La Société du Havre sera démantelée

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La Société du Havre supervise depuis 2002 le réaménagement de l'autoroute Bonaventure.

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Dénoncée pour son manque de transparence, la Société du Havre, qui supervise depuis 2002 le réaménagement de l'autoroute Bonaventure, sera démantelée.

L'organisme à but non lucratif, qui a reçu plus de 30 millions en fonds publics depuis sa création, «a terminé son mandat», a annoncé cet après-midi le maire Michael Applebaum.

Les deux partis d'opposition ont salué ce démantèlement, réclamé depuis 2009 et dont ils s'attribuent la paternité.

Concrètement, la Ville de Montréal retirera à la Société du Havre de Montréal tous ses mandats en cours, d'un montant de huit millions, d'ici le 30 avril prochain. Les plans et devis de la transformation de l'autoroute Bonaventure, un important chantier de plus de 141 millions, seront confiés à des départements internes, notamment le Service des infrastructures, du transport et de l'environnement.

Pas de malversation

Le démantèlement de la Société du Havre n'est pas un désaveu de son travail depuis plus d'une décennie, a tenu à préciser le maire Applebaum en point de presse. «Le contexte a évolué. C'est par souci de transparence, pour la simplification de la gouvernance du projet Bonaventure et pour favoriser notre expertise interne que nous annonçons cela aujourd'hui.»

Rien n'indique que les dizaines de millions qu'a reçus la Société du Havre aient été mal gérés, précise-t-il. Une vérification comptable a été menée, «les livres ont été ouverts, tout est OK», dit le maire. «La SHM a été créée pour bâtir une vision, faire des partenariats, tenir des consultations. Elle a fait un travail excellent. On est arrivé à l'étape de la réalisation, c'est maintenant la Ville qui est la maîtresse d'oeuvre.»

Le «projet Bonaventure» devrait être terminé en 2015 et vise à faire de cette entrée un boulevard urbain. On veut notamment abaisser la structure au niveau du sol entre les rues De la Commune et Saint-Jacques.

Pour le maire Applebaum, la décision de se passer de la SHM n'est pas un signal qu'on compte démanteler tous les organismes mandataires avec lesquels la Ville fait affaire. «On est arrivés à cette étape dans le processus. Ce n'est pas une question de tendance, on va regarder au cas par cas.» Quant aux employés de la SHM, «certains vont être relocalisés».

D'abord Bergeron, puis quatre motions

La structure particulière de cette société, sur laquelle ne siège aucun élu, faisait en sorte qu'elle n'était pas soumise à la Loi d'accès à. Une nouvelle disposition légale permettait toutefois au vérificateur général de la Ville de consulter ses livres, ce qu'il a fait entre 2011 et 2012. Il n'a relevé aucune irrégularité.

Les deux partis d'opposition ont la SHM dans leur ligne de mire depuis belle lurette. Chronologiquement, selon les archives, c'est Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal, qui a tiré le premier la sonnette d'alarme en octobre 2009. Louise Harel, de Vision Montréal, a emboîté le pas en 2011 et déposé pas moins de quatre motions au conseil municipal pour demander la mise au rencart de cette société.

«Elle aurait dû être démantelée dès 2006, quand son rapport a été remis, dit M. Bergeron. Ils ont dilapidé l'argent des contribuables dans des conneries monumentales.» Il vise notamment le fameux corridor Dalhousie, une voie de contournement pour les autobus qui devait traverser des quartiers résidentiels près du futur boulevard. «Trois ans et 12 millions plus tard, on l'a abandonné. Vous appelez ça de la bonne gestion?» Il assure que s'il est élu maire, il se débarrassera des organismes mandataires, comme le Quartier international, la Société Angus et la Société du Parc Jean-Drapeau, «auxquels on confie les décisions les plus intéressantes et les plus stratégiques.»

Victoire citoyenne

Pour Louise Harel, c'est l'intervention de son conseiller Benoit Dorais, vice-président du comité exécutif et responsable des grands projets, qui a été déterminante dans cette victoire. Vision Montréal prévoyait d'ailleurs déposer une autre motion à ce sujet lors du conseil municipal de lundi prochain.

Mandater des organismes à l'extérieur de l'administration municipale, «ça n'a jamais été un succès, plaide Mme Harel. Regardez la Société d'habitation et de développement de Montréal, la Société de vélo en libre-service, les compteurs d'eau. Quand on sous-traite la ville, ça donne une opacité évidente.»

Pour la conseillère de l'arrondissement du Sud-Ouest Véronique Fournier, de Vision Montréal, la disparition de la Société du Havre «est une grande nouvelle pour les citoyens». Sa gestion a fait du projet Bonaventure «un grand chantier où on avait le sentiment qu'il n'y avait pas de voix citoyenne».

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