Griffintown laissé aux mains des promoteurs

La Ville de Montréal doit reprendre «d'urgence» le contrôle du  développement... (Illustration: Fournie par Devimco, archives)

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Illustration: Fournie par Devimco, archives

Pierre-André Normandin

Pierre-André Normandin
La Presse

La Ville de Montréal doit reprendre «d'urgence» le contrôle du développement du quartier Griffintown plutôt que le laisser aux mains des promoteurs immobiliers, conclut un rapport de l'Office de consultation publique.

«La commission considère qu'il n'est pas encore trop tard pour infléchir la tendance, mais estime que le temps presse et qu'il y a urgence. De l'avis général, le rythme actuel du développement est trop rapide et la Ville doit sortir d'une situation où elle ne peut que réagir à la pression des développeurs pour rattraper le retard qu'elle a pris sur l'élaboration d'un plan d'ensemble», peut-on lire dans le rapport de la consultation publique menée l'automne dernier.

L'OCPM recommande ainsi de mettre sur pied un bureau de projet pour rassembler tous les services municipaux et ainsi mieux planifier le développement du quartier qui promet de s'étendre sur 10 à 15 ans encore. Une meilleure protection du patrimoine bâti doit également être mise en place plutôt que laisser les projets faire table rase sur le passé du quartier. «Loin d'être une friche industrielle, Griffintown est un quartier ancien qui possède une profondeur historique peu commune. La Ville devrait prendre le parti de protéger ce patrimoine et de le faire revivre», écrivent les commissaires.

Si on laisse le marché faire, trop peu de familles avec enfants viendront s'implanter dans ce quartier, constate l'OCPM. Une meilleure mixité devrait être privilégiée. «Les édifices à condos dans Griffintown répondent de toute évidence à un besoin chez les gens seuls et en particulier les jeunes professionnels sans enfant. (...) On constate que, même si le secteur immobilier privé fournit un certain nombre de logements dont la taille serait propice aux familles, ces logements sont souvent, à cause de leur prix élevé, achetés par des ménages établis dont les enfants ont quitté le foyer familial.»

Pour attitrer les familles et rendre le quartier agréable à vivre, l'OCPM recommande de créer davantage d'espaces verts. Pour l'heure, «l'aménagement du domaine public tire de l'arrière», constatent les commissaires.

L'administration Tremblay et du maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, ont dit accueillir favorablement les recommandations du rapport. Un bureau de projet sera mis sur pied comme recommandé et un Plan de développement urbain intégré devrait être complété d'ici la fin de l'été.

Projet Montréal a pour sa part vertement critiqué la gestion du développement du secteur par la Ville. «Le 'ruber stamping' des projets soumis par les promoteurs privés doit s'arrêter», a dénoncé Richard Bergeron, chef de la 2e opposition.

Le comité logement POPIR qui vient en aide aux locataires du Sud-Ouest a salué le rapport qui insiste sur l'importance de développer des projets de logements sociaux. «Il y a des besoins pour les familles, mais le développement n'en prévoit pas. Quand on prévoit 8200 logements pour accueillir 10 000 personnes, on voit qu'il n'y a pas de place faite aux familles», déplore Patricia Viannay, une porte-parole du groupe.

Héritage Montréal a aussi applaudi le rapport de l'OCPM. Dinu Bumbaru estime que «c'est une réflexion qui devrait inspirer d'autres quartiers».

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