«Le problème, c'est qu'il y a trop de voitures!»

La rue des Carrières est une toute petite rue qui a le malheur d'être parallèle... (Photo Bernard Brault, archives La Presse)

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Louise Leduc
La Presse

La rue des Carrières est une toute petite rue qui a le malheur d'être parallèle au boulevard Rosemont, où a été aménagée une voie réservée aux autobus. Depuis, Anaïs Détolle a souvent l'impression de vivre au bord d'une autoroute.

«Depuis la mise en place de cette voie réservée, sur un boulevard où les feux de circulation sont en plus tout désynchronisés, les automobilistes se sont rabattus sur notre rue. Même si elle est très étroite, les voitures et les camions y roulent à toute vitesse.»

Patrick Morency, médecin-conseil en prévention des traumatismes à la Direction de la santé publique de Montréal, bondit quand on lui soumet ce cas. Le problème, ce ne sont pas les voies réservées et autres mesures d'apaisement de circulation. «Le problème, c'est qu'il y a trop de voitures!»

Le Dr Morency admet cependant qu'en effet, les mesures d'apaisement «ne devraient pas être mises en place au cas par cas, mais à l'échelle d'un quartier».

Ottavio Galella, ingénieur et expert en circulation à la firme de consultants Trafix, relève lui aussi qu'il faut penser plus globalement. Car oui, «en aménageant des voies réservées pour les autobus, on diminue la capacité des artères et l'on risque de créer un effet de débordement dans le quartier. Ce qu'il faut, c'est un réseau de voies réservées qui vont dans toutes les directions».

Les plus chanceux habitent dans des quartiers conçus pour éloigner les automobilistes qui n'ont rien à y faire. C'est le cas de Mont-Royal, «une ville-château que personne ne traverse pour le plaisir, emmurée qu'elle est dans une géométrie de rues pensée pour éloigner la circulation», note Daniel Bouchard, responsable des campagnes transport au Conseil régional de l'environnement de Montréal.

Les concepteurs de nouveaux quartiers ont bien compris l'astuce, ajoute le Dr Morency. «En banlieue, on voit de plus en plus de ce modèle arborescent de rues qui débouchent en culs-de-sac comme à Mont-Royal.»

Ailleurs, comme dans le Plateau-Mont-Royal, on a implanté quantité de sens uniques, d'interdictions de tourner et autres astuces. Le sujet continue de déchaîner les passions. Jean-Robert Bourdage, qui n'a pas d'automobile, mais qui est le plus souvent piéton, devrait être ravi des nombreuses mesures prises par le Plateau pour faire fuir les automobilistes. Il ne l'est pas. «Le maire du Plateau, Luc Ferrandez, a voulu transformer le Plateau en village. Le problème, c'est que 100 000 personnes, ce n'est pas un village, c'est une ville. La circulation n'est pas seulement le fait de banlieusards qui passent par chez nous. Nous aussi, on conduit, et nous aussi, on a besoin de rentrer chez nous et on en a assez de zigzaguer de rue en rue.»

«Je suis comédien, les lieux de tournage sont le plus souvent loin des stations de métro et, parfois, je prends une voiture de Communauto. Tout le périmètre autour du parc Laurier est bouché; dans la rue Saint-Denis et sur l'avenue Papineau, c'est l'enfer. Entre 15 h et 18 h, on perd un temps fou. Alors si j'ai quelque chose dans ces heures-là, je pars beaucoup plus tôt. C'est simple, on a transformé un léger problème de congestion en un problème constant.»

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