Infrastructures: des travaux de 400 millions en 5 ans

À lui seul, le pont Jacques-Cartier nécessite des... (Photo: La Presse)

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À lui seul, le pont Jacques-Cartier nécessite des travaux de 124 millions. Et ce n'est qu'un de sept ouvrages d'art en région montréalaise qui demandent une intervention rapide du gouvernement fédéral.

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Bruno Bisson
Bruno Bisson
La Presse

Les sept ponts, tunnel et autoroutes du gouvernement fédéral dans la région de Montréal devront subir des travaux de réfection et d'entretien de plus de 400 millions de dollars dans les 5 prochaines années, selon des documents obtenus par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Ces sommes s'ajoutent au programme de 212 millions en 10 ans pour le renforcement du pont Champlain et aux 135 millions déjà autorisés pour le remplacement du tablier du pont Mercier, des travaux qui se poursuivront au moins jusqu'en 2013.

À lui seul, le pont Jacques-Cartier, qui a plus de 80 ans, aura besoin de 124 millions de dollars. Les travaux touchent principalement les piliers, les structures d'acier et les voies de circulation. La moitié des travaux doivent être réalisés avant 2016.

Travaux urgents

Au total, presque les deux tiers (64%) des travaux projetés sont étiquetés «urgent» dans le plan d'entretien de cinq ans soumis en février dernier au ministre des Transports du Canada par la Société des ponts fédéraux, pour financer les chantiers proposés par sa filiale montréalaise, les Ponts Jacques-Cartier et Champlain (PJCC).

«La condition des ponts fédéraux à Montréal varie de correcte à mauvaise, précise la Société des ponts fédéraux. L'âge des structures, le design original des ponts, le degré de corrosion et le fait que les investissements n'aient pas suivi l'augmentation du trafic ont contribué à créer la situation actuelle. La complexité et le débordement du réseau routier montréalais sur les ponts font en sorte qu'il faut prévoir une bonne coordination, des consultations, des retards et des dépenses importantes pour chaque réparation.»

Dans ce plan, la notion d'«urgence» n'est pas associée à celle de «risque» pour la sécurité. Elle est «principalement orientée de façon à identifier les travaux ou les services qui ne peuvent pas être reportés dans le temps», précise un des documents obtenus.

Cela comprend le renforcement des poutres en béton précontraint du pont Champlain et de l'autoroute 15, entre le pont Champlain et la sortie Atwater.

La réfection des tabliers ou des joints de dilatation des ponts et autoroutes de compétence fédérale est aussi comprise dans la catégorie des travaux «urgents» prévus par PJCC.

Plus de 80% des budgets consacrés au programme de réfection des piles des ponts Jacques-Cartier et Mercier, des viaducs de l'autoroute 15 et de la portion surélevée de l'autoroute Bonaventure couvrent également des réparations considérées comme «urgentes». Le coût estimé des travaux prévus avoisine à lui seul 50 millions.

C'est à la suite de ces demandes budgétaires que le gouvernement fédéral a annoncé, en mars dernier, l'attribution de 228 millions de dollars en 3 ans pour le pont Champlain et l'ensemble des infrastructures routières qui relèvent de sa compétence dans la région métropolitaine.

Les documents obtenus précisent notamment qu'aucun chantier d'envergure n'a été entrepris depuis huit ans sur les piles du pont Jacques-Cartier. «Ces piles sont très massives et ont généralement bien vieilli, comparativement à celles du pont Champlain. Toutefois, des inspections récentes et le fait que des travaux programmés dans le passé ont été reportés, faute de financement, font en sorte que les piles ont besoin de réparations importantes au cours des prochaines années afin de maintenir leur intégrité structurelle, en particulier dans les parties les plus élevées, soumises à des charges très importantes.»

L'état d'une courte portion d'environ 2 km de l'autoroute 15, entre le pont Champlain et la sortie Atwater, inquiète aussi les gestionnaires.

Selon les documents obtenus, «les fondations de béton de la route doivent être refaites, le pavage date de 1994 et les ponts d'étagement de l'autoroute 15 doivent être reconstruits». Les ornières sont devenues si importantes que des travaux temporaires ont dû être réalisés en 2003.

D'autres travaux similaires doivent maintenant être envisagés avant 2015, car le revêtement de 75% de l'infrastructure aura alors 21 ans, précise le document.

Les chantiers les plus coûteux, après ceux du pont Jacques-Cartier, sont toutefois prévus sur l'autoroute Bonaventure, entre le pont Champlain et le centre-ville de Montréal. «Des événements récents, incluant des trous dans la dalle et des effritements de béton qui affectent l'exploitation des autobus, sous la structure surélevée de l'autoroute, ont confirmé le besoin d'intervenir de façon urgente et d'investir des sommes importantes au cours des cinq prochaines années.» Des travaux de près de 90 millions ont été projetés sur l'autoroute Bonaventure d'ici à 2016. Presque 75% des investissements nécessaires sont considérés comme «urgents» par la société fédérale.

-  Avec la collaboration de William Leclerc

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