Pour une culture du vélo: colloque sur les transports actifs

Existe-t-il une culture du vélo à Montréal? «Elle... (Photo: Martin Tremblay, La Presse)

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Existe-t-il une culture du vélo à Montréal? «Elle progresse lentement», répond Marc Jolicoeur, directeur de recherche à Vélo-Québec. L'organisme présente ces jours-ci À pied, à vélo, des villes actives, un premier colloque canadien sur les transports actifs.

Photo: Martin Tremblay, La Presse

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Il y a plus de déplacements en vélo qu'en voiture à Copenhague. Et il y a même plus de vélos que d'habitants dans la ville. Pourtant, c'était tout le contraire il y a 30 ans. Une culture du vélo y a été créée. Pourrait-on faire la même chose à Montréal?

Construisez les infrastructures, et les cyclistes viendront. C'est en somme le message de l'architecte danois Kristian Villadsen, consultant en urbanisme engagé entre autres par New York, Pékin et Copenhague.

Il a participé hier à À pied, à vélo, des villes actives, premier colloque canadien sur les transports actifs, présenté par Vélo-Québec. «Contrairement aux Pays-Bas, le Danemark ne possède pas une riche culture du vélo, explique-t-il en entrevue. L'automobile y régnait il y a 30 ans. Mais Copenhague a changé cela en adoptant un plan d'urbanisme à long terme.»

Selon lui, pour augmenter le nombre de cyclistes, il ne faut pas privilégier un argument moral -par exemple, dire que le vélo est bon pour la santé et bon pour l'environnement. Il faut plutôt privilégier un argument d'efficacité. C'est-à-dire faire du vélo le moyen de transport le plus économique, rapide et agréable.

Des exemples copenhagois? Les pistes cyclables y sont surélevées et clairement délimitées. Le feu vert pour cyclistes s'allume souvent six secondes avant celui destiné aux automobilistes.

Les feux sont synchronisés le matin dans le sens de la circulation pour qu'un cycliste roulant à 20 km/h ne croise que des feux verts. La même chose est vraie à l'heure du retour. L'hiver, les pistes cyclables sont déneigées avant les rues (70% des cyclistes copenhagois utilisent aussi leur vélo l'hiver).

Pour éviter les accidents lors de virages à droite, des signes d'avertissement sont peints sur le pavé et sur certains camions pour rappeler aux automobilistes de regarder leur angle mort. Les taxis ont aussi l'obligation d'être munis d'un support à vélo.

Grâce à ces mesures, 36% des déplacements à Copenhague sont maintenant faits en vélo, contre 39% en transports en commun et 27% en voiture.

«On voudrait que la proportion de déplacements à vélo atteigne 50%, indique M. Villadsen. Mais pour cela, il faudra probablement installer des postes de péage pour les voitures.»

En comparaison, à Montréal, en 2003, 1,6% des déplacements se faisaient à vélo. Et ce, même si environ 60% des Montréalais possèdent une bicyclette. Notre ville a-t-elle les moyens de se payer des infrastructures semblables à celles de Copenhague? Sans se prononcer sur les finances de Montréal, M. Villadsen soutient que les dépenses en infrastructures pour cyclistes doivent être évaluées dans le contexte plus large des dépenses totales en transport. «Investir dans une piste cyclable coûte cher, mais beaucoup moins que d'investir dans le métro, les autobus ou les routes. Et plus les gens prennent leur vélo, moins ils utilisent la voiture. À long terme, on peut donc économiser de l'argent ainsi.»

Cette année, Montréal devrait dépenser environ 225 millions en infrastructures routières, et 10 millions pour les pistes cyclables.

En plus des arguments économique et environnemental, M. Villadsen avance aussi celui de l'équité. Il donne l'exemple de Times Square, à New York, où il a travaillé. «Plus de 89% des infrastructures urbaines étaient consacrées à la voiture. Or, il y a cinq fois plus de déplacements à pied qu'en automobile. C'est un déséquilibre.»

Alexandre Turgeon, président de l'organisme Vivre en ville, a aussi participé au colloque. Il trouve de tels «déséquilibres» à Montréal. «Prenez la rue Saint-Denis. Il y a quatre voies pour les voitures, deux autres pour le stationnement et des trottoirs plutôt étroits.»

Culture?

Existe-t-il une culture du vélo à Montréal? «Elle progresse lentement», répond Marc Jolicoeur, directeur de recherche à Vélo-Québec.

Comme M. Turgeon, il salue par exemple l'arrivée du Bixi. Deux autres pas dans la bonne direction, selon lui: le plan d'urbanisme adopté par la Ville en 2004, qui reconnaît la marche et le vélo comme étant des moyens de transport à part entière. «Même si ça reste de la théorie, il s'agit quand même d'une bonne base pour asseoir la pratique», estime-t-il.

L'autre initiative: le plan de transport adopté en 2008, qui prévoit que le réseau de pistes cyclables totalisera 800 km en 2014-2015. Il en compte actuellement 502 km. Près de 10 millions seront dépensés cette année pour en ajouter 50 km.

«Ce matin, sur la piste de la rue Visitation, il y avait un mini-bouchon de cyclistes, raconte M. Turgeon. Comme le réseau de transports en commun, le réseau de pistes atteint une saturation. Il faut continuer d'y investir.»

Il dit qu'on «ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs».

Et ces oeufs, ce sont les automobilistes. «À Copenhague, dès que le taux de places de stationnement pour automobiles descend sous les 10%, la ville hausse le tarif des parcomètres. Le prix est récemment passé de 5 à 6$ l'heure. Il faut qu'on choisisse nous aussi le bon équilibre.»

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