10 000 $ par jour pour surveiller Occupons Montréal

Pas moins de 27 fonctionnaires ont été mobilisés... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

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Pas moins de 27 fonctionnaires ont été mobilisés le 25 novembre pour démanteler les quelque 200 tentes et abris improvisés du campement à Montréal. L'opération de nettoyage du square Victoria à la suite de l'expulsion des manifestants a coûté à elle seule 25 000 $.

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

Discrets tout au long de l'occupation du square Victoria, les policiers montréalais étaient malgré tout bien présents lors du mouvement Occupons Montréal. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) affirme avoir dépensé près de 10 000 $ par jour pour surveiller le campement des indignés, érigé pendant 42 jours au centre-ville.

«Les coûts pour la surveillance policière lors du mouvement Occupons Montréal se sont élevés à 403 135,84 $», a répondu le SPVM à une demande d'accès à l'information de La Presse. Ces coûts viennent s'ajouter aux 25 000 $ dépensés pour l'opération de nettoyage du square Victoria à la suite de l'expulsion des manifestants. Pas moins de 27 fonctionnaires ont été mobilisés le 25 novembre pour démanteler les quelque 200 tentes et abris improvisés du campement. La facture totale pour la Ville de Montréal entraînée par la présence d'Occupons Montréal s'élève ainsi à 428 000 $.

Le SPVM n'a pas détaillé dans sa réponse comment il a dépensé ces sommes. Les indignés avaient toutefois rapporté que deux agents de liaison du SPVM les visitaient quotidiennement pour discuter des problèmes de sécurité. Des voitures de police étaient également visibles jour et nuit dans le secteur, mais restaient à bonne distance des manifestants.

Problèmes de sécurité

Malgré la présence policière, plusieurs occupants s'étaient plaints d'importants problèmes de sécurité. Le campement avait attiré de nombreux sans-abri et des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie. L'expulsion des indignés avait d'ailleurs été décidée par l'administration Tremblay en raison des débordements observés dans les derniers jours du mouvement.

Les coûts de la surveillance policière à Montréal restent néanmoins inférieurs à ceux observés à Toronto et Vancouver. Le service de police de la métropole canadienne affirme avoir dépensé 661 500 $ pour assurer une présence policière au parc St. James pendant ses 39 jours d'occupation. La facture totale pour la Ville de Toronto s'est élevée à 714 000 $, une fois les frais pour l'opération de nettoyage du camp comptabilisés.

La facture a été nettement plus salée à Vancouver, où les coûts frôlent le million. En 37 jours d'occupation, la police locale estime avoir dépensé à elle seule 590 000 $ pour la surveillance du camp. Ces frais élevés s'expliquent par les heures supplémentaires payées aux policiers. La Ville avait en effet demandé à son groupe antiémeute de rester disponible afin d'intervenir lors des nombreuses manifestations improvisées que les indignés ont organisées au cours de leur occupation.

Le mouvement d'occupation a coûté nettement moins cher aux citoyens d'Ottawa et de Québec. Dans la capitale canadienne, la Ville estime avoir dépensé 24 000 $ en surveillance policière. L'expulsion des manifestants explique à elle seule les deux tiers de cette facture. Ottawa n'a toutefois pas dévoilé combien lui avait coûté l'opération de nettoyage.

Une aubaine à Québec

À Québec, la Ville évalue à 42 000 $ le total des coûts tout au long de l'occupation. Cette somme inclut autant la présence policière que le salaire des cols bleus qui ont nettoyé le jardin Saint-Roch au lendemain de l'éviction des manifestants. Très peu d'agents ont été monopolisés par l'occupation, explique un porte-parole municipal. En fait, Québec avait demandé aux policiers qui patrouillaient habituellement dans le quartier de s'assurer de la quiétude du campement. «On n'avait pas besoin d'une présence policière 24 heures sur 24. L'endroit ne s'était pas transformé en soupe populaire», expose Jacques Perron, porte-parole de la Ville.

La capitale québécoise évalue que, dans les derniers jours de l'occupation, à peine une dizaine de personnes résidaient en permanence sur les lieux. Et ce, même si 28 tentes étaient encore présentes.

- Avec William Leclerc

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