Appel à la protection de l'écurie de Griffintown

Le maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais,... (Photo Valérian Mazataud, collaboration spéciale)

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Le maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, dénonce un projet immobilier qui menace l'écurie de Griffintown. Il est accompagné de la conseillère Véronique Fournier, présidente du comité consultatif d'urbanisme de l'arrondissement.

Photo Valérian Mazataud, collaboration spéciale

Au beau milieu des grues et des marteaux-piqueurs qui pullulent dans ce secteur de Griffintown, une anachronique odeur d'écurie saisit les visiteurs. Ce bâtiment délabré, qu'utilisent une demi-douzaine de cochers et qui peut abriter 8 chevaux, résiste depuis 150 ans.

L'écurie fait maintenant l'objet d'une nouvelle menace, a dénoncé jeudi matin le maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais: un immeuble de copropriétés de huit étages pourrait pousser sur une partie du terrain et isoler l'écurie de la rue.

«C'est urgent qu'on protège ce dernier ensemble typique du régime français dans Griffintown, dit le maire Dorais. Il est impératif que la Ville impose une réserve foncière pour que ne pas que l'écurie soit enclavée.»

Le «paddock» visé

Le «Horse Palace» et ses environs ont été achetés début mars par un promoteur immobilier, Maître Carré, qui a promis de préserver la vocation particulière des lieux. Il se serait montré ouvert à vendre l'écurie à la Fondation Griffintown Horse Palace, qui souhaite en faire un centre d'interprétation de l'histoire du quartier et offrir des activités d'équithérapie.

La menace vise un tiers du terrain, utilisé comme aire d'exercice (ou «paddock»), qui a été acquis par un autre promoteur, BCG Construction. Celui-ci n'a pas caché son intention d'y construire un immeuble de huit étages, comme le lui permet le règlement municipal.

«C'est ça, le problème: il peut le faire de plein droit et l'arrondissement n'y peut rien», dit le maire Dorais. Avec son parti, Vision Montréal, il présentera lundi une motion au conseil municipal pour que le terrain devienne une réserve foncière protégée pour deux ans, avec une possibilité de deux ans supplémentaires. «Ça permettrait à la Fondation de proposer un projet porteur», dit M. Dorais.

Juliette Patterson, présidente de la Fondation, estime qu'il faudrait environ 1 million de dollars pour acquérir le site. Des campagnes de financement ont jusqu'à maintenant permis de recueillir environ la moitié de cette somme. «Nous avons besoin de fonds, nous avons besoin de l'aide aussi des promoteurs qui construisent tout autour. C'est à l'avantage de tous: ce qui rend Griffintown si unique, c'est ce genre d'endroit.» L'enclavement de l'écurie, estime-t-elle, mettrait à mal un des principaux objectifs du projet, qui est justement de la rendre accessible au grand public.

Un couloir culturel

La Ville impose depuis 18 mois un moratoire en matière de citation patrimoniale, précise le maire Dorais. La motion de Vision Montréal demande sa levée afin que le Horse Palace ainsi que deux édifices historiques de Griffintown - le complexe de la New City Gas et l'Édifice Rodier - puissent obtenir une reconnaissance et la protection appropriées.

La rue Ottawa, sur laquelle donnent les écuries, «est un corridor culturel qu'on veut promouvoir, explique M. Dorais. Il y a ici un formidable bassin de patrimoine qu'on peut mettre en valeur.»

Projet attendu sur le boulevard Saint-Laurent

À quelques jours du début des travaux de démolition d'une demi-douzaine d'édifices du boulevard Saint-Laurent, dans le Quastier des spectacles, l'opposition s'est par ailleurs inquiétée du fait qu'il n'y a aucun projet de remplacement.

«Nous dénonçons le laxisme de l'administration Tremblay, a déclaré en point de presse François Robillard, conseiller de Vision Montréal dans le district Saint-Jacques, arrondissement de Ville-Marie. Il n'y a pas de projet. S'il y en a un, qu'on nous montre les documents.»

En décembre dernier, Québec a autorisé la démolition des édifices qui se trouvent entre le Monument-National et le Café Cléopâtre, sous plusieurs conditions. Les pierres de façade devaient être démontées une à une, entreposées et réutilisées dans un projet futur par le propriétaire des lieux, la Société de développement Angus. Tous les devis et relevés devaient être appuyés avant les travaux.

Ces édifices, déjà en piteux état lors de leur acquisition, en 2010, se sont considérablement dégradés depuis, au point de représenter un danger pour les passants. Les abords sont d'ailleurs barricadés, tant en façade, du côté du boulevard Saint-Laurent, qu'à l'arrière, rue Clarke.

L'arrondissement assure que la démolition respecte les conditions édictées par Québec,  y compris «l'identification du lieu d'entreposage des pierres démantelées». «L'arrondissement de Ville-Marie espère qu'un projet de qualité sera mis en oeuvre dans les meilleurs délais», précise la porte-parole Anik De Repentigny.




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