Des Mohawks de Kahnawake contestent en cour l'expulsion d'allochtones

En 2010, des lettres d'éviction avaient été envoyées... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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En 2010, des lettres d'éviction avaient été envoyées à 26 conjoints blancs de Mohawks de Kahnawake, dont certaines personnes âgées résidant là depuis très longtemps.

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Morgan Lowrie
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Christopher Fragnito a passé son enfance à Châteauguay, tout juste à l'extérieur du territoire mohawk de Kahnawake où sa mère résidait auparavant.

Lorsque sa mère s'est mariée avec un Italien il y a une quarantaine d'années, les couples «mixtes» formés d'une personne autochtone et d'une autre non autochtone savaient qu'ils n'étaient pas les bienvenus sur la réserve, au sud de Montréal.

«Elle n'a pas été forcée de quitter (la réserve), mais il était clair qu'elle était censée le faire», raconte M. Fragnito, aujourd'hui âgé de 45 ans.

Ces jours-ci, lui-même et sa mère, Brenda Dearhouse-Fragnito, sont deux des 16 plaignants contestant en Cour supérieure la règle qui interdit aux non-Autochtones de vivre dans cette communauté.

La règle stipule aussi qu'un membre de la communauté qui épouse un allochtone doit quitter le territoire de Kahnawake.

M. Fragnito et les autres plaignants arguent que la règle est discriminatoire et qu'elle a créé un climat malsain qui rend difficile la vie dans la communauté.

Ils cherchent à obtenir un jugement déclaratoire pour établir que les membres de la communauté peuvent résider sur la réserve avec leur femme ou leur mari non autochtone. Ils réclament aussi un dédommagement financier.

L'avocat Julius Grey, qui représente les plaignants, affirme que cette politique n'a jamais eu force de loi et qu'elle viole les droits de ses clients garantis par la Charte canadienne des droits et libertés.

«Il est clair qu'il est illégal de discriminer en fonction des liens familiaux», a-t-il affirmé en entrevue téléphonique.

Un «climat de haine»

Me Grey a indiqué que les conseils de bande ont le droit d'établir des règles dans leur communauté, mais que ces règles ne peuvent pas renier des droits fondamentaux.

Les procédures devaient se dérouler jusqu'au 13 décembre, mais l'avocat a soutenu qu'elles pourraient se conclure vers la fin de la semaine prochaine.

M. Fragnito estime que le conseil de bande de Kahnawake a créé un «climat de haine» qui compromet une vie paisible sur la réserve pour les familles mixtes.

Il a allégué que certaines familles mixtes ayant décidé de demeurer à Kahnawake avaient vu leur maison vandalisée et avaient fait l'objet de menaces de la part de groupes en colère qui manifestaient près de chez eux.

M. Fragnito a affirmé que ces troubles sont le fait d'un petit groupe de personnes, mais que le conseil de bande n'a rien fait pour remédier à la situation.

Un porte-parole du conseil de bande de Kahnawake a indiqué que cette règle est essentielle pour préserver les traditions mohawks, et qu'elle bénéficie d'un large appui au sein de la communauté.

Joe Delaronde rappelle par ailleurs que si certains résidants de Kahnawake ont reçu par le passé un avis d'expulsion, personne n'a été évincé de force, selon lui.




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