L'essence, cinq cents plus cher?

Les résidants de la région métropolitaine paient déjà... (Photo: François Roy, La Presse)

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Les résidants de la région métropolitaine paient déjà une taxe de 3 cents le litre d'essence pour financer les transports collectifs.

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Bruno Bisson
Bruno Bisson
La Presse

Le comité de direction de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a adopté jeudi un mémoire pour demander au gouvernement du Québec de hausser progressivement la taxe sur l'essence d'un demi-cent par an pendant 10 ans pour financer des projets de transports en commun.

Ce mémoire doit être présenté au ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, dans le cadre des consultations prébudgétaires actuellement en cours.

Les sept élus municipaux qui siègent à ce comité se sont entendus pour réclamer des hausses progressives de la taxe sur l'essence jusqu'en 2021, pour financer des projets ciblés totalisant 10,4 milliards de dollars, selon un document obtenu par La Presse.

Les résidants de la région métropolitaine paient déjà une taxe de 3 cents le litre d'essence pour financer les transports collectifs. Ces taxes devraient rapporter un peu plus de 100 millions de dollars cette année.

À terme, une hausse de 5 cents pourrait rapporter environ 175 millions de plus par année à partir de 2021, si la consommation d'essence se maintient malgré la tendance actuelle à l'achat de véhicules moins énergivores. Actuellement, chaque demi-cent de taxe sur l'essence rapporte entre 17 et 18 millions par année.

La position de principe adoptée par les élus de la CMM risque d'alimenter les débats au colloque sur le financement des transports collectifs qui aura lieu demain à Montréal. Cette journée d'échanges, organisée par le Forum Urba 2015, proposera plusieurs pistes de financement des transports en commun métropolitains.

Ce colloque avait été annoncé au mois de décembre par le président de la Société de transport de Montréal (STM), Michel Labrecque, lorsqu'il a présenté le plan stratégique de la STM, qui prévoit des investissements de 12 milliards dans l'île de Montréal seulement, d'ici à 2020.

Il y a quelques semaines, La Presse a révélé les grandes lignes d'un plan de transport en voie d'adoption par la CMM qui prévoit, lui, des projets de 23 milliards à l'échelle de la grande région métropolitaine.

500 millions dans les couronnes

À l'origine, la CMM prévoyait de demander au gouvernement du Québec une hausse de la taxe sur l'essence de 5 cents le litre dès cette année, plutôt que des hausses progressives.

Selon nos sources, la proposition initiale était surtout défendue par le maire de Montréal (et président de facto de la CMM), Gérald Tremblay, qui souhaitait occuper la plus large part possible de ce champ de taxation au profit des transports collectifs.

Cette proposition était toutefois beaucoup moins populaire en banlieue, où les résidants utilisent davantage leur voiture que les Montréalais. De plus, une grande partie des projets dont le financement serait assuré par ces revenus sont encore loin d'être sur le point de se réaliser. Les automobilistes auraient donc payé plusieurs centaines de millions de dollars, qui auraient été conservés pendant une période encore indéterminée.

Les membres du comité de direction (les maires de Montréal, de Longueuil et de Laval, des représentants des couronnes nord et sud et deux élus de Montréal) ont plutôt adopté le principe de hausses graduelles qui permettraient d'affecter les fonds recueillis à certains projets précis, à mesure que ceux-ci seront prêts à être réalisés.

Selon le document obtenu par La Presse, parmi les projets financés par cette taxe, les prolongements du métro à Montréal, à Longueuil et à Laval ainsi que l'achat de voitures de métro additionnelles coûteront 6,5 milliards.

Le remplacement des voitures de métro de seconde génération, les MR-73, coûterait pour sa part 2,25 milliards, selon les prévisions de la CMM.

La réalisation du train de l'Ouest, qui vise à tripler les services dans l'axe actuel du train Vaudreuil-Hudson, serait prévue entre 2014 et 2016, selon ce document. La mise en place dès 2013 d'un service rapide par bus (SRB) à Montréal et Laval, sur le boulevard et le pont Pie-IX, serait probablement le premier projet financé par cette taxe progressive.

La CMM prévoit aussi une somme de 500 millions pour bonifier les transports collectifs dans les municipalités des couronnes, souvent négligées dans les projets des trois grandes villes de la métropole. Ces fonds serviraient notamment à la création de voies réservées aux autobus, à l'aménagement de stationnements incitatifs et à l'organisation des services de rabattement des usagers vers les stations de métro et les gares des trains de banlieue.

Tous ces projets sont de plus arrimés au schéma d'aménagement de la CMM. L'organisme souhaite que, d'ici à 2030, 25% des nouveaux résidants de la région métropolitaine emménagent dans les environs immédiats des grandes infrastructures de transports collectifs afin de limiter l'utilisation de l'automobile.

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