Déraillement à la Gare centrale: l'état de la voie ferrée du CN en cause

La nouvelle locomotive bimode de l'AMT n'était en... (Photo Sylvain Duval, collaboration spéciale)

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La nouvelle locomotive bimode de l'AMT n'était en service que depuis une dizaine de jours lorsqu'elle a déraillé à la Gare centrale de Montréal, le 9 décembre 2011.

Photo Sylvain Duval, collaboration spéciale

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Bruno Bisson
La Presse

Les forces latérales exercées sur les rails par les nouvelles locomotives bimodes de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), plus lourdes que les anciennes, respectent les limites de l'industrie et ne sont pas seules en cause dans le déraillement du train de banlieue de Mont-Saint-Hilaire survenu à la Gare centrale de Montréal, le 9 décembre 2011.

Selon un rapport d'enquête rendu public par le Bureau de la sécurité des transports (BST), jeudi, l'état de la voie ferrée du Canadien National (CN), dont des éléments dataient de l'époque de sa construction, en 1943, a aussi contribué à faire dérailler le train de l'AMT au moment où il entrait en gare, ce matin-là, avec 1400 passagers. Personne n'a été blessé.

L'accident a toutefois forcé l'AMT à retirer ses locomotives flambant neuves, après seulement deux semaines d'exploitation sur la ligne Mont-Saint-Hilaire. Acquises de Bombardier au coût de 223 millions, elles ont repris du service sur la ligne de Blainville/Saint-Jérôme, dont les voies appartiennent au Canadien Pacifique, l'automne dernier.

Le CN, pour sa part, n'a pas encore autorisé l'AMT à réintroduire ces locomotives sur son réseau depuis le déraillement.

Joint par La Presse, le porte-parole du CN, Louis-Antoine Paquin, a estimé jeudi que le rapport ne balaie pas tous les doutes quant aux risques de déraillement, et que le BST exprime des préoccupations qui méritent de plus amples analyses.

«Même si le rapport du BST confirme que les mesures correctrices apportées sur les locomotives par Bombardier et l'AMT réduisent ces efforts latéraux sur les rails, le CN croit encore que des investissements additionnels seront nécessaires sur l'infrastructure de voie avant d'accueillir ces locomotives», a dit M. Paquin.

L'AMT «satisfaite»

Dans un communiqué publié jeudi, l'AMT s'est dite «satisfaite» des conclusions du BST. L'organisme fédéral indépendant «soutient que la force exercée par la locomotive bimode est conforme aux normes, et comparable aux forces exercées par des locomotives utilisées par VIA Rail et Amtrak, circulant sur les mêmes voies du CN depuis plus de 10 ans».

L'AMT dit souhaiter que «le CN prenne acte du rapport, et qu'il permette rapidement l'intégration des locomotives bimodes sur les lignes de trains de banlieue Mont-Saint-Hilaire et Deux-Montagnes afin d'améliorer les services aux clients».

Dans son rapport, le BST affirme que les nouvelles locomotives ALP-45DP répondent aux normes nord-américaines, qu'elles ont passé tous les tests requis et que leur masse de 140 tonnes, 7% plus élevée que les engins précédents, ne devrait pas entraîner, à elle seule, des problèmes d'exploitation.

Le BST est toutefois préoccupé par la circulation de ces locomotives sur les voies de catégories plus basses où la vitesse est réduite, comme celles de la Gare centrale.

Selon le rapport, «il se pourrait que les voies de basse catégorie ne soient pas toujours assez résistantes pour permettre le passage sécuritaire de ces locomotives plus lourdes».

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