Grogne contre la démolition des édifices du Red Light

Abandonnés depuis deux ans, sans chauffage, les édifices... (Photo: François Roy, La Presse)

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Abandonnés depuis deux ans, sans chauffage, les édifices tombaient littéralement en ruine et ont été graduellement condamnés.

Photo: François Roy, La Presse

La démolition des édifices délabrés du Red Light «récompense la négligence des propriétaires», estime Héritage Montréal, qui s'oppose à la disparition de ces témoins de l'histoire de la métropole.

Quant à l'exigence de démanteler et de conserver les façades des édifices entre le Monument-National et le Café Cléopâtre, «elle n'est qu'une autre forme de démolition», faute de garanties bancaires suffisantes et d'un mécanisme de surveillance, estime Dinu Bumbaru, directeur des politiques de l'organisme. Il réclame un moratoire sur les travaux jusqu'au 15 janvier et la tenue d'audiences publiques.

«Tout le monde est d'accord pour dire depuis des années qu'il faut revitaliser l'endroit. Mais revitaliser ne veut pas dire démolir. On constate au contraire une stratégie lente de dévitalisation. On va avoir un terrain vacant pendant des années.»

Mercredi, la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a accepté la demande de démolition déposée par l'arrondissement de Ville-Marie, y posant essentiellement deux conditions: la conservation des pierres de façade pour une réutilisation ultérieure et la protection du Monument-National, classé monument historique. Ces édifices font partie de l'aire de protection décrétée en 1978.

«Le minimum décent»

Le président de Culture Montréal et directeur de l'École nationale de théâtre du Canada (propriétaire du Monument-National), Simon Brault déplore cette «triste conclusion». Il estime que «la ministre a été mise devant le fait accompli». Déjà décrépits, ces édifices ont été achetés en 2010 par la Société de développement Angus (SDA), avec l'appui de la Ville, dans le cadre d'un projet ensuite abandonné qui devait s'intégrer au Quartier des spectacles. Les édifices n'ont pas été entretenus depuis leur achat. Deux rapports d'ingénieurs et une inspection du Service des incendies ont mis en relief leur état pitoyable, qui constitue un danger pour la sécurité publique.

Les conditions de la démolition sont «le minimum décent», estime M. Brault, qui salue le fait que «le message envoyé à la SDA et à l'arrondissement est extrêmement clair». Il souhaite qu'on voie réapparaître les façades, «un témoin irremplaçable de l'histoire de Montréal». «J'espère qu'elles ne disparaîtront pas, comme c'est souvent arrivé à Montréal.» Comme son collègue d'Héritage Montréal, il attribue cependant une bonne note globale à l'administration Tremblay en matière de patrimoine. «Elle a fait d'énormes progrès», estime M. Bumbaru.

Les deux organismes de protection patrimoniale promettent de suivre de près les travaux.

À l'hôtel de ville, on assure agir «dans la transparence la plus totale», puisque tous les rapports disponibles, que ce soit ceux des firmes d'ingénieurs ou du Service des incendies, ont été rendus publics. «Notre priorité demeure la sécurité publique», a déclaré la porte-parole Martin Painchaud. Elle rappelle en outre que les travaux devront être approuvés au préalable par le ministère de la Culture. «Héritage Montréal a droit à son opinion, mais nous avons confiance dans le fait qu'on a mis les balises nécessaires.»




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