La CAM ne sera plus acceptée au métro Longueuil

Depuis toujours, les usagers qui prennent le métro... (Photo: Robert Skinner, Archives La Presse)

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Depuis toujours, les usagers qui prennent le métro à Longueuil, sans avoir utilisé les autobus du Réseau de transport de Longueuil (RTL) pour s'y rendre, peuvent accéder au réseau en utilisant le même titre de transport que les Montréalais, soit une carte CAM, qui coûte 70$ par mois.

Photo: Robert Skinner, Archives La Presse

Bruno Bisson
Bruno Bisson
La Presse

Des milliers d'usagers des transports collectifs devront payer presque 60% plus cher pour prendre le métro à partir de la station de Longueuil, à compter du 1er juillet prochain, à la suite d'une décision de la Société de transport de Montréal (STM), rendue publique hier.

À partir du 1er juillet, la carte mensuelle CAM de la STM, qui coûte 70$ et qui était utilisée par de nombreux résidants de Longueuil pour prendre le métro tous les jours, ne sera plus acceptée dans l'unique station de la Rive-Sud. Seuls les titres individuels et le titre mensuel TRAM 3, qui coûte 111$, seront honorés.De 3000 à 4000 usagers, ce qui représente environ 15% de la clientèle quotidienne du métro de Longueuil, selon les données disponibles, subiront ainsi un hausse de 41$ par mois, soit presque 60% par rapport à la situation actuelle.

«Surprise et déçue» de la décision prise «unilatéralement» par la STM, la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, a déclaré à La Presse hier qu'elle a donné instruction à l'administration de la municipalité de ne plus verser un sou à la STM, en paiement de sa quote-part du déficit du métro, à compter d'aujourd'hui.

«Le maire de Laval a décidé de retenir ses paiements pendant deux ans, et il a obtenu ce qu'il voulait de la STM. On n'aime pas ça du tout. Mais on dirait que c'est comme ça que ça marche. Alors, on va faire la même chose, a dit la mairesse, visiblement en colère, lorsque La Presse l'a jointe en fin de journée, hier. Mme St-Hilaire a affirmé qu'elle a l'intention d'en appeler à la ministre des Transports du Québec, Julie Boulet.

La STM a pris la décision de bannir la CAM de la station de métro de Longueuil afin de répondre aux exigences du maire de Laval, Gilles Vaillancourt, et pour sauver une entente métropolitaine qualifiée d'«historique», portant sur un nouveau cadre de financement et de gouvernance des transports en commun dans la métropole.

Les détails de cette entente seront rendus publics la semaine prochaine, a précisé hier la porte-parole de la STM, Odile Paradis.

L'«iniquité» lavalloise

La rencontre au cours de laquelle est survenue l'entente, hier matin, a bien failli ne pas avoir lieu, en raison des exigences imposées par le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, qui menaçait de quitter la réunion si la STM ne corrigeait pas sans délai une inégalité des tarifs entre Laval et Longueuil.

Depuis l'ouverture des trois stations de métro à Laval, en avril 2007, les usagers de la banlieue nord doivent utiliser la carte mensuelle TRAM 3 de 111$ (ou des billets individuels) pour prendre le métro.

Sur la Rive-Sud, les usagers qui n'utilisaient pas les autobus du Réseau de transport de Longueuil pouvaient prendre le métro avec une carte CAM de la STM.

Joint hier par La Presse, M. Vaillancourt s'est défendu d'avoir agi de façon «intempestive», en rappelant qu'il exige les mêmes changements depuis plus de deux ans. Laval n'a pas versé à la STM sa quote-part du déficit annuel du métro, soit 3,4 millions au total, pour 2008 et 2009, en raison de cette différence de tarifs.

Le maire Vaillancourt a précisé, par ailleurs, que la Ville n'a pas l'intention de verser sa quote-part impayée à la STM, maintenant que celle-ci s'engage à mettre fin au «privilège tarifaire» dont bénéficiaient quelques milliers d'usagers de la Rive-Sud (surtout des étudiants).

«En 2008 et 2009, les Lavallois ont déjà payé 482$ par année de plus que ceux de Longueuil pour prendre le métro en vertu d'une différence dans les tarifs. Il n'est pas question qu'ils paient une deuxième fois par l'entremise de leur impôt foncier.»

Le maire de Laval a ajouté que sa municipalité ne versera que six mois de quote-part au déficit du métro, pour l'année en cours, puisque la «correction» des tarifs n'entrera en vigueur que le 1er juillet prochain.

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