»

À l'heure où l'Église catholique tire le diable par la queue, la nouvelle a de quoi surprendre. Selon les études réalisées par le Comité de sauvegarde de l'église, qui convoitait le bâtiment pour en faire un complexe culturel, la réfection coûterait autour de 10 millions. Bien que l'orgue soit encore en état, les lieux ont souffert de leur sous-utilisation. L'un des deux clochers est très en mal en point et les fresques de l'artiste Toussaint-Xénophon Renaud ont commencé à s'effriter.

En redevenant un lieu de culte, l'église Très-Saint-Nom-de-Jésus pourrait toutefois bénéficier d'importantes subventions du Conseil du patrimoine religieux du Québec. «On ne pourra pas payer demain matin, mais si on regarde bien, il y a des perspectives», observe M. Dufresne, en ajoutant qu'il y a encore «beaucoup de détails à préciser».

Ce serait, sauf erreur, la première fois qu'une église ressuscite ainsi. Or, il faudra voir si cette décision tient la route. Les quatre églises de la paroisse Saint-Nom-de-Jésus ont été fermées faute de membres. Deux d'entre elles ont été vendues; pour les deux autres, on attend de voir. Il ne reste actuellement que 150 paroissiens, et les messes se donnent dans le sous-sol de l'église Saint-Barnabé. M. Dufresne est convaincu qu'avec une «animation» adéquate, la paroisse pourrait connaître un «nouveau souffle».

Un autre projet

Si la communauté catholique a de quoi se réjouir, ce n'est pas le cas du comité qui souhaitait transformer l'église en salle de concert et en centre culturel. Ce projet bien médiatisé avait reçu l'aval «verbal» du cardinal Turcotte. Mais avec le changement de garde à l'archevêché, la donne a changé. Le nouvel archevêque Christian Lépine serait en effet beaucoup moins favorable à l'écoulement du patrimoine religieux du Québec.

L'homme d'affaires Georges Coulombe, vice-président du comité, croit que les plans de l'archevêché sont «utopiques» dans le contexte religieux actuel. Selon lui, seule une association permettra au bâtiment d'atteindre son plein potentiel. «Il y a peut-être moyen de faire un projet commun», dit-il. «Ce n'est pas impossible, rétorque M. Dufresne. Mais il faudrait d'abord et surtout que l'église serve au culte.»

Ironique: l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus était encore dans la liste des 10 bâtiments menacés à Montréal dévoilée lundi dernier par Héritage Montréal. Elle figure aussi dans la liste des 10 lieux menacés d'Héritage Canada.

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