Drame de St-Liboire: «Tu vas savoir c'est quoi, être privé de ton enfant»

Lundi matin, Thierry Patenaude-Turcotte a mis fin à... (Photo tirée de Facebook)

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Lundi matin, Thierry Patenaude-Turcotte a mis fin à ses jours et à ceux de son fils Nicolas en immobilisant sa voiture sur la voie ferrée traversant la route 116 à Saint-Liboire, devant un train qui arrivait à toute allure.

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À peine 12 heures avant de mettre fin à ses jours et à ceux de son fils de 19 mois en immobilisant sa voiture devant un train arrivant à toute allure, Thierry Patenaude-Turcotte s'est engueulé avec son ex-compagne, refusant de quitter la maison familiale comme prévu et lui annonçant même qu'elle serait un jour privée de son enfant. La police aurait même été alertée.

À peine 12 heures avant de mettre fin... (Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse) - image 1.0

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Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

C'est ce qu'affirme Pierre Bureau, un ami très proche de la mère du petit Nicolas, qui était avec elle dimanche soir.

Le 23 mai, les parents du bambin avaient signé une convention devant le Tribunal. Le père avait gagné quelques jours de garde, soit le mercredi, et du vendredi soir au lundi matin une semaine sur deux.

C'était d'ailleurs le premier week-end au cours duquel le père était avec son fils en vertu de cette nouvelle entente.

La convention prévoyait aussi qu'à 18h le dimanche 1er juin, Thierry Patenaude-Turcotte devait avoir quitté la résidence familiale de Saint-Liboire. La maison devait être mise en vente; la mère l'occuperait et s'acquitterait des versements hypothécaires en attendant qu'un acheteur se manifeste.

«Dimanche soir, elle lui a envoyé un message texte pour savoir s'il avait déménagé. Il lui a dit non, je ne déménage plus. Je vais acheter la maison. Il a recommencé à la menacer. Il lui a dit, tu sais, un jour tout se paie comptant. Un jour tu vas savoir c'est quoi, être privé de ton enfant», affirme M. Bureau.

Signalement à la SQ

Ils auraient alors appelé la Sûreté du Québec (SQ) pour signaler le non-respect de l'engagement judiciaire de Thierry Patenaude-Turcotte.

«La police lui a dit que c'était du civil, et qu'elle ferait mieux de parler à son avocat le lendemain pour trouver une solution», dit Pierre Bureau.

Un détail que la SQ refuse de commenter. Une source policière nous indique que ce type de situation émanant d'une cause civile rend les interventions délicates pour la police.

Quant aux menaces, aussi inquiétantes paraissent-elles après coup, jamais les proches de la mère ne les ont interprétées comme l'annonce d'un mauvais traitement envers Nicolas.

«Cette menace, il l'avait faite trois semaines avant aussi. Mais il l'aimait beaucoup, son fils. Il l'aimait mal, il était même plutôt surprotecteur. Mais il l'aimait», indique Pierre Bureau.

Ne plus revoir son enfant; cette affirmation du père était interprétée par la mère plutôt comme une menace de non-respect des conditions de garde.

Pierre Bureau connaissait la mère de Nicolas avant qu'elle n'entre en relation avec Thierry Patenaude-Turcotte. Il affirme que tout n'a pas toujours été mal dans ce couple. C'est après la naissance du bébé que les choses se sont envenimées. Ils se sont laissés, sont retournés ensemble. Il dit que le père est devenu contrôlant et violent, et l'empêchait même parfois de sortir de la maison avec son fils.

Pierre Bureau l'a aidée à fuir avec son fils vers la fin de janvier dernier. Il ne veut pas préciser ce qui a poussé la femme a quitter Thierry Patenaude-Turcotte, parlant d'une suite d'évènements.

«Elle s'est rendue dans une résidence pour femmes en difficulté, où elle est restée jusqu'au mois d'avril», raconte-t-il.

«Après son départ, Thierry nous appelait tous les jours, ma conjointe et moi, et il nous menaçait de nous faire accuser d'enlèvement», raconte M. Bureau.

Pendant ce temps, le père a été accusé de voies de fait et de menace contre la mère de son fils, en lien avec des évènements remontant à 2012. Puis il a déposé une requête en Cour supérieure civile pour obtenir la garde complète de Nicolas.

L'échange de Nicolas

Au début des procédures, le père avait son fils une journée par semaine. L'échange de Nicolas se faisait chez Pierre Bureau. La mère laissait le petit et la conjointe de la mère de Thierry Patenaude-Turcotte venait l'y chercher. Le père et sa mère n'avaient pas le droit d'être présents lors de cet échange.

Puis, plus tard, le lieu du transfert a été modifié pour un restaurant Tim Hortons.

«Il y a deux semaines, un dimanche, personne n'a ramené Nicolas au Tim Hortons. Thierry a texté son ex et lui a écrit: "Viens me voir à Saint-Liboire, je t'ai fait à souper." On a appelé la SQ, qui est venue chez lui avec nous pour lui dire de remettre l'enfant à sa mère. Thierry m'a traité de visage à deux faces. Il m'a dit: "j'aimerais ça t'essayer dans un ring, je t'en donnerais toute une"», jure Pierre Bureau, rappelant que Patenaude-Turcotte était professeur d'arts martiaux.

Aujourd'hui, la mère de Nicolas est ébranlée. M. Bureau aussi. Il se demande s'il aurait pu faire quelque chose pour éviter le drame.

«Je trouve surtout inconcevable, étant donné son passé criminel, malgré son tempérament instable dont les avocats étaient au courant, que personne, ni les avocats ni le juge, n'a demandé qu'il subisse une évaluation psychiatrique avant de lui confier des moments de garde non supervisée. Il y a eu un manque de ce côté», déplore-t-il, amer.




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