Des pirates informatiques s'attaquent à la corruption

Armé d'ordinateurs portables et de quelques dossiers gouvernementaux, un petit... (Photo La Presse, David Boily)

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Photo La Presse, David Boily

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Benjamin Shingler
La Presse Canadienne
Montréal

Armé d'ordinateurs portables et de quelques dossiers gouvernementaux, un petit regroupement d'activistes basé à Montréal a décidé de se consacrer à la lutte contre la corruption.

Le groupe, qui se rejoint dans un centre communautaire pour faire des calculs et revoir les sujets qui ont été abordés au dernier conseil municipal, fait partie d'un mouvement national qui croit que l'accès à l'information est un moyen de rendre les gouvernements plus honnêtes et efficaces.

«Pour combattre la corruption au 21e siècle, on doit absolument utiliser la technologie, a indiqué Jonathan Brun, le co-fondateur du groupe Québec Ouvert, qui organise les rencontres. Pour ce faire, on doit utiliser les données.»

Plus de 100 personnes, dont la plupart sont des programmeurs informatiques âgés entre 20 et 40 ans, se regroupent pour un «hack-o-thon», qui est en fait une sorte de marathon pour les pirates informatiques.

L'idée est d'aider les autorités à découvrir les transactions louches en passant les dossiers municipaux au peigne fin.

Cela implique la création de programmes informatiques qui peuvent mettre en relation les données de centaines de documents, ce qui n'est pas une tâche facile.

Les témoignages entendus à la commission Charbonneau suggèrent qu'il existe un système complexe de truquage d'appels d'offre et de pots-de-vin entre les partis politiques, les fonctionnaires, les patrons de l'industrie de la construction et la mafia.

Des sommes considérables de fonds publics ont été dépensées dans des projets qui ont coûté plus cher que ce qu'ils auraient dû coûter. Les maires de Montréal et de Laval ont même démissionné dans la tourmente.

Au cours de la dernière fin de semaine de travail, le groupe a été scindé en petites équipes qui ont toutes apporté des idées sur la manière d'utiliser les données recueillies.

Josée Plamondon, une bibliothécaire numérique de profession, faisait partie d'un groupe qui a proposé de transformer une base de données des contrats de la ville en quelque chose de visuellement plus convaincant, comme un schéma qui montre l'interaction entre les chiffres clés qui apparaissent dans les contrats municipaux.

«J'imagine que les citoyens voudront poser des questions et faire des commentaires», a-t-elle dit en promettant de publier le résultat final sur son blogue personnel.

Le groupe de pirates de Montréal n'est pas seul.

David Eaves, un expert en politiques publiques basé à Vancouver, croit que le fait de rendre ces documents gouvernementaux accessibles au public peut énormément aider les organismes de bienfaisance, les groupes de réflexion et les entreprises qui tentent de faire des plans pour l'avenir.

Quand il s'agit de dénoncer la corruption, M. Eaves est d'avis que de rendre ces données disponibles est une première étape importante.

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