L'administration Tremblay pourrait annuler la hausse de l'impôt foncier

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Quelques heures après que le maire Gérald Tremblay a annoncé qu'il prenait «quelques jours de repos», son bras droit, Michael Applebaum, a remis en question la hausse d'impôt foncier de 3,3% prévue en 2013.

En point de presse jeudi, le président du comité exécutif de la Ville de Montréal a reconnu que les contribuables sont «frustrés» par cette nouvelle hausse du fardeau fiscal. Son annulation forcerait la Ville à faire une croix sur 103 millions de dollars.

«Je comprends que les payeurs de taxes sont frustrés par ce qu'ils voient, de ce qui se passe à la commission Charbonneau. Je suis un élu, je suis ici pour écouter la population. J'ai demandé hier à mon directeur général, avec le responsable des finances, de commencer à me préparer différents scénarios.»

Interrogé par les journalistes, il n'a pas rejeté l'option d'annuler complètement la hausse annoncée mardi lors du dépôt du budget. «Est-ce qu'il y a une autre façon de présenter le budget qui va être mieux acceptée par la population? Une chose est importante, il faut continuer à donner une qualité de service convenable. Je peux toujours, comme président du comité exécutif, modifier le budget et proposer des changements au conseil municipal.»

Il s'attend à recevoir une recommandation à ce sujet «dans les prochains jours». Une assemblée extraordinaire a été convoquée le 13 novembre pour l'adoption du budget.

Deuxième fois depuis 2005

L'opposition a accueilli cette déclaration comme une «bonne nouvelle», tout en y voyant «une tentative de diversion». «J'étais ce matin aux audiences de la commission des finances, qui étudie le budget, il n'en a jamais été question», a souligné la chef de l'opposition, Louise Harel.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a rappelé qu'il avait qualifié d'«indécente» cette hausse de 3,3%. Il estime que la portion réservée au fonds de l'eau, soit 1,2%, peut être facilement radiée puisque les projets sont paralysés en attendant l'adoption d'une nouvelle loi sur les pratiques frauduleuses dans l'industrie de la construction («loi 35»).

Il a rappelé qu'en 2006, l'administration Tremblay avait fait marche arrière après avoir annoncé une hausse du fardeau fiscal bien qu'elle ait promis un gel en campagne électorale.

Au maire de décider

M. Applebaum a par ailleurs tenu à minimiser l'absence du maire Tremblay, qui a annoncé qu'il ne retournerait à l'hôtel de ville que lundi prochain. C'est son attachée de presse, Martine Painchaud, qui a confirmé la nouvelle sur Twitter en milieu de journée hier. Aucune autre information n'a filtré.

«C'est normal, il n'y a rien là. Il a le droit de prendre quelques jours de repos, comme la fin de semaine, quand il part en mission à l'extérieur. On va continuer de gérer la Ville correctement.»

Le maire devrait-il démissionner? «C'est à lui de prendre sa décision», a répondu le numéro 2 de la Ville.

Dans la tourmente de la commission Charbonneau, il a par ailleurs réitéré son intention de récupérer les sommes détournées. «On va faire tout ce qu'on peut pour aller chercher cet argent-là, des poursuites pour récupérer l'argent qui a été volé à nos contribuables.»

Les maires de banlieue claquent la porte

En matinée, une nouvelle tuile s'est abattue sur l'administration Tremblay. Les maires des villes de banlieue de l'agglomération de Montréal ont claqué la porte des audiences de la commission des finances. Menés par le maire de Westmount, Peter Trent, qui est également vice-président de la commission des finances, chargée de passer en revue le budget, les 15 maires de l'Ouest-de-l'Île et de Montréal-Est ont annoncé qu'ils ne voulaient pas être associés à cet exercice. Ils dénoncent essentiellement la hausse du fardeau fiscal et le peu de résultats tangibles pour diminuer les coûts des régimes de retraite.

«Je ne veux pas être celui qui cautionne une chose semblable, a expliqué le maire Trent. Et le fait que M. Applebaum ait changé son fusil d'épaule ne changera pas notre position.»

Le geste des maires de banlieue est essentiellement symbolique: ils ne détiennent que 13% des votes au conseil d'agglomération et ne peuvent empêcher l'adoption du budget.

 




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