Drame de Saint-Liboire: le bambin au coeur d'une guerre ouverte

Lundi matin, Thierry Patenaude-Turcotte s'est placé sur la... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Lundi matin, Thierry Patenaude-Turcotte s'est placé sur la voie ferrée entre son véhicule et le train de VIA Rail qui arrivait à toute allure. Son fils Nicolas était toujours dans son petit siège quand le train les a heurtés à mort.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

Tout au long de sa courte vie, le petit Nicolas Patenaude a été au centre d'une véritable guerre que se livraient ses parents, qui s'accusaient mutuellement des pires maux. Une guerre qui l'a conduit avec sa mère à vivre dans une résidence pour femmes victimes de violence conjugale.

Une guerre dont le père, Thierry Patenaude-Turcotte, 42 ans, aurait décidé de sceller l'issue lundi matin. Alors qu'il devait conduire son petit bonhomme à la garderie, il a plutôt posté sa voiture sur la voie ferrée traversant la route 116 à Saint-Liboire, en Montérégie. Il en est sorti, s'est placé entre son véhicule et le train de VIA Rail qui arrivait à toute allure. Nicolas était toujours dans son petit siège quand le train les a heurtés à mort.

La Sûreté du Québec confirme qu'aucune autre hypothèse que le geste volontaire n'est à l'étude, même si l'enquête n'est pas close, afin que l'on s'assure que toutes les pistes ont été étudiées.

Mauvais souvenirs

Nicolas est né le 17 août 2012. Quelques semaines plus tard, ses parents se sont séparés, puis, après quelque temps, ils ont décidé de faire vie commune à nouveau.

La mère n'aimait toutefois pas la maison où logeait Patenaude-Turcotte à Saint-Liboire, car elle y avait de mauvais souvenirs.

Nicolas Patenaude... (Photo tirée de Facebook) - image 2.0

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Nicolas Patenaude

Photo tirée de Facebook

Le couple a alors fait appel à un médium. Selon les proches de la mère, c'est à la suggestion de la mère de Thierry Patenaude-Turcotte que le couple a fait cette démarche. Lui disait que c'était pour «exorciser» la maison.

«On dit plutôt nettoyer la maison, la repolariser positivement. La demande me semblait venir du couple, et non de l'un des deux en particulier. Elle me disait que des choses s'y étaient produites dans le passé qui laissaient des traces. Elle a parlé de la consommation de drogue de monsieur. Ça ne semblait pas être l'harmonie entre les deux. Nous avons allumé des chandelles, de l'encens et nous sommes placés dans un état méditatif. J'ai aussi fait un travail de reiki avec eux», raconte le médium Denis Jutras, qui situe cette rencontre vers la fin de 2012, alors que Nicolas était encore un poupon.

Au cours des mois suivants, les disputes et les accusations mutuelles se succèdent. 2014 est marqué par une escalade.

Fin janvier, la mère quitte la maison familiale avec Nicolas. Elle va alors se réfugier dans une résidence pour femmes en difficultés et victimes de violence conjugale.

Thierry Patenaude-Turcotte n'aurait pas digéré cette fuite. Quelques jours plus tard, sa mère aurait envoyé un message texte à la jeune femme. La grand-mère de Nicolas l'y aurait menacée d'aller voir la police pour la faire accuser d'enlèvement si elle ne revenait pas avec Nicolas. Elle aurait même parlé d'alerte Amber.

Le 4 février, c'est plutôt le père qui est arrêté et accusé de menaces et voies de fait sur la mère de son fils. Des faits remontant à 2012, selon l'acte d'accusation. Dans le passé, il a déjà été condamné à de petites peines pour possession de drogue, conduite avec les facultés affaiblies, délit de fuite ou conduite malgré une interdiction de la Cour. Il lui était interdit de conduire lorsqu'il aurait garé son véhicule sur la voie ferrée.

Le 13 février, il déposait en Cour supérieure une requête réclamant la garde complète de Nicolas. Une cause qui était loin d'être terminée.

La version des proches

Les proches du couple, joints par La Presse, disent que les deux conjoints s'accusaient mutuellement de consommer drogue et alcool et affirmaient tous deux être le parent qui s'occupait de Nicolas alors que l'autre le négligeait. L'homme accusait son ex de souffrir de problèmes psychiatriques.

«Elle, en tout cas, elle n'a pas tué son fils. Et elle n'a pas d'antécédents», laisse tomber un proche de la famille.

«Il voulait la faire passer pour folle et incapable de s'occuper de son enfant pour avoir la garde, affirme Nathalie Grenon, une amie de la mère. Elle faisait pitié. Ce qu'elle a vécu est épouvantable. Il l'empêchait de sortir et contrôlait les endroits où elle allait.»

Cette amie dit que la mère de Nicolas est une «mère exceptionnelle».

«Elle a vécu une histoire d'horreur, un vrai calvaire. Quand elle est sortie de la ressource pour femmes victimes de violence, la police lui a suggéré de se cacher. Elle vivait dans un endroit secret. Il n'aurait jamais dû avoir un seul jour de garde de son fils», déplore une femme qui s'est liée d'amitié avec la mère, alors qu'elle était aussi dans la résidence pour femmes violentées.

Nos sources policières disent ne pas être au fait d'un événement s'étant déroulé ces derniers jours qui aurait pu faire disjoncter le père.

«Deux jours avant, j'ai texté la maman pour qu'elle vienne se baigner. Elle m'a dit que ça allait très mal. Je ne sais pas ce qui se passait. Mais ce n'est pas une affaire nébuleuse, c'est un fou», conclut Nathalie Grenon.

Le père venait de gagner quelques jours de garde

Peu de temps avant de commettre l'irréparable, Thierry Patenaude-Turcotte avait gagné quelques journées de garde de son fils Nicolas.

Contrairement à ce qu'ont affirmé certains médias, il ne venait pas de perdre la garde de son fils. Depuis le début de la cause devant les tribunaux en février, il pouvait voir son fils une journée par semaine, le mardi. Le 23 mai, lui et la mère ont signé une convention selon laquelle s'y ajoutait une fin de semaine sur deux, deux semaines pendant l'été et une troisième au temps des Fêtes. Aucun jugement sur le fond de l'affaire n'avait encore été rendu. Ces droits de garde auraient donc encore pu être modifiés à l'avantage de l'un ou l'autre.

La plupart du temps, c'est à la garderie de Nicolas que l'échange se faisait, un parent allant l'y conduire le matin et l'autre le récupérant le soir. L'échange pouvait aussi se faire dans un Tim Hortons désigné. Une tierce personne devait accompagner le père, puisqu'il lui était interdit de conduire.




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