La Ville paiera la dette de BIXI

Gérald Tremblay devant l'hôtel de ville, répond aux... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Gérald Tremblay devant l'hôtel de ville, répond aux médias au sujet des BIXI, ce jeudi.

Photo Bernard Brault, La Presse

André Noël
André Noël
La Presse

Le maire Gérald Tremblay va demander aux Montréalais, lundi, de prêter 37 millions de dollars à la firme qui exploite BIXI, un service très populaire, mais qui coûte cher.

La proposition sera présentée au conseil municipal, qui commence au début de la semaine prochaine. Elle est le résultat d'intenses négociations avec le ministère des Affaires municipales.

En décembre, l'administration Tremblay a adopté un plan de 104 millions de dollars visant à financer le service BIXI à Montréal et son exportation dans d'autres villes comme Londres, Boston et Toronto.

Depuis, ce plan de financement est passé à 108 millions: 37 millions pour Montréal et 71 millions pour l'expansion du service dans les autres villes.

La loi obligeait la Ville à avoir l'autorisation du Ministère pour aller de l'avant avec son plan. Or, le Ministère a pris connaissance de l'enquête que mène actuellement le vérificateur général Jacques Bergeron sur BIXI et a rejeté le plan soumis par la Ville. «Le plan soumis en décembre 2010 n'était pas acceptable», a indiqué hier soir une porte-parole du Ministère, Caroline St-Pierre.

Des négociations serrées se sont déroulées toute la semaine. Elles ont abouti en début d'après-midi, hier, mais de façon conditionnelle.

«Le Ministère, de façon responsable, a posé des conditions et des exigences afin d'autoriser un nouveau cautionnement acceptable, a dit Mme St-Pierre. Les conditions devront obligatoirement être respectées afin d'obtenir l'aval du Ministère.»

Ces conditions, qu'elle n'a pas voulu dévoiler, sont énumérées dans une lettre envoyée hier au directeur général de la Ville, Louis Roquet. La lettre sera déposée au conseil municipal lundi.

Pas un emprunt

La Ville a modifié son plan de financement afin de ne pas avoir besoin de l'autorisation du Ministère pour financer le service BIXI à Montréal.

Plutôt que d'emprunter les 37 millions de dollars nécessaires, la Ville va utiliser ses «surplus», a dit le maire lors d'un point de presse en fin d'après-midi.

Cette somme va suivre un chemin complexe. La Ville va prêter ces 37 millions à la Société de vélo en libre-service (SVLS), qui exploite BIXI. La SVLS utilisera cet argent pour payer sa dette à la Société en commandite Stationnement de Montréal, qui gérait BIXI jusqu'à maintenant.

Puis Stationnement de Montréal va renvoyer la somme à la Ville: il s'agit là des redevances qui devaient lui être payées, notamment pour l'utilisation des places de stationnement dans les rues.

Si BIXI avait été rentable, ces 37 millions de dollars auraient pu servir à d'autres services, par exemple à alléger le fardeau financier de la Ville. Mais le service est déficitaire, du moins à Montréal.

«BIXI est victime de son succès, a dit le maire. Ça demande du financement additionnel. Il faut financer les bornes et les vélos pour étendre le service dans Côte-des-Neiges, Notre-Dame-de-Grâce, Westmount... Au niveau international, on a un contrat de 6000 vélos à Londres. Il faut le financer aussi. Si on a un contrat à New York, il faudra donner des garanties de crédit.»

La rentabilité à long terme

Selon le maire, l'expansion du service à l'étranger permettra de rentabiliser tout le réseau de BIXI. Mais cela prend du temps. Pour l'instant, l'expansion de BIXI dans des villes comme Londres et Boston se fait avec du crédit garanti par la Ville de Montréal, et donc par les contribuables montréalais.

«Est-ce qu'on va revoir l'exportation (de BIXI) avec le Ministère? La réponse, c'est oui, a dit le maire. Au cours de nos discussions, on a convenu de voir comment on peut s'assurer que ce soit toujours rentable pour la Ville. Il faut partager le risque à l'exportation. Dans les mois qui viennent, on va trouver une solution pour que le fardeau fiscal des 71 millions de dollars (le financement des exportations) devienne la responsabilité de nos partenaires.»




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