À vélo, même au-dessous de zéro

Une étude menée par deux chercheurs de l'Université... (Photo François Roy, archives La Presse)

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Une étude menée par deux chercheurs de l'Université McGill démontre que, malgré 60 jours de neige l'hiver dernier, les trois pistes cyclables montréalaises analysées ont conservé 12,6% à 24,4% de leur affluence estivale.

Photo François Roy, archives La Presse

Le vélo gagne en popularité en hiver à Montréal, selon une étude réalisée par deux chercheurs de l'Université McGill. Certaines pistes cyclables ont vu leur affluence augmenter de deux à cinq fois depuis trois ans.

Les chercheurs Luis Miranda-Moreno et Christopher Kho, du département de génie civil de McGill, ont étudié les données de plusieurs compteurs électroniques disposés le long de pistes à Montréal, Vancouver et Portland, aux États-Unis. Dans la métropole québécoise, le nombre de cyclistes continuant à pédaler durant la saison froide a littéralement explosé sur certaines portions du Réseau blanc créé en 2008 par la Ville pour permettre la pratique du vélo toute l'année.

Entretenue été comme hiver, la piste sur le boulevard De Maisonneuve a ainsi vu sa fréquentation quintupler depuis 2008. De 115 passages par jour entre décembre et mars, la voie en enregistre désormais 558.

La piste cyclable rue Saint-Urbain a elle aussi vu son affluence augmenter rapidement entre 2008 et 2010. Pas moins de 460 cyclistes y ont pédalé en moyenne par jour l'hiver dernier, contre 174 il y a trois ans. Même scénario rue Berri qui a vu ses usagers hivernaux passer de 145 à 384 quotidiennement.

Météo et entretien

L'étude démontre que, malgré 60 jours de neige, les trois pistes cyclables montréalaises étudiées ont conservé de 12,6% à 24,4% de leur affluence estivale. À Vancouver, où on a enregistré seulement 11 jours d'enneigement, les voies cyclables ont conservé de 54,2% à 92,9% de leur fréquentation.

Au-delà de la météo, les chercheurs ont constaté que l'entretien des pistes avait un impact déterminant sur leur fréquentation en hiver. Pendant trois semaines en février 2011, ils ont suivi à la trace le passage des cyclistes à 10 points sur le réseau cyclable de Montréal. Leurs résultats démontrent que le nombre d'usagers chute de moitié lorsqu'une piste est partiellement couverte de neige. Leur présence est pratiquement réduite à zéro lorsque la surface est complètement couverte de neige, de glace ou de sloche. Sans surprise, l'affluence sur les pistes du Réseau blanc était près de quatre fois plus élevée que sur les voies n'étant pas entretenues aussi assidûment.

Cette première recherche nord-américaine sur l'entretien hivernal des pistes cyclables concorde avec plusieurs études européennes où la pratique du vélo en hiver est répandue depuis longtemps. Une récente étude menée à Copenhague a indiqué que le nombre de cyclistes diminuait de 30% en hiver au Danemark. Et les jours de chute de neige, le nombre d'usagers chutait soudainement de 66%.

Les résultats des chercheurs montréalais concordent également avec ceux d'une autre étude publiée en juin en Suède. Selon la chercheuse Anna Niska, de l'Institut suédois de recherche sur les routes et le transport, trois centimètres de neige suffisent à rendre une piste impraticable.

L'étude souligne que 72% des accidents de vélo surviennent au moment d'une chute. En hiver, les deux tiers des chutes sont d'ailleurs dus à la présence de neige, de glace ou de sloche.

Au-delà du danger pour la santé, la présence de neige ralentit considérablement la progression des cyclistes, souligne Mme Neski. Or, ses recherches ont démontré que le vélo demeure un mode de transport attrayant tant que le temps de déplacement des usagers ne dépasse pas de 50% celui d'un voyage en voiture.

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