Fusions et défusions: «Une erreur politique monumentale», dit Trent

Le maire de Westmount, Peter Trent... (Photo François Roy, La Presse)

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Le maire de Westmount, Peter Trent

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Louise Leduc
La Presse

Peter Trent, maire de Westmount, vient de publier un livre de plus de 800 pages sur le feuilleton des fusions et des défusions, intitulé La folie des grandeurs. Dans son ouvrage qui a tout de l'exutoire - et qui fait grand bruit dans les médias anglophones -, Peter Trent dit tout le mal qu'il pense de ce culte du gigantisme à l'origine de la déroute de Montréal. Il en a toujours lourd sur le coeur, le maire de Westmount.

Q: À qui destinez-vous ce manifeste de plus de 800 pages sur le feuilleton des fusions et des défusions?

R: Essentiellement aux décideurs, à la classe politique. On a fait une erreur politique monumentale et le temps est venu de rectifier la situation et de trouver des solutions. Il faut d'abord constater que 64 personnes, ce n'est pas un conseil municipal, c'est un parlement. Je suggère donc pour commencer de réduire cela à 19 personnes et de ne plus permettre de partis politiques au municipal, ce qui réglerait notamment le problème de financement. À Westmount, il n'y a pas de parti politique, nous sommes tous indépendants et notre allégeance va à la ville, pas à notre parti politique. Aussi, contrairement à Louise Harel, je crois qu'il faut donner plus de pouvoir aux arrondissements.

Q: Vous dites que vous n'avez toujours pas décidé si vous briguerez un autre mandat à la mairie de Westmount. Vous écrivez pourtant que les politiciens municipaux sont des eunuques politiques dépourvus de quelque pouvoir que ce soit. Dans ces conditions, à quoi bon envisager un possible retour?

R: De toute façon, vous savez, une fois qu'on est eunuque, le mal est déjà fait, c'est une condition irréversible! Blague à part, je vais décider cela plus tard, en évaluant les réactions qu'aura eues mon livre.

Q: Dans votre ouvrage, vous dites tout le mal que vous pensez des fusions, des péquistes, des syndicats, des gouvernements qui légifèrent presque jusque sur la couleur du ciel. En résumé, comme tant d'autres ces temps-ci, est-ce que le Québec vous tue?

R: Je suis triste pour ce Québec qui a perdu son optimisme et son orgueil et qui peut faire tellement mieux. C'est la classe politique qui m'irrite et aucunement les Québécois eux-mêmes, avec qui j'ai toujours eu de bons rapports. Et quand je parle des péquistes, je parle de ceux du temps des fusions, et je ne ménage pas non plus les libéraux qui ont gâché les défusions. Le Parti québécois (PQ) d'aujourd'hui, ce n'est pas le PQ du temps des fusions: Jean-François Lisée n'était pas là au temps des fusions et Pauline Marois a reconnu en 2008 que les fusions forcées avaient rendu Montréal radioactif. J'ai espoir que les péquistes d'aujourd'hui sont ouverts à de bonnes idées.

Q: Dans un calcul qui vous est personnel, vous avancez que les fusions ont coûté 400 millions par an aux Montréalais, notamment en salaires gonflés par ce que vous qualifiez d'hégémonie des syndicats. Le Westmount défusionné s'en tire-t-il mieux seul de son côté?

R: Chez nous, les [hausses de coûts] ont pu être limitées, mais nos quatre années au sein de Montréal ont fait augmenter nos salaires qui ont dû atteindre les échelons de ceux de Montréal. Au moins, les taxes que l'on perçoit à Westmount ne s'en vont pas en grande partie à la ville centre, comme c'est le cas dans les arrondissements.

Q: Vous dites que Gérald Tremblay n'y est pas pour grand-chose, que la mégaville, ingouvernable, ouvre toute grande la porte à la corruption. Pourtant, Mascouche, Saint-Constant ne sont pas de très grandes villes...

R: Parmi toutes les municipalités du Québec, il y en a peut-être 5% qui posent problème et quand cela arrive, les citoyens découvrent assez vite le pot aux roses. Dans une grande ville, il faut attendre que les médias se saisissent de l'affaire, ce qui survient parfois après des décennies de corruption.

Q: À la lumière de ce qui se dit à la commission Charbonneau, qu'écririez-vous dans un prologue si votre livre n'était pas déjà imprimé?

R: Ç'a été «bar open» sous le nez du barman Gérald Tremblay qui aurait dû fouiller davantage. Cependant, on se trompe vraiment si l'on croit que l'élection d'un nouveau maire va tout régler. Montréal, c'est une ville tout en complexité, c'est 825 pages de complexité!

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