Autoroute Bonaventure: «Une nouvelle entrée de ville prestigieuse»

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La Société du Havre de Montréal (SHM) a convaincu la Ville de Montréal de bonifier le réaménagement de l'autoroute Bonaventure aux portes de la métropole. Le projet est ambitieux. Il créera un quartier moderne, chic, vert et agréable. Mais pour qu'il soit écologique, il faudra créer un corridor exclusif pour autobus ce qui portera son coût de 142 à 228 millions. Et encore, si l'Agence métropolitaine de transport (AMT) est d'accord et si le gouvernement du Québec finance la différence, soit 86 millions.

À en croire le maire Gérald Tremblay, des travaux préliminaires d'infrastructures souterraines pour paver la voie à ce nouveau quartier commenceront dans les jours qui viennent. Avec trois mois de retard. En mai 2008, ils étaient prévus pour mars 2009. Le collecteur Williams sera réparé et la Commission des services électriques procédera à des réparations. Mais quand débutera la déconstruction de l'autoroute? On ne le sait pas encore. Le maire pense que la «nouvelle entrée de ville prestigieuse» sera terminée en 2013.

Le concept proposé s'articule autour des îlots centraux, du viaduc ferroviaire du Canadien National, du front ouest du faubourg des Récollets, de l'îlot de la Commune au sud, du corridor Dalhousie à l'ouest et du réaménagement du corridor Bonaventure, secteur où l'autoroute sera ramenée au sol et transformée en artère urbaine. L'abaissement de l'autoroute commencera par une descente du tablier routier entre les rues de la Commune et Brennan. À partir de la rue Brennan, l'artère sera divisée en deux chaussées qui répartiront la circulation de part et d'autre des îlots centraux, sur les rues Duke vers le nord et De Nazareth vers le sud.

L'an dernier, la SHM avait estimé le coût public du projet à 90 millions. Indexé au dollar d'aujourd'hui, on est rendu à 101 millions. Mais il y a eu depuis plus d'une quarantaine d'études en aménagement, circulation, transport, environnement, archéologie, infrastructures souterraines et pour l'avant-projet routier. De ces études découlent des bonifications nouvelles: plus de verdure, plus d'art, plus de beauté, plus de sols contaminés à extraire aussi. On arrive à 142 millions.

Selon la présidente de la SHM, Isabelle Hudon, la création du Quartier Bonaventure, plutôt que la démolition pure et simple de l'autoroute, offre des avantages économiques pour les gouvernements et un retour sur l'investissement assuré pour les Montréalais. Les sommes investies par la Ville et par l'AMT généreront 6,7 fois plus d'investissements du secteur privé, soit 1,53 milliard. Ces investissements procureront des revenus municipaux de 99 millions pour la vente de terrains, les permis de construction et les droits de mutation, et, à terme, des revenus de 32 millions en taxes foncières. Les revenus anticipés pour Québec et Ottawa s'élèvent à 224 millions et 96 millions.

Le projet est donc grandiose. Le maire est enthousiaste. «Je tiens à féliciter toute l'équipe de la Société du Havre de Montréal et ses consultants, notamment la firme Cardinal Hardy, pour la qualité du projet qui sera soumis prochainement à la consultation par l'Office de consultation publique de Montréal», a-t-il dit, jeudi, en conférence de presse.

La SHM a recommandé que le projet soit résolument tourné vers l'avenir. Mme Hudon insiste sur l'importance de donner la priorité au transport collectif et actif : les piétons, les vélos, les autobus, le tramway, les voitures hybrides, le covoiturage. Sept tracés de transport en commun ont été étudiés. La SHM recommande de créer un corridor exclusivement réservé au transport collectif dans la rue Dalhousie, notamment pour faire circuler plus rapidement les autobus métropolitains jusqu'au terminus du centre-ville.

Mais ce projet de corridor relève de l'AMT. Le ministère des Transports lui serait favorable. Il faut dire que 20 000 personnes de la rive-sud arrivent dans ce secteur par autobus chaque matin et 12 000 en automobile. L'objectif visé est de faire en sorte que parmi ces 12 000 automobilistes, 3 800 décident finalement d'utiliser un transport en commun à la place quand le corridor sera créé.

«Mais il faudra qu'il y ait une meilleure fréquence, de meilleurs horaires et un service plus confortable afin d'être concurrentiel par rapport à l'auto», a dit Mme Hudon, jeudi, rappelant que le transport en commun «c'est économiquement rentable pour la métropole».

Pour le responsable du transport à la Ville de Montréal, le conseiller André Lavallée, la discussion du corridor fait consensus dans la région. «Tout indique que le ministère des Transports est tout à fait à l'aise avec ça», dit-il.

Le projet a reçu le soutien «enthousiaste» de l'organisme Transport 2000, de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et de Dinu Bumbaru, directeur des programmes de l'organisme Héritage Montréal.

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