La mort de Farshad Mohammadi, «un signal d'alarme» selon l'administration Tremblay

La mort de Farshad Mohammadi, abattu par la police vendredi, illustre de  façon... (Photo: Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Photo: Edouard Plante-Fréchette, La Presse

La mort de Farshad Mohammadi, abattu par la police vendredi, illustre de façon dramatique ce que bien des intervenants constatent : la détérioration de la situation des sans-abri au centre-ville de Montréal.

«C'est un signal d'alarme, un wake up call», a résumé en point de presse cet après-midi Jocelyn Ann Campbell, responsable du développement social et communautaire au comité exécutif de la Ville de Montréal. Ce matin, a-t-elle précisé, le maire Gérald Tremblay a réitéré sa demande de rencontre avec le ministre de la Santé, Yves Bolduc, qui reste lettre morte depuis des mois.

L'administration Tremblay veut essentiellement convaincre Québec que les problèmes de santé mentale et de toxicomanie qui frappent le centre-ville relèvent du réseau de la santé, et non des champs de compétence municipaux. En juin dernier, on a transmis six demandes au gouvernement qui se veulent «pragmatiques et réalisables à court terme». On demandait notamment une augmentation de l'offre de soins et de lits d'urgence, un suivi plus serré des personnes en situation d'itinérance et un partenariat formel entre les acteurs impliqués.

Le taureau par les cornes

On réclame également à Québec un coup de pouce financier pour «consolider» l'Équipe mobile de référence et d'intervention en itinérance, cette unité composée de quatre policiers spécialisés auprès des sans-abri. Impossible toutefois de connaître le montant global demandé par Montréal. «C'est au réseau de la santé à chiffrer les besoins, ce n'est pas un problème municipal», a expliqué Mme Campbell.

La demande déposée par la métropole en juin dernier n'a guère donné de résultats, à l'exception de «rencontres administratives», a ajouté la conseillère. Il s'agit pourtant d'une situation d'urgence, a-t-elle plaidé, qui devrait commander des réactions d'urgence.

«Il y a un problème réel à Montréal, il faut prendre le taureau par les cornes. Ce n'est pas un problème de nourriture ou d'abri, mais de personnes en crise qui ont des problèmes de santé mentale. Ce sont des gens dans la rue qui ne devraient pas y être.»

Quelques milliers de sans-abri

Trop souvent, a-t-elle décrit, ces sans-abri se trouvent pris dans un phénomène de «portes tournantes», où ils passent d'un hôpital à l'autre sans réel suivi. Ils se retrouvent ensuite dans les rues du centre-ville, où on a constaté une aggravation du problème.

«Les commerçants et les citoyens nous le disent, la situation se détériore, rapporte Mme Campbell. Ils nous disent: «Nous ne sommes pas médecin, ces personnes ont besoin d'être prises en charge et de recevoir les soins auxquelles elles ont droit».»

Elle évalue que «quelques milliers de personnes» auraient vraisemblablement besoin d'être mieux desservies par le réseau de la santé.

Montréal, estime-t-elle, est aussi affectée que les autres grandes métropoles par ce phénomène, mais présente une différence notable: son centre-ville est habité et animé, «avec des activités culturelles et économiques nombreuses».

Elle a par ailleurs refusé de commenter l'intervention policière, expliquant son mutisme par le fait qu'une enquête de la Sûreté du Québec était actuellement en cours.

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