Hochelaga-Maisonneuve: des appartements pour les prostituées dès 2013

L'arrondissement a promis d'adopter une attitude de «collaboration»... (Photo: François Roy, archives La Presse)

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L'arrondissement a promis d'adopter une attitude de «collaboration» plutôt que de «répression» vis-à-vis des prostituées pour venir à bout du problème.

Photo: François Roy, archives La Presse

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L'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve veut aménager d'ici au printemps prochain une vingtaine d'appartements destinés aux prostituées afin de réduire les désagréments causés aux résidants du quartier.

Le maire de l'arrondissement, Réal Ménard, a lancé un appel à l'aide dimanche matin à la Ville de Montréal et à la Société d'habitation du Québec (SHQ) en ce qui a trait à la prostitution de rue dans le secteur sud-ouest d'Hochelaga-Maisonneuve.

Selon lui, la prostitution résilte d'un problème «d'itinérance et de désorganisation». Pour l'éliminer des rues, il faut nécessairement construire des appartements supervisés, destinés exclusivement aux prostituées.

Le maire compte créer «au plus vite» un organisme à but non lucratif qui chapeautera le projet et entrera en contact avec les différents partenaires.

«La problématique est au niveau du logement. Quatre-vingt-dix pourcent des filles connues par la police vivent dans des crackhouses ou des piqueries, a expliqué Réal Ménard. On n'est pas dans une prostitution romantique comme celle qu'on décrivait au bord de la Seine française au XIXe siècle. On est en présence d'une prostitution agressante.»

D'après l'arrondissement, 45 prostituées ont opéré l'été dernier sur une base régulière dans les rues d'Hochelaga-Maisonneuve. Cette pratique a apporté son lot d'incidents: bruit nocturne, harcèlement sexuel dans les ruelles, condoms trouvés dans les jardins...

La mairie a d'ailleurs mandaté Léger Marketing pour réaliser une étude, au mois d'avril, sur l'avis des résidants et des commerçants au sujet de la prostitution et de l'implantation éventuelle de ressources adaptées sur le territoire. La majorité des citoyens (62 %) et des marchands (66 %) appuient la création de zones de tolérance.

«La leçon qu'on a tirée, c'est que ce n'est pas la prostitution en tant que telle qui pose problème, mais plutôt l'insécurité qui l'accompagne», a indiqué le conseiller municipal d'Hochelaga, Laurent Blanchard.

L'objectif étant de ramener la quiétude pour les résidants, l'arrondissement a promis d'adopter une attitude de «collaboration» plutôt que de «répression» vis-à-vis des prostituées pour venir à bout du problème. Les interventions policières dans le passé n'ont rien donné, a ajouté M. Blanchard.

«Les arrestations ont eu un effet pervers. Avec moins de clients, les filles sont restées plus longtemps dans la rue. Les gens ont cru qu'il y avait plus de filles, mais en fait c'est parce qu'elles attendaient plus longtemps.»

L'inspecteur François Cayer, du poste de quartier 23, est du même avis. Les agents de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve considèrent les prostituées comme des victimes plutôt que comme des suspectes, a-t-il admis.

La création d'une équipe de soutien en urgence psychosociale est aussi dans les cartons pour le printemps prochain. Composée d'un travailleur social, d'une infirmière, d'un travailleur de rue et d'un policier, l'équipe assistera principalement les prostitués en état de crise et sera disponible tous les jours de la semaine, de 20h à 1h du matin.

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