Vers un nouveau pont Champlain

Le nouveau pont, qui longerait l'ancien, coûterait entre... (Photo: François Roy, La Presse)

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Le nouveau pont, qui longerait l'ancien, coûterait entre 1,5 et 2 milliards de dollars.

Photo: François Roy, La Presse

Plutôt qu'une réfection inévitablement majeure, coûteuse et non durable du pont Champlain, les experts consultés par le ministre des Transports du Canada privilégient la construction d'un nouveau pont, a appris La Presse.

Ce nouveau pont, qui longerait l'ancien, coûterait entre 1,5 et 2 milliards de dollars. Il pourrait compter huit voies plutôt que les six actuelles, qui ne suffisent plus aux besoins. Des voies pourraient être réservées aux transports en commun et, peut-être, aux camions.

En septembre 2009, le ministre fédéral des Transports a confié à un consortium d'ingénieurs le mandat d'examiner ce qu'il convenait de faire du pont Champlain, gravement miné par la corrosion. Trois grandes options étaient envisagées: la rénovation du pont, son remplacement par un tunnel ou la construction d'un nouveau pont. Cette dernière option est considérée comme la plus intelligente?.

Le consortium - formé des bureaux d'ingénieurs-conseils BPR, Cima+, Dessau et Egis Structures et Environnement - a pratiquement terminé l'étude, dont certains chapitres sont déjà en traduction. Des commentaires ont été demandés au ministère des Transports du Québec, lequel est très favorable à un nouveau pont.

Le gouvernement du Québec a publié un décret dans la Gazette officielle, mercredi, afin de participer financièrement aux coûts de l'étude. La contribution du Québec s'élève à 40% du coût total de 2 millions de dollars, soit à 800 000$. «Le pont (Champlain) requiert des réparations majeures de plus en plus nombreuses et coûteuses et son remplacement est envisagé», note le décret. Le ministère des Transports du Québec a demandé aux experts d'étudier l'aménagement d'un système léger sur rail (SLR).

«L'étude sera remise au ministre des Transports du Canada (Chuck Strahl) au mois de février», a indiqué André Girard, vice-président aux communications de la Société des ponts fédéraux.

Pas de tunnel

M. Girard n'a pas confirmé que les experts privilégient la construction d'un nouveau pont. Mais il a déclaré: «On est rendus à un point où on se demande ce qui est le plus rentable: la réfection ou la construction d'une nouvelle structure.» Quant à l'option du tunnel, M. Girard a laissé entendre qu'elle n'était plus envisagée sérieusement. «Évidemment, un tunnel, ça coûte plus cher», a-t-il dit. Sans compter que les camions chargés de matières dangereuses ne peuvent pas y rouler.

M. Girard n'a pas confirmé non plus que l'on envisageait la construction d'un pont à huit voies. «C'est ce qui explique la présence du ministère des Transports du Québec, a-t-il dit. Les voies réservées constituent un élément majeur de l'étude, tant pour les transports en commun que pour le camionnage.»

«Aucun couloir définitif n'a été établi pour un éventuel nouveau pont Champlain, a dit M. Girard. Plusieurs études de terrain ont été faites du côté de Montréal. Vraisemblablement, un nouveau pont aboutirait près de la Cité du cinéma, dans le Technoparc (qui donne sur l'autoroute Bonaventure). Mais comment L'Île-des-Soeurs serait reliée, il est beaucoup trop tôt pour le dire. C'est à suivre.»

Selon nos sources, le nouveau pont longerait le pont actuel. Contrairement à ce qui était appréhendé, le réaménagement des accès ne poserait pas de problème majeur. En revanche, si le pont comprenait huit voies, cela aurait un impact sur le reste du réseau, notamment sur le boulevard de La Vérendrye et l'échangeur Turcot, dans le sud-ouest de Montréal. Le ministère des Transports du Québec attend impatiemment la décision du gouvernement canadien pour planifier ses propres travaux.

Si le gouvernement fédéral décide de construire un nouveau pont, il s'écoulera huit ans entre la prise de décision et les premiers travaux, estime-t-on. Cela porte le début des éventuels travaux à 2019, soit l'année où prendra fin le programme de réfection du pont actuel.

De l'avis de tous les experts consultés par La Presse, ces travaux de réfection assurent la sécurité du pont, mais non sa durabilité. «Il s'agit essentiellement de rapiéçage, nous a dit une source. Et c'est du rapiéçage très coûteux.»

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