Le Café Cléopâtre conteste son expropriation

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Menacé de fermeture pour faire place au projet du Quadrilatère Saint-Laurent de... (Photo: André Pichette, La Presse)

Agrandir

Photo: André Pichette, La Presse

Mario Cloutier
La Presse

Menacé de fermeture pour faire place au projet du Quadrilatère Saint-Laurent de la Société de développement Angus, le Café Cléopâtre a déposé une demande devant la Cour supérieure afin de contester l'avis d'expropriation émis par la Ville de Montréal.

Les demandeurs estiment, dans leur requête, que l'expropriation du Cléopâtre est «injuste, inéquitable, abusive, discriminatoire, déraisonnable à leur égard, faite de mauvaise foi et constitue un abus de droit équivalent à une fraude et une atteinte à leurs droits civils et fondamentaux».

 

La projet du Quadrilatère Saint-Laurent de la Société de développement Angus (SDA), que préside Christian Yaccarini, est doté d'un budget de 160 millions de dollars. L'essentiel des espaces visés est destiné à des bureaux pour Hydro-Québec.

L'organisme de M. Yaccarini s'est déjà porté acquéreur de six lots sur dix, situés au nord de l'immeuble protégé du Monument-National jusqu'à la rue Sainte-Catherine, dans le but de créer le Quadrilatère Saint-Laurent, un espace de 30 000 m2 sur 12 étages situé au coeur du Quartier des spectacles.

Or, souligne l'avocat du Café Cléopâtre et de son propriétaire Johnny Zoumboulakis, Me Louis Beauregard, l'établissement du boulevard Saint-Laurent reste un «épicentre de la contre-culture» montréalaise et, donc, est partie prenante de l'offre de spectacles dans ce secteur. La demande déposée en Cour supérieure fait valoir que la Ville cherche à exproprier le Cléopâtre parce qu'elle juge l'établissement, en réalité, «arbitrairement indésirable».

De plus, selon les demandeurs, «l'expropriation n'est pas faite dans l'intérêt public ou pour des fins d'utilité publique», mais pour des fins et intérêts privés et ultimement pour une société d'État, Hydro-Québec, sans pouvoir d'expropriation.

«Une administration publique ne peut pas exproprier pour les intérêts privés qui sont ceux des promoteurs immobiliers, soit la SDA et le Fonds de développement Angus et, ultimement, pour Hydro-Québec. D'autant plus que le projet n'est pas conforme au PPU [programme particulier d'urbanisme] du Quartier des spectacles.»

La partie demanderesse base également sa contestation sur «l'absence de l'énoncé précis des fins de l'expropriation», ainsi que sur le fait que la ministre de la Culture n'ait pas encore autorisé le projet qui se situe dans l'aire de protection du Monument-National, ce qui le rendrait donc «prématuré et illégal».

«C'est un pouvoir discrétionnaire de la ministre, note Me Beauregard. La Ville et le promoteur ne peuvent pas présumer de sa réponse à l'avance.»

La Société de développement Angus défend trois projets dans le secteur. En plus du Quadrilatère Saint-Laurent, la SDA propose deux immeubles à vocation culturelle: le 2-22 Sainte-Catherine, qui doit abriter la Vitrine culturelle et la radio CIBL; et l'immeuble du métro Saint-Laurent, prévu pour les Ateliers de danse moderne et le cinéma Parallèle.

Les trois projets ont toutefois été accordés par l'administration du maire Gérald Tremblay au même promoteur sans procéder, auparavant, à des appels de propositions.

 

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer