Boutiques du Canadien: un actionnaire soupçonné de corruption

Jusqu'au 8 septembre dernier, le Canadien exploitait deux... (Photo: André Pichette, La Presse)

Agrandir

Jusqu'au 8 septembre dernier, le Canadien exploitait deux boutiques de souvenirs, l'une au Centre Bell, à Montréal (notre photo), et l'autre au Complexe sportif Bell, à Brossard.

Photo: André Pichette, La Presse

Le Canadien de Montréal vient de céder la gestion de ses boutiques de souvenirs à une firme dont l'un des actionnaires, Frank Bertucci, fait l'objet d'une enquête de la GRC pour corruption.

La cession a eu lieu le 8 septembre. Le nouveau gestionnaire est ITT personnel, dont M. Bertucci est l'un des deux actionnaires par l'entremise de sa firme Thomson Tremblay. La GRC soupçonne Bertucci d'avoir versé un pot-de-vin de 150 000 $ à un fonctionnaire de Revenu Canada pour que ses impôts soient réduits de 1,1 million de dollars, selon des documents produits en cour.

Le syndicat critique fortement cette cession, non seulement en raison de l'identité de l'acquéreur, mais aussi parce qu'elle survient deux semaines après la décision des employés de se syndiquer. ITT n'a nullement l'intention de respecter l'accréditation syndicale.

Le Canadien exploitait deux boutiques de souvenirs, l'une au Centre Bell, à Montréal, et l'autre au Complexe sportif Bell, à Brossard. La réplique d'un chandail de P.K. Subban s'y vend 240$ et un pyjama de bébé avec le logo du Canadien, 35$. Les employés sont payés au salaire minimum.

Selon la GRC, Bertucci aurait versé 150 000 $ à Adriano Furgiele, chef d'équipe de l'Agence du revenu du Canada, par une traite bancaire déposée dans son compte à la Banque CIBC. La GRC a obtenu une copie de la traite.

La somme a été versée en janvier 2008, soit quelques semaines après que Bertucci eut reçu de Revenu Canada confirmation d'une réduction d'impôts estimée à 1,1 million. Selon les documents obtenus par la GRC, Bertucci a fait sa demande de réduction d'impôts en avril 2007. Le dossier a finalement été approuvé par Furgiele le 31 octobre 2007.

Match au Centre Bell

Fait intéressant, Bertucci a assisté à un match du Canadien dans une loge du Centre Bell avec Furgiele et d'autres fonctionnaires de Revenu Canada en septembre 2007, soit un mois avant l'approbation officielle de sa réduction d'impôts, selon l'enquête de la GRC.

L'entrepreneur Frank Bruno, de BT Céramique, y était également. Bruno s'est avoué coupable de fraude fiscale, l'hiver dernier, notamment pour avoir aidé une entreprise de Tony Accurso à frauder le fisc d'une somme de 4,1 millions. Les bureaux de Frank Bruno sont situés dans un immeuble appartenant aux familles mafieuses Rizzuto et Renda.

Le Canadien de Montréal n'est pas insensible à l'enquête de la GRC. «Vous nous apprenez la nouvelle. On suit la situation de près et on attend la suite des événements», a dit le porte-parole Donald Beauchamp, qui n'a pas voulu nous dire si le contrat de cession des boutiques comprend une clause qui permet d'annuler l'entente dans un tel cas.

L'enquête de la GRC suit son cours. Aucune accusation n'a encore été portée contre Furgiele, Bertucci et la dizaine d'autres fonctionnaires soupçonnés de corruption à Revenu Canada. Nous avons tenté de joindre MM. Bertucci et Furgiele, mais sans succès.




À découvrir sur LaPresse.ca

  • Le Canadien se défend d'être antisyndical

    Montréal

    Le Canadien se défend d'être antisyndical

    Le Canadien se défend d'être antisyndical, bien qu'il ait cédé la gestion de ses boutiques de souvenirs deux semaines après que les employés de la... »

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer