Montréal: le comité Léonard aura six mois pour remettre son rapport

Jacques Léonard... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne)

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Jacques Léonard

Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne

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La boîte à outils du maire Michael Applebaum pour lutter contre la collusion et la corruption s'est enrichie d'un nouvel élément : un comité de sages présidé par l'ex-ministre péquiste Jacques Léonard.

Composé de sept hauts fonctionnaires de la Ville de Montréal, d'un inspecteur-chef du Service de police et d'un ex-enquêteur de l'Unité permanente anticollusion, ce comité devra faire rapport avant le mois de juin. Il se penchera sur les pratiques de la Ville en matière d'adjudication des contrats, de contrôles et d'administration pour éradiquer la corruption et la collusion.

En point de presse, ce matin, le maire Applebaum s'est félicité de «l'expertise particulière et large» des membres du comité, dont certains sont directeurs des services de la Ville qui attribuent la plupart des contrats.

Il a expliqué qu'il n'y a pas d'élus dans ce comité parce que ce sont eux qui auront le dernier mot sur ses travaux. Le comité exécutif, puis le conseil municipal seront en effet mis à contribution dès l'automne pour entériner ses recommandations.

À la chasse aux «crapules»

Le ministre responsable de la métropole, Jean-François Lisée, voit dans cette annonce une façon de redorer le blason de Montréal, «pour que la ville gagne la réputation d'être une des villes les plus inhospitalières pour la corruption et la collusion.» Le comité aura le mandat de «soulever chaque pierre, de revoir chaque processus, de proposer des pistes de solution pour assurer l'efficacité et l'intégrité» de l'appareil municipal.

«Le système a été floué par des crapules qui ont parfois profité de la complicité de fonctionnaires», a rappelé le ministre.

Le comité, qui disposera d'un budget d'à peine 37 000$, sera démantelé dès qu'il aura remis son rapport. Il n'entrera pas en concurrence avec d'autres instances, comme l'Escouade de protection de l'intégrité municipale (EPIM) ou la commission Charbonneau, a promis son président, Jacques Léonard.

«Je n'ai pas le mandat d'aller voir qui a fait quoi dans le passé, de rechercher des criminels. Nous ne transformerons pas de façon absolue la fonction publique. On se met en mode solutions à l'intérieur d'une ville.»

Le maire Applebaum a décrit la lutte contre la corruption et la collusion comme un work in progress dans lequel la Ville est engagée de façon active depuis 2009. «Notre objectif, c'est de faire de Montréal un marché ouvert à la concurrence. Ça va prendre un certain temps, mais nous sommes dans la bonne direction.»

La chef de l'opposition, Louise Harel, est d'accord avec ce constat, mais elle estime que d'autres actions sont nécessaires. «La vigilance s'impose immédiatement, on ne peut pas attendre six mois.» Son parti, Vision Montréal, déposera lundi prochain au conseil municipal une motion pour élargir le mandat de l'actuelle commission d'examen des contrats. Celle-ci deviendrait une «commission permanente sur l'éthique et l'intégrité», composée d'élus indépendants et de tous les partis.

Elle s'est par ailleurs réjouie du recrutement de son ex-collègue péquiste Jacques Léonard, dont elle a apprécié la «droiture» et la «très grande compétence».

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, estime qu'il aurait été «hautement souhaitable» que des élus siègent au comité Léonard. «Il est impensable qu'un comité responsable de faire des recommandations sur le système de gouvernance montréalais n'inclue pas des élus. Ce sont eux qui, ultimement, sont les seuls imputables devant la population», a-t-il déclaré.

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