Engins fumigènes: le métro de Montréal a été complètement paralysé

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Intervention des pompier au métro Jean-Talon.... (Photo Patrick Sanfaçon, La presse)

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Intervention des pompier au métro Jean-Talon.

Photo Patrick Sanfaçon, La presse

 

David Santerre
La Presse

Pour une cinquième fois en quatre semaines, la patience et l'humeur de milliers d'usagers du métro de Montréal ont été mises à rude épreuve quand des vandales ont jeté au moins trois engins fumigènes sur les rails, causant la paralysie totale du réseau pendant près de trois heures.

> En graphique: Le fil des événements dans le métro

> En photos: le métro paralysé par des engins fumigènes

Des quatre événements similaires survenus dans les dernières semaines, aucun n'avait causé une si longue panne.

La première interruption a eu lieu à 7h46, quand un engin fumigène a été déclenché dans le tunnel près de la station Lionel-Groulx.

Il semble dans ce cas que trois jeunes femmes et un homme, dont le SPVM a publié les photos en après-midi, aient réussi à entrouvrir les portes d'un wagon de la ligne verte en marche pour y jeter la bombe sur la voie. Quand les portes sont forcées dans un train en marche, plus de dix secondes après le départ, le train ne s'arrête pas avant la station suivante. Les portes ne peuvent ainsi s'ouvrir de plus de 10 centimètres.  

Un citoyen qui se trouvait dans ce wagon aurait ensuite discrètement photographié le quatuor et fourni ses photos aux enquêteurs du SPVM, qui les a publiées en espérant obtenir l'aide du public pour les retracer. Et il semble que cela ait porté fruit, car l'enquête progresserait rapidement et les enquêteurs auraient possiblement identifiés le quatuor, a-t-on appris en début de soirée.

Le train a été évacué à la station suivante, Lionel-Groulx, et les jeunes se seraient voalitilisés.

Dans l'heure qui a suivi, des incidents presque identiques sont survenus entre les stations Jean-Talon et Fabre, sur la ligne bleue, et entre Préfontaine et Pie-IX, sur la verte.

«J'ai vu une petite bombe au milieu des rails, qui ressemblait à une canette. Elle dégageait une fumée blanche pas trop intense», a raconté une usagère du métro à la station Préfontaine.

Tout porte à croire que les auteurs de ces deux autresméfaits ne sont pas les même qu'à 7h46.

Les quatre lignes du métro sont demeurées fermées pendant que les pompiers évacuaient la fumée, que la police enquêtait et inspectait les lieux et les engins fumigènes artisanaux utilisés, et que les ambulanciers s'assuraient que personne n'a été incommodé par la fumée.

Aussi, les politiques du STM les obligent à fermer cinq stations en amont et en aval de celle où un tel événement survient.

Ainsi, pendant trois heures, les quatre lignes du métro ont été complètement fermées, ou en partie seulement par moment.

À 10h40, le service avait repris normalement et heureusement.

L'interminable rupture de service a semé le chaos dans la ville. Des foules se sont agglutinées autour de toutes les stations, à la recherche d'un moyen de se rendre à destination. Ils sont entre 200 et 300 000 à avoir été affectés par la panne, selon la STM. 185 autobus ont été mobilisés pour les dépanner, ce qui demeure nettement insuffisant en pareille situation.

Au métro De L'Église, il n'y a pas eu de fumée, mais il y a eu un mouvement de foule très dense dans les wagons et sur le quai après l'annonce de l'attentat à l'engin fumigène.

«Un femme enceinte a presque perdu connaissance dans le wagon. Nous avons dû nous mettre à trois pour la retenir. Une dame lui a offert del'eau puis elle s'est assise et s'est sentie mieux. Cet acte de vandalisme, il semble, aurait pu avoir des conséquences tragiques», a déploré de son côté Martin Cloutier.

Les interventions des équipes d'urgence ont causé de nombreuses fermetures de rues, ce qui a causé des bouchons monstres partout en ville.

Dans cette cohue où voitures, cyclistes et piétons circulaient dans tous les sens, une femme qui roulait en BIXI a été happée par une voiture et a été blessée à la tête, à l'angle des rues Jean-Talon et deGaspé. On ne craint pas pour sa vie, mais elle a dû être transportée à l'hôpital en ambulance.

Justement, tout ce trafic a causé bien des maux de tête aux ambulanciers.

«Le centre-ville est si paralysé que cela a un impact pour nous. Nos véhicules ont du mal à se rendre rapidement dans les centres hospitaliers», a expliqué Guy St-Pierre, d'Urgences-santé.

La grande question est de savoir qui sont les auteurs de ces méfaits.

En avril, des actes similaires à ceux de ce matin ont été commis à trois reprises, causant des ruptures de service de plus courte durée. Un matin, des sacs de briques ont été jetés sur les rails dans cinq stations, et les freins d'urgence des trains ont été actionnés. Des engins fumigènes ont aussi été lancés lors d'une manifestation étudiante dans le Complexe Desjardins, le 25 avril.

Aucun de ces actes de vandalisme n'a été revendiqué. La police, avec grande précaution, évoque la piste de groupuscules de militants contre la hausse des droits de scolarité, parmi tant d'autres suspects potentiels.

Autour des stations de métro et dans les médias sociaux, les usagers en colère n'hésitent pas à montrer du doigt les étudiants.

«Ça ne va pas attirer la sympathie des gens envers la cause étudiante», a dit un usager.

Une étudiante qui a été retenue au métro Jean-Talon a indiqué qu'elle n'est pas en grève mais appuie le mouvement. Elle croit que ces gestes peuvent avoir été commis par des étudiants, mais à l'initiative de petits groupes isolés.

«Je suis pour la cause, mais contre les actes violents. C'est certain que c'est ennuyeux sur le coup pour ceux qui sont pris là-dedans, mais il ne faut pas juste penser à son petit 15 minutes de retard. Si tout ça peut réveiller les gens, ça ne sera pas trop mal», a-t-elle déclaré.

À la fin d'avril, le SPVM a rendu publiques des imagescaptées par les caméras de surveillance du métro qui montreraient cinq suspects dans le dossier des briques lancées sur les rails, ainsi que celui qui aurait jeté une bombe fumigène dans le métro le 25 avril en matinée. Dans ce dernier cas, il pourrait s'agir d'un militant pour la cause étudiante. Dans le cas d'aujourd'hui, les quatre individus dont la photo a été publiée nous montre de jeunes personnes ne portant aucun signe distinctif du mouvement étudiant. Pas de carré rouge, ni de masque.

Avec Pierre-André Normandin

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